Droits de l’homme

Le risque que nous courons est d’oublier qu’il y a plus malheureux que nous.

Il faut reconnaître que, si, pour une fois, l’UE faisait preuve de courage, ce serait bien. Mais nous ne sommes pas seuls. Le sort des Birmans, des Soudanais, des Palestiniens est effrayant. Ils ne peuvent que subir l’oppression. Et peut-être ne sont-ils pas les seuls peuples à souffrir.

Cela présente un danger pour nous. Car l’Occident est supposé défenseur des « droits de l’homme ». Son inaction prouve son hypocrisie. Paradoxalement, alors que, malgré tout, elle aide beaucoup plus le pauvre que les régimes dictatoriaux, elle en retire une bien moins bonne image qu’eux.

Ce que l’on a appelé « droits de l’hommisme » a été particulièrement toxique pour la réputation occidentale. Il serait bien d’apprendre de nos erreurs et de trouver une formule de secours à notre prochain qui soit réellement efficace.

(Oublions les grandes théories et embrassons le pragmatisme ?)

Jules Verne

Une partie de l’oeuvre de Jules Verne serait sombre et pessimiste. Elle ne parle pas de machines futuristes, mais des évolutions de la société. Paradoxalement, elle aurait été plus presciente que son anticipation technique.

L’émission de France culture qui traitait de ce sujet se demandait comment un homme riche et célèbre pouvait avoir eu une telle vision.

Je n’ai jamais aimé Jules Verne. Je trouve qu’il n’écrit pas bien. En revanche, il m’a toujours semblé que beaucoup de ses personnages étaient des révoltés.

Je pense surtout que l’on a une fausse idée de ce qu’est un ouvrage. Bien des livres sont l’affrontement de deux forces opposées. L’une, celle qui représente le bien officiel, gagne. Seulement, on oublie souvent que les mots qui décrivaient son opposé ne sont pas effacés. Ils vivront pour la postérité.

Je crois aussi que l’artiste digne de ce nom est un reflet de ce qu’il voit. Il est plus impressionné qu’impressionniste. Il ne comprend pas le message qu’il nous transmet.

Lâcheté

The silence of the CEOs
A lack of audible protest against Trump’s tariff chaos is one of the biggest failures of leadership in corporate history

Financial Times du 18 avril

Trump nous met en face de nos responsabilités : comment serons-nous jugés par les générations futures ?

Ces dernières décennies, réseaux sociaux aidant, furent des temps de gesticulation… Et maintenant, sommes nous en train de voter les pleins pouvoirs à Trump ?

François Châtelet

J’entendais le philosophe François Châtelet dire que la pente naturelle de l’homme est le système et la doctrine.

A partir de constats « objectifs » on construit le dit système. Et on prétend alors qu’il n’y a « qu’une » vérité. Souci initial de se rassurer qui finit en totalitarisme et terreur. (Curieusement, il citait à l’appui de sa thèse la dénonciation par Foucault de tels systèmes, alors que lui-même semble en avoir élaboré un. En fait, on ne dénonce jamais que le système de l’autre ?)

Le contre-poison serait la prise de conscience que la vérité est multiple.

Je me demande aussi si elle n’est pas en création permanente.

Masculinisme

La grande affaire de la Grande Bretagne, c’est le « masculinisme ». Apparemment manipulés par les réseaux sociaux les, généralement, jeunes hommes se comportent mal vis-à-vis des femmes.

Cela s’accompagne d’une dégradation massive de la condition masculine. (A tel point que l’on a émis l’idée d’un « ministère à la condition masculine ».) Ne serait-ce pas la véritable cause du mal ?

D’ailleurs, Trump, Xi et Poutine ne sont-ils pas les résultats du même phénomène ?

La pensée chinoise constate l’alternance entre le Yin, plutôt féminin, et le Yang, plutôt masculin. Serait-ce ce qui nous arrive ? En tous cas, la particularité de la période féministe que nous avons vécue a été son agressivité. Aux USA, on parle de « féminazisme ». Yang-Yang ?

Saint Simon

Les mémoires de Saint Simon, nouvelle édition. Une émission de France culture de 1983.

