Jay Forrester, créateur de la dynamique des systèmes, a conclu de ses travaux, devenus ceux du Club de Rome, que la croissance causait notre perte.
J’ai un faible pour Jay Forrester. Il y a un quart de siècle, quand j’ai analysé mes travaux et les conclusions que j’en tirais, et cherché ce qu’en pensait la science, j’ai découvert des similarités inattendues avec les écrits de son école (qui existe toujours au MIT).
Cependant, j’ai aussi vu leur limite : on ne peut pas modéliser l’humanité a priori. On ne peut pas savoir ce qu’elle a dans le ventre avant de l’avoir vu réagir.
Quant à la croissance, je pense que c’est un problème mal posé. Car, il semble que nous ayons besoin de croissance. Quand il n’y en a pas, il y a misère et guerre. La vie est croissance ? L’humanité est une création sociale permanente ? En revanche, il est possible que ce que nous appelons « croissance » soit malsain.
Qu’est-ce qui pourrait ne pas aller ? Notre économie est celle de la mort. Comme le disait un précédent billet, lutter contre le réchauffement climatique transforme la planète en mine à ciel ouvert. La nature est détruite. Le véritable changement systémique consiste à nous réintégrer dans la logique naturelle. Nous devons n’utiliser que ce que produit la nature et ne produire que ce qui lui est nécessaire. Ce qui demande du génie. Promesse de forte croissance !
Idiot ?