Depuis sa prise de fonction Trump fait la une des journaux. Cette semaine son indicateur d’activité a faibli. Il plierait face aux Chinois. Et les sondages ne sont pas bons pour lui : son coeur de fidèles tient ferme, mais pas le reste de la population. Seule la question de l’immigration paraît satisfaire l’opinion. (Ce qui semble signifier que ce sujet, dont il était interdit de parler jusque-là, était un souci sérieux.)
Qui est Trump ? Ce qu’il a toujours été, je crois. Un agent immobilier et un grand bateleur, organisateur de spectacles de cirque. Il navigue à l’instinct, fonce comme une brute, mais face à plus fort que lui, il change de cap, sans arrière pensée. « Rigueur intellectuelle » n’est pas américain.
Il me semble aussi qu’il a une stratégie, comme tout homme d’affaires (il mélange, d’ailleurs, ses affaires à celles de l’Etat). Il veut résoudre le « problème français » : sa nation dépense plus qu’elle ne gagne. Elle ne peut plus nourrir ses « gilets jaunes » (« red necks » en traduction locale). Et cela, parce qu’elle a abandonné la production de biens matériels et ce qui lui est nécessaire. Pour renverser la situation, brutalement, il adopte une politique protectionniste et prédatrice. Comme le disait un invité de Christine Ockrent, samedi avant dernier, c’est aussi un pacifiste. Peut-être parce que la guerre est une catastrophe commerciale ? Commercer avec la Russie serait bon pour les intérêts de l’Amérique.
Serait-il rattrapé par la complexité du monde, comme je le prévoyais ? En tous cas, il serait certainement dangereux d’attendre qu’il échoue, sans rien faire. Car que ce soit bon ou non pour l’Amérique, le monde est en mutation, et les passifs seront les perdants du changement.