Fil rouge de ce blog : les changements qu’a subis la société française ont-ils une explication ? Nouvel épisode.
Il y a quelque temps, j’ai interviewé des groupements d’entreprises bretons et basques. Ils m’ont raconté une même histoire. Dans les années 80, ils ont compris que l’Etat avait pour projet de transformer leur territoire en une réserve, ou un parc à thème. Ils ont décidé de résister en défendant leurs industries.
Et si ce diagnostic (que je n’avais pas pris totalement au sérieux) était vrai pour l’ensemble du pays ? me dis-je maintenant.
Ce qui me ramène à une autre théorie (que je n’ai pas mieux prise au sérieux). Au début des années 90, on m’a enseigné, en MBA, que les entreprises devaient rendre leur argent aux actionnaires, car le « marché » faisait la meilleure allocation possible des fonds publics. Et si nos gouvernants avaient eu, eux aussi, l’idée que le peuple, la petit entreprise, etc. vivaient dans un régime d’assistanat ? Ce n’était pas efficace. Il fallait reprendre cet argent et le rendre à la mécanique aveugle de création de richesse, le marché. En retour, il alimenterait le pays. En le sortant de la paresse et en le mettant au travail.
D’où cette fameuse expression, qui m’a tant choqué : « siffler la fin de la récréation » ?
(Cette théorie semble connaître des évolutions. Dans un précédent billet, je parlais de la variante « métropolisation ». Les créateurs de richesse seraient des êtres apatrides qu’il s’agirait d’attirer dans des lieux qui leur sont propices. La politique publique consisterait à créer ces lieux, les « métropoles.)
Cela expliquerait beaucoup de choses. En particulier, le « désaménagement du territoire », la liquidation de tous les corps techniques de l’Etat, des chambres de commerce. Mais aussi la haine, que je trouvais incompréhensible, que semble avoir le gouvernement pour les élus locaux, qu’il paraît accuser d’être à l’origine du déficit public. (Alors que l’on me dit qu’une mairie doit avoir des comptes équilibrés…)
A suivre.