Super intelligence

Grand thème de discussion du moment : l’intelligence artificielle va ridiculiser l’intelligence humaine, faut-il laisser faire ?

Extraordinaire coup de publicité auquel ses auteurs croient. Une partie de la société a une fascinante capacité d’auto persuasion. Et le journaliste en fait partie. Même le scientifique a été acheté : s’il ne parle pas d’une idée à la mode, sa recherche n’est pas financée.

Psychologie de l’escroquerie : on croit à ce en quoi on a intérêt.

Ce qui pose la question de la manière d’éviter ce phénomène (autrement que par la crise).

Rèvé-je ?

Le rêve chez les Surréalistes, chez Freud… Et chez vous ?

Vous souvenez-vous de vos rêves ou dormez-vous à poings fermés ? Vous intéressez-vous à vos rêves ? Leur croyez-vous un quelconque intérêt ?

Ce qui est surprenant est à quel point l’intellectuel tend à « prendre son cas pour une généralité », comme auraient dit mes copains de cours élémentaire. Et à manquer de sens critique ?

Plasticage

Déprimant. On retrouve du micro ou nanoplastique partout. Dans tous le organes du corps, pour commencer.

Non seulement, il est partout dans la nature, mais, apparemment, tout contenant en plastique « fuirait ». Autrement dit, on n’arrête pas de rajouter du plastique à ce que nous consommons.

Seule bonne nouvelle : on n’est pas encore parvenu à détecter des effets toxiques. Peut-être, comme pour l’oxygène, poison pour beaucoup d’organismes, verra-t-on apparaître de nouvelles espèces qui profitent du plastique ?

Toujours est-il qu’il serait peut-être temps que l’on revoie notre façon d’envisager le progrès. Jusqu’ici, on commençait par inventer, puis, des accidents plus ou moins graves faisaient prendre conscience des « externalités négatives » de l’invention, que la société essayait alors de corriger. Il semble que ce procédé ne soit plus possible : une innovation malencontreuse peut rayer l’humanité de la carte…

(Un article : Your kitchen is full of microplastics.)

Pensé-je ?

Averroès semble avoir estimé que le cerveau de l’homme était animé par celui de Dieu. Ce qui ne faisait pas l’affaire des Chrétiens, qui croient au libre arbitre.

Le libre arbitre du Chrétien, comme le déterminisme du scientifique, ne me semblent pas des théories défendables. Quand on observe le passé, on constate que l’homme appartient à son temps. On met en avant tel ou tel individu exceptionnel, comme s’il avait créé son époque, mais il n’en était que l’effet. Ce n’est pas le Mont Blanc qui a fait les Alpes. Mais ce temps, et ces modes, ne sont, pas plus, déterminés, il résultent d’une forme de chaos. Il semble qu’il y ait une création permanente, qui brouille toute possibilité de prévision.

Pour autant, tout se passe comme si nous avions un libre arbitre et que nous pouvions orienter l’histoire. Et c’est probablement une bonne chose que nous en soyons convaincus.

Les possédés

Vous allez voir ce que vous allez voir… L’intelligence artificielle va faire un miracle. Elle va transformer le monde. Comment ? Pas besoin de l’expliquer. Cela va être extraordinaire.

Ce n’est pas la première fois que l’on entend ce discours. La « nouvelle économie » et la « bulle internet », en particulier, faisaient aussi ce type de promesse. Dans une moindre mesure, la 5G, qui a fait flop.

Seulement, ce qu’il y a d’ennuyeux est qu’il n’y ait personne pour l’étudier d’une manière rigoureuse. Et ce qui est encore plus ennuyeux est qu’il a convaincu nos gouvernements.

AI companies are in a race to create artificial general intelligence, seeing it as the catalyst for an “intelligence explosion” that reshapes the economy and society. But they can't agree on what AGI would actually look like, and how it might be achieved.

