Changer de culture

Si le Roi m’avait donné
Paris sa grand’ville,
Et qu’il me fallût quitter
L’amour de ma mie ;
Je dirais au roi Henri
« Reprenez votre Paris,
J’aime mieux ma mie, au gué,
J’aime mieux ma mie.

Alceste, dans Le misanthrope, de Molière.

Je me demande si l’on n’en est pas revenu au temps de Molière. Notre parole ne reflète pas ce que nous pensons. Elle est artificielle, elle est un jeu avec les conventions sociales.

Idem pour la cuisine ? Le hasard m’a fait déjeuner dans des trois étoiles. J’ai regretté la cuisine simple de jadis, que l’on trouve encore à l’étranger. On semble confondre le génie avec la complication. Il en est probablement de même de tout.

Et si le changement dont nous avons besoin consistait à prendre un nouveau départ ?

Pauvre riche

Mes incursions dans le monde des riches m’ont fait rencontrer l’absurde.

En fait, le problème se pose surtout à l’héritier.

Le créateur de la fortune a eu généralement une vie riche et mouvementée. Jusqu’à ce qu’il réussisse et se fige dans des certitudes ridicules, faute de contradicteurs. (Ce qui est manifeste lorsque l’on écoute nos milliardaires.)

Mais l’héritier, lui, fait face à un vide sidéral. Au mieux, il entre dans l’univers factice des études.

Il me semble d’ailleurs que c’est un des thèmes du Gorgias de Platon. En ce temps, beaucoup pensaient que la philosophie était un sain exercice intellectuel, mais qu’il ne fallait pas en abuser : l’homme se fabriquait au contact de la réalité.

Droit et intelligence

Il semblerait que l’intelligence artificielle tue. Certains lui demanderaient de les guider dans leurs randonnées, et elle les emmènerait à leur perte.

Réaction : ce n’est pas l’intelligence artificielle qui est en cause, mais la bêtise humaine.

Certes. Mais c’est pour cela qu’il y a ses limites de vitesse sur les routes, des ceintures de sécurité. L’alcool a 90 est parfumé pour ne pas être consommé. Et c’est pour cela qu’il y a des lois, des juges et des experts.

Intelligence artificielle : sifflons la « fin de la récréation » ?

Triomphant

Il y a 30 ans des journalistes s’embarquent sur un sous-marin nucléaire. (Reportage.)

J’ai appris, qu’avec les Russes et les Américains, nous sommes les seuls à avoir une telle force de dissuasion nucléaire. Les Anglais dépendent des Américains pour leur armement. (Sacré de Gaulle ?)

Sinon ? On vit heureux dans un sous-marin. Calme parfait. Et on y mange bien. Seul risque : rencontrer un navire en remontant. (Les journalistes auraient espéré un peu plus de sensationnel ?)

Economie et droits de l’homme

Le changement dont il est question dans un précédent billet a « démonté » le modèle républicain. Un modèle qui reposait sur le principe des « droits de l’homme ».

La raison semble en être que ce modèle a été interprété comme inefficace économiquement. Il conduisait à un régime d’assistanat.

Il se pourrait que ce raisonnement soit faux. Ce qui expliquerait le déficit actuel, et le malaise social général.

Nos réformateurs tablaient sur un phénomène dit de « ruissellement ». Les créateurs de richesses enrichiraient le pays, en le faisant travailler à leurs oeuvres. Or, cela ne s’est pas produit. Ce régime est beaucoup moins efficace que le précédent.

Pourquoi ? Probablement parce que ce ne sont pas une ou deux personnes qui tirent l’économie, mais tout un tissu social, et que celui-ci doive-t-être alimenté « correctement » pour donner son potentiel.

Les droits de l’homme pourraient avoir la conséquence imprévue d’être un optimum économique…

Paradoxes du changement

Pourquoi la transition climatique nous pose-t-elle un problème ?

Ce sont, en grande partie, ceux qui militent pour elle qui en sont responsables.

UK’s richest set to produce 13 times more transport emissions than poorest by 2035

The Guardian (@theguardian.com) 2025-08-27T08:58:06Z

Le changement n’est pas une simple question de « bon sens », selon l’expression de Nicolas Sarkozy.

