Vive le communisme ?

Il y a quelque temps j’écoutais une émission des années 60. Il y était dit que l’économie américaine avait une santé insolente. Pourtant, en y regardant de près, elle était en déficit. Cela tenait à son armée et à sa politique d’aide.

C’était déjà la question qu’essaie de résoudre Trump.

Seulement, si elle se posait alors, c’est que les USA craignaient la menace rouge. Pour que le monde ne bascule pas du côté soviétique, ils avaient intérêt à ce que leur modèle de société se répande. Donc à financer les nations en difficulté. D’où problème posé par Mancur Olson : fatalement cela produit une forme de parasitisme.

Lorsque l’URSS a chu, le problème semblait réglé. Le capitalisme avait gagné. L’avenir serait prospère et pacifique, la croissance économique serait ininterrompue. Seulement les crises qui s’en sont suivies ont torpillé cet espoir. Maintenant M.Trump explore l’option du splendide isolement.

Qu’est-ce qui coince ? Les USA veulent imposer leur façon de voir, sans écouter l’avis de leurs contemporains.

Y a-t-il une autre option ? Celle du communisme : que devant l’ampleur des dangers, les nations se mettent d’accord sur un même système politique et la façon de le réglementer, en en partageant le coût de maintenance. Voir les travaux d’Elinor Ostrom ?

(On raconte que Moïse a demandé à Dieu : le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens cessera-t-il un jour ? Oui, certainement… mais pas de mon vivant. Voilà qui s’applique à mon scénario ?)

Jaws

La BBC fêtait les 50 ans de Jaws, Les dents de la mer. Un film que je n’ai pas vu.

Il a lancé la mode des films à gros succès et celle des films de requins.

Qu’est-ce qui explique son gros succès ? me suis-je demandé. Un requin mécanique qui ne fonctionnait pas ? Ce qui a amené Spielberg, qui ne pouvait l’utiliser, à jouer de la terreur de la menace invisible. De l’utilité de la contrainte ?

Mais aussi, peut-être, comme souvent, des circonstances favorables ? Le système hollywoodien avait produit le bon réalisateur et les bons acteurs… ?

L’âge chiant

Dialectique de Hegel ? Le propre du changement humain, c’est la peste et le choléra ? Les sociétés obéissent à des principes. Elles changent par antithèses. Elles adoptent des principes opposés aux principes initiaux. Paradoxalement, les opposés ont l’essentiel en commun.

Dans notre cas, les révoltés de 68 se sont rêvés des parangons de morale. En réaction, nous avons Poutine, Trump et Retailleau.

L’humour serait-il un signe de bonne santé ? Un enseignement à transmettre à nos descendants ?

Prospective

« Quels sont les pires scénarios ? » se demandait la BBC au sujet des affrontements entre Israël et l’Iran. Je n’en retiens pas grand chose, sinon que les USA pourraient être entraînés dans le conflit. Et ce d’autant mieux que leurs bases irakiennes sont exposées aux attentats des alliés de l’Iran, qui, contrairement au Hezbollah ou au Hamas, n’ont pas été affaiblis par les Israéliens.

L’émission de Christine Ockrent me semble plus instructive. Certes, il n’y avait pas d’accord entre les opinions de ses invités.

En ce qui concerne la situation à venir du monde, il se dégageait, me semble-t-il, le scénario d’une victoire israélienne, démantelant l’arsenal nucléaire iranien. Mais, les Israéliens ne sont pas équipés pour. Dans ce cas, la guerre pourrait être longue et dangereuse pour le monde. (Mais bonne pour M.Poutine, dont le pétrole prendrait du prix). L’Iran deviendrait un Etat nucléaire, ce qui serait aussi le cas, par réaction, de tous les Etats de la région.

Politiquement, c’est une bonne affaire pour M.Netanyaou : son peuple hait les Iraniens, qui, d’ailleurs, sont craints par leurs voisins. Un atout des Iraniens est d’être 90 millions, face à un Israël peu peuplé. En revanche, autre scénario, il semblerait que le régime iranien et les régimes du Golfe soient faibles et préoccupés de leur survie. Ce qui devrait le pousser à négocier.

Quant à M.Trump, sa politique de réduction de coûts par désengagement des USA des affaires du monde semble mal partie. Protégez-moi de mes amis… ?

