Changement paradoxal

Après guerre, la systémique disait que le changement est « paradoxal » : faites le contraire de ce que vous faites ! (Cela tient probablement à ce que que nous sommes pris dans un système, et que ce système est devenu un cercle vicieux.)

Trump est-il paradoxal ? Il avait un « ennemi de classe », le Bobo. Et il procède à un « nettoyage ethnique » : il élimine tout ce à quoi il était attaché : ses valeurs, ses combats, la transition climatique, mais aussi ce sur quoi il appuyait sa domination : la science, la justice, etc.

Seulement, faire le contraire n’est pas paradoxal. C’est appartenir au même système. Le paradoxe serait de sortir de l’idéologie pour en revenir à la raison, et à la véritable définition de la science, de la justice, des droits de l’homme et de bien d’autres sujets que nous avons oubliés.

La voiture et le bateau

Lorsque je conduisais et que je cherchais une place où me garer, je disais qu’il ne servait à rien de freiner à la vue d’un espace : c’était certainement une sortie de garage.

Je me demande si toute notre science n’est pas basée sur cette idée. Elle ne s’intéresse qu’à la règle générale.

Et si la vie, par nature, n’était qu’exceptions ?

Stress test

En écoutant parler de Roosevelt, je me demande s’il est aussi différent de Trump qu’on le dit.

En 40, quel était son plan ? Imposer au monde la culture américaine ? Une culture de boutiquier. La culture de Trump. Pensait-il que les Européens, avec leurs idées tordues, incompréhensibles, n’étaient que des fauteurs de guerre, des dangers publics ? Il fallait les rayer de la carte, les empêcher de nuire ? Et une planète américaine serait bonne pour le business.

L’Américain ou le degré zéro de la pensée ? Il lance un défi existentiel à ce qui nous a fait et qui n’est pas mesurable : droits de l’homme, justice, rigueur intellectuelle, vérité, honneur…

Une question pour Darwin ?

Le salaire de la mort

Les Russes seraient très satisfaits de leur guerre en Ukraine. Un mort et c’est la fortune pour sa famille ! Et quelle aubaine lorsque c’était un poivrot, bon à rien. Et l’on se déchire l’héritage du héros.

Cela coûterait à l’Etat 2% de son PIB. Mais, quand on aime, on ne compte pas.

Avec le salaire de la guerre, Poutine voudrait créer une nouvelle classe moyenne, qui lui serait acquise. Seulement, la véritable classe moyenne, elle, se planque, mais n’a pas l’intention d’abandonner sa place.

En tous cas, il ne serait pas judicieux d’espérer qu’un mécontentement populaire mettra un terme à la guerre.

(Russia’s new war elite.)

France unie

Témoignages de résistants de la première heure. Les faits n’ont encore que 20 ans. (Une rediffusion de France culture.)

L’histoire qui se fait n’a rien à voir avec celle que l’on nous raconte. On découvre, par exemple, un de Gaulle désemparé, qui se plaint amèrement aux résistants de l’intérieur qui lui rendent visite. (Spectacle curieux, lorsque l’on pense à la faible espérance de vie de ces derniers.)

Ils découvrent, à leur immense surprise ! que si « en zone libre, la résistance se bat contre Vichy, et, en zone occupée, contre les Allemands, en Angleterre, elle se bat contre les Anglais ». Les Anglais font tout pour torpiller de Gaulle. Quant à Roosevelt, il coopère joyeusement avec Pétain !

Encore plus surprenant, peut-être : cette poignée de résistants venait de « tous les horizons », et pourtant elle est demeurée unie. Un espoir ?

Vie d’aventure

Une psychologue me disait qu’elle avait eu peur qu’un de ses patients se suicide. la vie dudit patient était un désastre. Il avait perdu énormément de poids et venait de divorcer. En s’entretenant avec lui, il est apparu que, cadre à haut potentiel, il venait de prendre l’emploi rêvé et que, pour la première fois de sa vie, il était en échec. Il allait certainement se faire licencier. Qu’allait-il dire à ses parents ? Une fois qu’il a eu exprimé sa pensée, il a pris conscience de sa stupidité. Et sa vie a radicalement changé.

Nous sommes la proie d’idées stupides. Prendre conscience que je suis peut-être malade, me fait, par exemple, comprendre pourquoi j’ai une humeur suicidaire.