Changement de notre temps

Fil rouge de ce blog : les changements qu’a subis la société française ont-ils une explication ? Nouvel épisode.

Il y a quelque temps, j’ai interviewé des groupements d’entreprises bretons et basques. Ils m’ont raconté une même histoire. Dans les années 80, ils ont compris que l’Etat avait pour projet de transformer leur territoire en une réserve, ou un parc à thème. Ils ont décidé de résister en défendant leurs industries.

Et si ce diagnostic (que je n’avais pas pris totalement au sérieux) était vrai pour l’ensemble du pays ? me dis-je maintenant.

Ce qui me ramène à une autre théorie (que je n’ai pas mieux prise au sérieux). Au début des années 90, on m’a enseigné, en MBA, que les entreprises devaient rendre leur argent aux actionnaires, car le « marché » faisait la meilleure allocation possible des fonds publics. Et si nos gouvernants avaient eu, eux aussi, l’idée que le peuple, la petit entreprise, etc. vivaient dans un régime d’assistanat ? Ce n’était pas efficace. Il fallait reprendre cet argent et le rendre à la mécanique aveugle de création de richesse, le marché. En retour, il alimenterait le pays. En le sortant de la paresse et en le mettant au travail.

D’où cette fameuse expression, qui m’a tant choqué : « siffler la fin de la récréation » ?

(Cette théorie semble connaître des évolutions. Dans un précédent billet, je parlais de la variante « métropolisation ». Les créateurs de richesse seraient des êtres apatrides qu’il s’agirait d’attirer dans des lieux qui leur sont propices. La politique publique consisterait à créer ces lieux, les « métropoles.)

Cela expliquerait beaucoup de choses. En particulier, le « désaménagement du territoire », la liquidation de tous les corps techniques de l’Etat, des chambres de commerce. Mais aussi la haine, que je trouvais incompréhensible, que semble avoir le gouvernement pour les élus locaux, qu’il paraît accuser d’être à l’origine du déficit public. (Alors que l’on me dit qu’une mairie doit avoir des comptes équilibrés…)

A suivre.

Le glacier des montagnes des îles

Tel est le nom du volcan islandais qui a troublé la navigation aérienne, il y a quelques années. (Le nom du volcan est Eyjafjöll en VO.)

Comment vit-on sur une île volcanique ? (Ancienne émission de France Culture.)

Je retiens que l’on n’en est pas encore à l’anthropocène : l’homme ne pèse pas lourd face aux forces telluriques. Mais, s’il n’est pas capable de prévoir leur manifestation, ses instruments lui permettent de savoir ce qui va se passer lorsqu’elles se mettent en mouvement, et l’avertissent assez tôt pour qu’il puisse évacuer les lieux.

C’est aussi ce que j’ai retenu d’une émission concernant le tsunami consécutif à un récent tremblement de terre au Kamtchatka. Les dispositifs de prévision sont suffisamment rapides et précis pour déclencher des mesures d’évacuation uniquement si nécessaire. L’industrie parlerait peut-être de « juste à temps ».

Vengeance

La vengeance ne semble plus à la mode. Trump ou Poutine peuvent frapper, sans que cela paraisse susciter de grandes réactions.

Que pensaient les Hébreux et les Grecs anciens de la question ? Une émission de France culture.

L’exercice paraît vain. Que peut-on tirer des textes anciens ? Ils ont eu de multiples auteurs et chacun semble avoir eu son opinion. Chaque interprétation donne d’ailleurs un résultat radicalement différent.

Je me demande si le texte ancien n’est pas une ruse de la raison. Comme pour la fable du laboureur, il nous fait croire qu’il est réponse, alors qu’il n’est que questions. C’est en cherchant à l’interpréter que l’on trouve la réponse que l’on cherche, et qui est propre aux circonstances du moment ?

Tabou

De temps à autre, les explorateurs du Pacifique se sont fait massacrer par les « naturels ». Explication : sans le savoir ils auraient enfreint des tabous. (En outre, lesdits naturels jugeaient que lesdits explorateurs avaient de tels pouvoirs qu’ils faisaient tout pour les conserver chez eux.)

Voilà ce que n’aurait pas pu imaginer Rousseau. A partir d’un élément apparemment simple, l’homme, la société fait un édifice complexe, inaccessible à la raison simplifiante du philosophe ?