Maître Laffont

Bonne idée de France Culture : interroger le défenseur de ceux que condamne la société : violeurs, assassins et autres hommes politiques et patrons du CAC 40.

Sa motivation ? Rétablir l’équilibre ? L’opinion juge sans preuve. Elle est, de ce fait, injuste. Autrement dit, une question de « droits de l’homme ».

Sa technique : l’enquête est faite à charge, exclusivement ! quand on la mène « à décharge », on peut ébranler bien des éléments du dossier. Autrement dit, nos juges ne font pas leur travail. Mais, il n’est pas étonnant qu’il n’y ait que les riches qui puissent se payer de tels avocats : ils doivent faire un « sacré boulot » !

J’ai appris que, jadis, hommes politiques et patrons du CAC40 étaient intouchables. Le balancier est parti en sens inverse. Ils sont devenus quasiment indéfendables. La justice semble non seulement biaisée, mais employer les principes qui la nient. (On entend souvent que c’est une justice « de gauche », seulement, les « affaires » sont parties de droite… Qui sème le vent… ?)

Espérons que la justice va retrouver un juste milieu, sans que la société cède à la tentation Trump ?

Reconstruction post globalisation

Arrive le temps des bilans. Longtemps, ce blog s’est demandé s’il voyait se dessiner un changement. Il ne voyait rien. Eh bien, ce n’est plus le cas. Nous entrons dans la post globalisation, qui a tout d’un après guerre.

La globalisation, dont nous sortons, tablait sur l’uniformisation de l’humanité, façonnée par des surhommes apatrides, vivant dans des « métropoles » et qui inventaient une super intelligence, conquéraient le système solaire, éliminaient la mort… Ce fut une ère de l’individualisme triomphant.

Elle s’achève par une guerre. Les forts écrasent les faibles (donc leurs amis), et leurs armées les envahissent, quand ils en ont le pouvoir. Les principes mêmes de la globalisation, l’innovation indifférenciée et les liens commerciaux sont devenus des champs de bataille.

Après cette évasion dans l’univers des idées, la post globalisation est un retour à la réalité terrestre. Durant la globalisation, on parlait de « destruction créatrice », il est possible que ce soit, effectivement ce qui a eu lieu. Les ressources des nations ont été laissées à l’abandon, car jugées inutiles.

Chaque nation doit, à nouveau, cultiver ses atouts propres. Ce qui n’est pas autarcie, mais retour au principe de l’économie de marché, l’échange de « différences ». Le moyen d’en tirer parti, à nouveau, est l’initiative collective. Si l’on y parvient, tous les espoirs sont permis ? Promesse de « glorieuses décennies » ?

Complexe de supériorité

Souvenir de petite enfance. Mon père avait l’habitude de siffler l’air de La truite de Schubert. Il se trouve que moi aussi. Un jour je l’ai entendu juger que j’avais une drôle de façon de l’imiter. En fait, ce que je sifflais, c’était ce que j’avais entendu d’un enregistrement. C’était mon interprétation qui était correcte, pas le sienne.

C’est probablement l’histoire de Marx et de Proudhon. Marx, l’homme supérieur, méprisait Proudhon, l’homme du peuple.

Les complexes de supériorité sont dangereux, ils rendent sourd.

Emballage de pauvre

Achats de fruits secs dans une grande surface.

Les moins chers ne sont pas beaux et sont emballés dans du plastique. Les autres, bien plus esthétiques, ont droit à du papier.

Le papier, c’est la transition écologique ? (Mais, son « cycle de vie » est-il moins consommateur d’énergie et émetteur de CO2 que le plastique ?) Et c’est la santé : l’anti micro plastique qui envahit notre organisme ?

Mais à quoi cela sert-il de le réserver aux riches, minoritaires ? Leur donner bonne conscience ? Leur réel besoin ?

Bulle

Cette année aura été celle du doute : et si l’intelligence artificielle était une bulle spéculative ?