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2025-10-23T04:48:06.960Z

Pensée captive

L’engagement chez les philosophes. Une émission de France culture.

Apparemment, la figure même du philosophe engagé, c’est Sartre. Et, le moins que l’on puisse dire, est qu’il fut ridicule. Mais le ridicule ne tue pas. Au contraire c’est, bien souvent, la recette de la célébrité, comme on le voit actuellement. « Plus le mensonge est gros, mieux il passe » aurait dit Goebbels.

Le plus curieux est le nombre de philosophes les plus diplômés qui se sont faits les « idiots utiles » du Stalinisme, et qui ont nié la réalité pendant des décennies. Normale sup n’enseigne pas le sens critique, mais le fait perdre ?

Démocratie

Les théories de la démocratie tablaient sur l’affrontement des idées.

Seulement, comme le montre la science, l’affrontement ne donne rien. Pour parvenir à une décision un rien intelligente, il faut construire des raisonnements, faire des hypothèses, les tester. Au fond, la raison, c’est cela.

Aujourd’hui, ce mode de réflexion est totalement absent du débat public. L’intelligence artificielle, qui rend hystériques nos gouvernements et nos économistes, en est l’exemple même.

The amount of energy required to supply the data centers powering AI is so vast that meeting that need may be more than a lifetime away, according to a senior executive at Apollo

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2025-10-22T17:00:24Z

Urgence

Je reçois un mail qui parle « d’urgence climatique ».

Cela m’a rappelé une maxime de l’ancien trésorier de mon association, un patron de PME : « ne pas confondre urgent et important ».

Il est possible que c’ait été l’erreur commise par les militants de la transition climatique, la raison pour laquelle on assimile celle-ci à une mode imposée par la contrainte de la norme. Une mode qui a fait son temps.

Si l’on en croit ce que l’on entend et ce que l’on lit, les partis politiques ont ignoré les revendications de leurs populations. Ce qui a provoqué une poussée dite « populiste », opposée, en particulier, à la transition climatique.

Enseignement ? Ecouter le citoyen est important.

Chestov

On dit que Léon Chestov fut un philosophe important. Mais il n’est pas simple de se faire une idée d’une oeuvre en vingt minutes.

Apparemment il partageait le pari de Pascal. Ce qui fait notre vie est risible, même pas absurde. On découvre l’essentiel quand on a renoncé à toutes les illusions. Et tout est illusion, idolâtrie ?

Voilà le type de philosophie à laquelle on aboutit lorsque l’on reste dans sa chambre ?

Nihilisme

Le combat d’Albert Camus et d’Hannah Arendt fut celui du nihilisme. On a oublié, aujourd’hui, ce que cela signifiait.

Le billet précédent, sur l’absurde, le rappelle. Certains, généralement des intellectuels, veulent réaliser une utopie, par la révolution. En fait, ils ne comprennent rien aux beautés de l’existence, de la société, ils les trouvent « absurdes ». Il faut les remplacer par un idéal abstrait. Il en résulte le totalitarisme, la destruction de l’individu. Le nihilisme est le crime contre l’humanité (au sens de ce qui fait de l’homme un homme).

Quand on y réfléchit bien, c’est un mal extrêmement répandu. Il affecte le Socrate de Platon, qui veut tout sacrifier au « bien » qu’il a en tête. C’est aussi l’histoire du « Consensus de Washington », qui a voulu imposer au monde un modèle utopique de capitalisme. Et M.Macron, avec sa « start-up nation » et ses « premiers de cordée », est peut-être bien un nihiliste. C’est un mal qui nous guette tous.

L’antidote, selon Camus, c’est la « révolte ». Il s’agit de constater ce qui ne va pas dans la société, certes, mais surtout de chercher à l’améliorer, non de la détruire. Et cela demande un préliminaire : « l’aimer ». « Je me révolte, donc nous sommes », dit Camus. Mieux : « Aime et fais ce que tu veux », de Saint Augustin ?