Ligne directrice

Y a-t-il une logique derrière les agissements israéliens ?

Peut-être. Il suffit d’écouter ses voisins pour découvrir qu’ils ont tous des idées radicales de changement du monde. C’est simple et, d’une certaine façon, propre. Aujourd’hui, il semble que nous soyons dans un temps où ces idées peuvent s’exprimer. M.Trump veut faire des USA une nation de boutiquiers, vivant dans un Lebensraum. Il est possible que le gouvernement israélien, quant à lui, ait décidé de liquider tous ses adversaires. En particulier de susciter une contre révolution en Iran.

Voilà qui est un pari risqué. Il montre certainement que la raison s’est discréditée. En tous cas, elle aurait besoin de reprendre rapidement ses esprits, si l’on ne veut pas que les affaires du monde tournent mal.

Le rire

Ce blog s’appelle « antichiant », parce que l’on vit à une époque où l’on se marre peu.

Bergson fait du rire un signal d’avertissement. Il prévient l’homme qu’il n’est plus humain. Qu’il est « mécanique ». Le rire rappelle, paradoxalement, à la raison.

Une société qui ne rit plus doit s’attendre au pire ? La dictature de tristes sires ?

Accident

Avant hier un 787 s’écrasait dans un immeuble indien. Curieusement, les nouvelles qui annonçaient la catastrophe (du moins celles que j’ai lues) s’inquiétaient surtout de la santé de Boeing.

Qu’est-ce qui conditionne les réactions humaines ?

(Société individualiste ? Soit l’expression de notre sympathie est due à une convention sociale, soit elle tient à ce que nous aurions pu être à la place de la victime ?)

La Constitution

Ce livre est un tour de force ! Il explique la constitution article par article, avec précision, pertinence et humour.

Pour autant, j’ai mis du temps à le lire. Et, sans quatre heures de train, je n’en serais pas venu à bout. D’ailleurs, il mériterait que je le relise.

Que retiens-je ? Rapport d’étonnement. Je croyais que la constitution ressemblait à celle de 1789 : de grands principes. L’esprit des lois. Or, c’est un texte de besogneux qui s’épuise à décrire le fonctionnement des institutions. Et tout cela, en se gardant bien de consulter le peuple.

En particulier, lorsque l’on découvre la quantité d’articles consacrés à l’outre mer (dont le nom n’arrête pas de changer), on ne peut que se demander si, comme la CGT de la SNCF, il ne profite pas de la mauvaise conscience de nos gouvernants, marxistes, anticolonialistes et paresseux, pour extirper à la nation des privilèges indus. (Mauvais esprit ?)

Il en ressort que le Conseil constitutionnel, qui veille à son respect, paraît faire, avec beaucoup de discrétion, du bon travail. (Mais le livre est écrit par un de ses membres. Faut-il être méfiant ?) Miracle précaire par nature ?

Israël

Difficile de comprendre ce qui se passe en Israël.

Quelles que soient les raisons de sa politique, on peut se demander s’il est judicieux de se battre contre la terre entière. En particulier lorsque l’on est une petite nation.

Sauf à penser que, sans péril permanent, il ne peut y avoir cohésion du pays ?

(Où que pour conserver avec soi un allié américain, il n’est pas mauvais qu’il reçoive quelques missiles iraniens ?)

Georges Braque

Enfin une occasion de comprendre l’oeuvre de Georges Braque, me suis-je dit : émission de France Culture.

Je savais qu’avec Picasso, ils avaient été inséparables, et avaient créé le cubisme, à tel point que leurs oeuvres de l’époque ne peuvent être distinguées. Je savais aussi que la guerre de 14, que Picasso n’a pas faite, et de laquelle Braque aurait pu ne pas revenir, fut une rupture entre eux.

Ce qui ressortait de l’émission est que c’était Cézanne qui était à l’origine de son inspiration. Il était intéressé par la structure de l’objet et non par sa forme. Voire par ce qui était entre les objets. Un genre de surréalisme ? La réalité serait tout sauf ce que l’on voit ?

En tous cas, je ne vois rien de très beau chez Braque, et je trouve que Cézanne est triste et anguleux. Auraient-ils été victimes de ce qu’ils dénonçaient ? Ils furent le jouet de la raison ?