Je n’ai pas appris grand chose sur Saint Simon que l’on ne puisse savoir en le lisant. En revanche, l’émission réhabilitait Louis XIV. Je croyais, avec Saint Simon, que Louis XIV avait inutilement défié l’Europe. Ce qui lui avait valu non seulement d’être défait, mais de laisser à la France une dette d’un milliard de livres (ce qui devait être colossal pour l’époque).

En fait, cela aurait pu être de l’auto défense. La France était encerclée…

Quant à Saint Simon, il aurait voulu revenir à une France féodale, régie par de grands seigneurs (lui, en ârticulier), quitte à en abandonner une partie à l’étranger…

Faites vos jeux…

Que va donner le maelstrom dans lequel Trump a plongé le monde ? se demandait la BBC.

La lutte entre la Chine et les USA étant une question d’honneur, elle ne pourrait finir qu’à la façon des Bourgeois de Calais, la corde autour du cou et la clé de la ville dans la main. Il semble qu’elle ne puisse, donc, pas s’achever rapidement. L’émission rejoignait l’opinion qui semble faire consensus parmi les articles (anglo-saxons) que je vois passer : les USA devraient en sortir affaiblis.

En fait, et cela confirme un de mes soupçons, les « petites nations » devraient être les perdantes de ce chaos. Malheur aux faibles.

Ce qui se joue est une « certaine vision du monde ». Trump, Xi et Poutine sont d’accord sur un point : la planète appartient aux grandes nations.

Et la Grande Bretagne ? De manière surprenante, on entendait qu’elle pourrait être sauvée par l’Union Européenne. Les annonces du chancelier allemand signalent probablement un redémarrage de son économie, qui pourrait aspirer celle de l’ile.

(Au passage, j’ai entendu que le Brexit lui aurait fait perdre 4% de PIB.)

Prison

Depuis que j’écoute la BBC, je constate qu’une des grandes affaires du moment, en Angleterre, est la surpopulation carcérale.

Qu’en est-il en France ?

Fin d’une illusion ? Les matamores qui nous ont gouvernés nous ont dit : zéro tolérance. Notre nation est-elle moins violente qu’auparavant ? Cela ne semble pas être le cas en Angleterre.

Alors, faut-il faire comme son gouvernement, qui envisage de relâcher le trop-plein ?

Cela m’a rappelé une histoire de la Mafia que cite ce blog : la Mafia a reculé lorsque l’Etat italien a offert des emplois à sa population…

Pensée étrangère

Ce que l’on ne voit pas de chez nous, c’est à quel point Trump a déclenché un règlement de compte dans son pays. Il s’en prend à tout ce qui le gêne. Il considère certainement les USA comme ses affaires : en autocrate.

Et cela enchante ses partisans, apparemment. Ils sont prêts à souffrir pour peu que ceux qu’ils haïssent souffrent. On ne soupçonne pas la haine qui s’était accumulée jusque-là contre les classes dominantes.

Why do Trump voters have no regrets? Because the people they hate are getting hurt more | Arwa Mahdawi

The Guardian (@theguardian.com) 2025-04-19T12:34:38.931Z

Les autres peuples ont des raisons que notre raison ne comprend pas.

La BBC consacrait une émission à Poutine qui disait plus ou moins la même chose. Il est soutenu par sa population. Il est un tsar comme ses prédécesseurs, qui poursuit une politique impérialiste, et son peuple n’attend rien d’autre.

Amnésie

Trump me rappelle ce que l’on a oublié.

On ne se souvient plus aujourd’hui ce que l’on pensait après guerre. En fait, on croyait au triomphe de la raison. Le succès des USA était, en particulier, celui de l’organisation et de la science. C’était probablement l’aboutissement de la pensée des Lumières.

Ce système était bureaucratique, par nature, comme l’explique Max Weber.

Il a été attaqué à la fois par le capitalisme de droite et l’intellectuel de gauche comme un totalitarisme. Discours haineux, celui de Hayek, Thatcher, de la French philosophy… Les intentions initiales ne le méritaient certainement pas. Mais il est devenu notre vérité.