Sagesse

Première dans l’histoire française ? Il semblerait que nous ayons toujours un gouvernement. Or aucun parti n’a de majorité. Conjurer les maux des troisième et quatrième républiques est-il possible ?

Ce qu’il reste maintenant à faire, c’est de trouver un moyen de réformer sans éclater.

Conduite du changement au sens premier du terme ?

Mortelle éducation

In Rewilding Education, Professor Hilary Cremin argues that modern schooling is defined by an obsession with standardisation and outdated thinking, while it fails to nurture creativity, critical thought, or the physical and mental health of students and teachers.

Rewilding Education challenges the ‘myth of social mobility’, arguing that education functions more as a sorting mechanism than a levelling force. High-performing school still admit disproportionately few disadvantaged young people, and poverty remains the strongest available predictor of student outcomes.

Article

L’enseignement anglais semble ressembler au nôtre.

L’auteur du livre cité propose un grand bouleversement. Un enseignement qui permette à l’enfant de s’épanouir et de développer un sens critique.

Il ressemble étrangement à celui qu’a voulu imposer 68. Et qui, en France, a produit la destruction d’un système éducatif qui était, pourtant, l’élément central du projet républicain. D’où la situation décrite ci-dessus.

Comment traduit-on Yakafocon en anglais ?

La société comme système

Claude Lévi-Strauss :

« Chaque langue, chaque croyance religieuse, chaque forme d’art traduit une expérience totale qui n’est pas la même pour tous les peuples et qui exprime de façon très précise et très concrète ses besoins particuliers« . 

La langue ne peut pas être considérée en dehors du tout qu’est une société humaine et son environnement. Elle a une fonction. (Emission.)

Plus paradoxalement, il semble croire qu’il est possible de reconstituer le tout à partir de l’une de ses parties, la langue, en particulier.

C’est aller un peu vite en besogne ?

Louis Leprince-Ringuet

Louis Leprince-Ringuet n’était pas l’homme que je croyais.

Dans ma jeunesse, il était présenté, avec beaucoup d’autres, comme une « vache sacrée ». Il représentait la science moderne, et la grandeur de la France. Ses propos profonds sur le progrès étaient lecture obligée.

Esprit 68 ? Je soupçonnais une « vieille barbe ». Et ses travaux sur les rayons cosmiques paraissaient la physique du pauvre.

En fait, c’était un homme simple, pragmatique et de bon sens. Elève peu brillant, il était entré à polytechnique à une époque où la concurrence n’était pas féroce (pendant la première guerre mondiale). Il avait commencé une carrière dans les câbles marins, puis s’était transformé en physicien – expérimentateur. Un artisan de la conception de machines. Il avait été un des pionniers de l’étude des propriétés des atomes, d’où les rayons cosmiques, car on n’avait rien de mieux alors. Ce qui le forçait à l’escalade des montagnes.

En ces temps, les physiciens étaient une toute petite communauté de quelques personnes. Ils se connaissaient tous.

Curieusement, il expliquait que la physique de son époque n’avait rien de très compliqué. Et il semblait trouver que la gloire des théoriciens était usurpée. (C’était des rêveurs qui n’étaient rien sans l’expérience.) Y compris celle d’Einstein, qui la devait surtout à son physique.

(France culture : Mémoires du siècle – Louis Leprince-Ringuet (1985))

Vers mystérieux

Jules Supervielle est interrogé sur la prose et la poésie (émission) :

Presque toute poésie a un coefficient de prose sous peine d’être incompréhensible. Ainsi un auteur comme Victor Hugo a un coefficient de prose très fort. […] Mallarmé est à l’autre extrême, chez lui le coefficient de prose dans ses meilleurs poèmes est très faible, il est presque nul. On manque un peu de concept pour guider le lecteur. Chez les surréalistes le coefficient de prose est aussi très faible.

Phénomène mystérieux. Le sens a plusieurs façons de s’exprimer. Dans le fonds, mais aussi dans la forme. Et, paradoxalement, trahir l’orthodoxie de la forme, ce qu’est la poésie, permet de dire à l’interlocuteur ce qu’il était impossible de signifier autrement.

En revanche, plus on s’éloigne de l’orthodoxie, moins on a de chances d’être compris.

Avec mon mauvais esprit usuel, je me demande s’il n’existe pas une sorte d’optimum. Un moment où beaucoup pensent avoir compris, alors qu’ils n’ont rien saisi, et peut-être même que rien n’était dit. Le secret du succès de « box office » ?

Saint Simon

Redécouvrons Saint Simon ?

Il semble avoir voulu achever la révolution en donnant au peuple la place qu’elle lui destinait. Il proposait ce que la systémique nomme un « changement à effet de levier » : faire passer le pouvoir de la classe des parasites à celle des producteurs (le reste de la population).