Montaigne dit à peu près ceci dans un de ses célèbres passages. Cependant, je pense qu’il en tire une conclusion fausse. Car l’idée que nous avons de Montaigne est celle de quelqu’un de droit dans la tourmente, quelqu’un qui avait des principes intangibles. Ce sont eux qui sont à l’origine des Essais, étude de la nature humaine sans précédent.

Des bénéfices de notre humeur changeante ? En nous secouant, elle nous fait sortir du sillon trop bien tracé, et enrichit notre expérience ? C’est elle qui nous propulse en avant ? Les gens heureux n’ont pas d’histoire ?

Guerre

Samedi matin, La BBC parlait de « guerre » entre l’Inde et le Pakistan. Elle répète que ce sont des puissances nucléaires… Ailleurs, les manoeuvres israéliennes semblent s’enliser.

Pourrait-on prévenir la guerre ?

Les Etats ressemblent aux individus. Pour qu’ils ne s’entre-tuent pas, il leur faut une justice qui leur soit supérieure. La justice est lente et inefficace. Mais, le temps qu’elle avance, l’homme vieillit et son ardeur faiblit. (Dans les cas cités plus haut, la justice se serait emparée depuis longtemps des conflits locaux et les aurait « enlisés ».)

Cependant, cette justice doit avoir tout de même un minimum d’efficacité. Quant elle en manque, des Dirty Harry la prennent en main.

Pape américain

Election du pape. « Il a l’air sympathique » me dit une amie. Toutes affaires cessantes, je me penche sur son cas. J’écoute la BBC. Je vais jusqu’à lire les articles que citait le wikipedia anglais. C’est la première fois que je m’intéresse à un pape.

Le plus intéressant ? Des témoignages de paroissiens qui le connurent dans sa jeunesse. L’église tenait une place centrale dans la vie d’une communauté de gens simples. A l’opposé du puritanisme et du fanatisme si fréquent aux USA. (Anti Vance ?)

Le pape paraît avoir été mu par une vocation « évidente ». Eternel meilleur élève, il a fait le choix précoce de l’église, a fait carrière en Amérique latine, où il semble considéré comme un local. Il a connu, ces derniers temps, une promotion accélérée. Il semble que le pape, son prédécesseur, l’appréciait grandement.

Heureux les simples d’esprit ?

(Il est surprenant à quel point sa fiche évolue rapidement. Elle contient maintenant toute une description de son arbre généalogique, il y aurait du Français (du Havre), de l’Italien, du créole… on parle d’ancêtres « mixed race » – serait-il noir, selon la définition américaine ? Pape « arc en ciel » ?)

Service perdant

L’autre jour, on annonçait la retraite anticipée de Warren Buffett. La BBC interviewait à cette occasion le Buffett anglais (qui est à la dimension du pays : son fonds représente 2% de celui de son modèle).

A la surprise générale, il a dit très bien comprendre la politique de Trump. Avoir cru à la vertu des services avait provoqué la situation que nous avons en France : un déséquilibre massif des échanges commerciaux, un déficit colossal et un Etat inutilement coûteux. Trump cherche à rectifier le tir.

Ce qu’oubliait de dire Buffet bis, c’est que ce sont les Américains qui se sont tirés dans les pieds. (Peut-être pas tous, d’ailleurs.) Et que Trump ferait bien d’imiter les Chinois : viser la prochaine révolution plutôt que de regretter le passé.

Royale famille

Originale émission de la BBC (Sexton’s tales). Un sacristain raconte l’histoire des pensionnaires d’un cimetière fameux.

A l’occasion d’un épisode, il était question de la famille royale et de Georges III et de son fils Georges IV. Ce qui me surprend, à chaque fois que l’on parle de la famille royale anglaise, est à quel point elle ressemble à une famille ordinaire. Hier et aujourd’hui. Par contraste, notre roi semblait une sorte d’extra terrestre, un dieu ?

Dans cette histoire, Georges III jugeait son fils ruineux, et avait décidé de le marier à sa cousine germanique et économe. Le mariage n’avait pas duré. Mais, quand, vingt ans après, celui qui allait devenir George IV a voulu se séparer de son épouse, les Lords et le peuple ne le lui ont pas permis. Si bien qu’il n’a plus eu qu’à fermer les portes de l’abbaye de Wesminter le jour de son couronnement, pour qu’elle ne puisse y entrer et devenir reine.

Je me demande si ce n’est pas la haute société anglaise qui a inventé la famille moderne. La famille cocon, dans laquelle l’enfant est un jouet, et non un petit homme comme auparavant.