Il voulait procéder par amélioration et non par révolution. (Avec philosophie.)

Mais, la politique demandant des professionnels, ne sommes nous pas condamnés au parasitisme ? A moins de parvenir à contrôler nos « représentants », pour qu’ils méritent ce nom ? Intéressant problème de conduite du changement ?

Recul

Peut-on prendre du recul, par rapport à la situation de la France, et se hasarder à se demander la cause de notre mal ? Sachant que j’ai toujours tort, mon opinion doit être entendue avec méfiance…

En tous cas, voici mes hypothèses du moment.

  • Le mal viendrait de la politique de M.Macron. Il aurait accéléré celle de ses prédécesseurs. Elle consisterait à dépenser sans compter pour construire une France « à la mode », des « start-up » et des « premiers de cordée » vivant dans des « métropoles ». La France traditionnelle est saignée à blanc. Et ce pour financer les projets de M.Macron, mais aussi parce qu’elle doit disparaître.
  • Cette politique, comme celle de Lénine et pour les mêmes raisons, s’accompagnerait d’une hypercentralisation.
  • Conséquence : un trou sans fond, et des services publics de plus en plus inefficaces, car conçus pour servir cette politique, et non l’intérêt général.

Inverser ce cercle vicieux consisterait à comprendre :

  • Que l’avenir n’est pas dans le new space ou l’intelligence artificielle, châteaux en Espagne, mais dans la réinvention de ce qui fait notre vie (transport, construction, consommation d’énergie, loisirs, nourriture, etc.)
  • Que le service public doit servir le public.
  • Et peut être qu’il faut en revenir aux fondamentaux de notre République : les droits de l’homme et la raison. Car, en dernière analyse, c’est cela que nie la politique de M.Macron.

Le changement doit se faire « par en bas ». Le changement économique doit être tiré par l’initiative collective de l’entreprise locale, qui entraîne l’élu local, qui oriente l’action de l’Etat.

De même pour le service public. C’est aux unités locales, qui connaissent la réalité de la vie du citoyen, d’orienter l’action de leur hiérarchie, puis celle de l’Etat, de la « République », au sens de « bien commun », et non de dictature.

Quel est le rôle du gouvernement, dans ces conditions ? Ce que Kurt Lewin nommait le « changement planifié », condition nécessaire de la démocratie, selon lui. Le gouvernement doit synthétiser ce que disent les « hommes de terrain », qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur, et en tirer une ligne directrice, qui sera, ensuite, appliquée par les dits hommes de terrain, coordonnés par le sommet.

Diplôme

J’écoute les anciennes émissions de Radio France. On y entend parler les hommes célèbres de l’époque.

L’idée m’est venue, qu’en ces temps, le diplôme avait peu d’importance. Certes, très peu de gens faisaient des études. Mais, parmi ceux qui en faisaient, le talent, seul, comptait. On était capable de le reconnaître.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Paradoxalement, le diplômé, si fier de ses diplômes, est considéré avec suspicion par ses congénères.

Fin d’une mode ?

Vocation

36 quai des Orfèvre et le Conservatoire nationale de musique semblent n’avoir rien en commun. Pourtant, ils me font m’interroger sur ce qui fait le bonheur au travail et son efficacité. En effet, ils me semblent, dans ces domaines, être de grands succès.

  • Il y a probablement une logique de vocation. Paradoxalement cela tient à ce que ces lieux sont prestigieux sans l’être trop. Une profession (par exemple celle d’écrivain, de PDG de multinationale, de président de la République) qui est trop vantée attire les tocards qui noient le talent. Une profession inconnue ne tente personne. (Voilà une source de nouvelles idées pour nos scénaristes de télévision ?)
  • La formation se fait par la pratique, avec des maîtres. Le métier est ingrat et riche à la fois. L’individu est en situation de « responsabilité ». C’est, au fond, très proche de l’artisanat.
  • La dimension communautaire, de fraternité, de confrérie, pourrait compter fortement.
  • On peut faire carrière, sans rencontrer d’énarque parachuté. La vie a une histoire. Elle est franchissement d’étapes.

A suivre.

Armure

Curieux enchaînement d’idées. Ecouter parler de la princesse de Clèves m’a amené à me demander à quoi ressemblait Henri II, ce qui m’a fait m’intéresser à son armure, puis à celle de son père, François Ier.

J’ai appris que les armures pesaient environ 20kg, ce qui n’est probablement pas plus que les protections modernes, qu’elles étaient des oeuvres d’art et qu’elles adoptaient parfaitement la morphologie de leur propriétaire. Ce qui fait que celle du jeune Henri II était voutée, et que celle de François Ier était celle d’un homme de près de 2m, avec une carrure d’athlète et des « canes de serin », auraient dit mes petits camarades de classe.