Australia’s biggest pension fund to cut global stocks allocation on AI concerns
AustralianSuper warns of ‘maturing’ US tech cycle and high valuations

Financial Times du 20 décembre

Qu’est-ce qui peut percer la bulle ? Le manque d’énergie (on lit qu’aux USA, il va manquer 40% de l’énergie nécessaire) ? Un financement façon Ponzi (le fournisseur finançant le client) ? Les Chinois, leurs modèles intelligents, et leur politique industrielle ? Comment souvent, dans ces situations, la bourse américaine fait du yoyo, ce fut le cas dernièrement du titre d’Oracle. Car le jeu de la spéculation, c’est de profiter des hausses et des baisses. Au fond, le spéculateur sérieux ne croit probablement pas un instant à l’IA.

Pour autant le crash ne semble pas en vue.

En fait, ce qu’il manque est une étude sérieuse des « modèles économiques » des entreprises du secteur et de leurs liens. Quelles sont les hypothèses sur lesquelles ils reposent ? Une modélisation façon « dynamique des systèmes ». C’est l’opacité qui permet la spéculation ?

Year in a word: AI bubble ft.trib.al/1AhoJwO | opinion

Financial Times (@financialtimes.com) 2025-12-23T05:31:16.012247Z

Gambetta

Qui fut Gambetta ? On n’en a guère d’idée aujourd’hui. Un mythe pour écolier de la 3ème République ?

Apparemment, c’était un orateur extraordinaire, au pouvoir de conviction surprenant, dont chaque prise de parole était une totale improvisation, dont il sortait épuisé. Il mourut jeune, et gouverna peu. Mais il eut un rôle capital dans l’établissement de la nouvelle République : il conquit à sa cause la paysannerie, jusque-là monarchiste, et choisit une voie pragmatique, en s’alliant avec Thiers.

Il aurait dit « l’anticléricalisme n’est pas un article d’exportation ». Ce par quoi il entendait que la religion était un bien pratique opium des colonisés.

L’équipage

La guerre de 14, une escadrille d’aviation. Ce qu’a vécu Kessel. Et cela commence bien. On se retrouve balloté dans un biplan au dessus des lignes ennemies. Mais cela tourne court. Tout l’intérêt du livre est ruiné par une sotte et invraisemblable histoire d’amour, pleine de bons sentiments. Un conflit entre le coeur et le devoir, bien sûr. Au moins, Kessel écrit-il simplement et clairement. Ce qui est un mérite, aujourd’hui.

Rien à voir avec Ceux de 14 de Maurice Genevois. Les aviateurs mangeaient beaucoup et buvaient sec, ils étaient bien logés, et étaient la plupart du temps désoeuvrés. De temps à autre, ils étaient abattus en flamme. Aucune comparaison avec l’horreur des tranchées.

Et question récurrente, déjà posée au sujet des corsaires : comment se fait-il que l’on tire des récits aussi mièvres de pareilles expériences ? Le héros est inconscient ? Et lorsqu’il se met à écrire, il fait ce que lui dicte la société ? Girouette humaine ?

(Rien à voir, non plus, avec Pilote de guerre de Saint Exupéry. Le récit d’une seule mission, elle aussi d’observation. Elle se vit minute par minute. Et, surtout, on y comprend les raisons de la défaite, l’esprit qui y a conduit.)

Solidarité théorique

Le « solidarisme » est apparu en France au début du 20ème siècle. C’est le père de la Sécurité sociale. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, la France était en retard.

En Allemagne, la Sécurité sociale est le fruit du pragmatisme. En France, il a fallu une impressionnante argumentation scientifique (et la guerre ?) pour la faire adopter.

Caractéristique culturelle ?

Les premiers Mexicains

Très tôt, les « créoles », les Espagnols établis au Mexique, ont cherché à se débarrasser de la tutelle de leur métropole. J’ai entendu parler d’un livre qui raconte cette histoire.

Ou plutôt, celle d’un grand seigneur délicat, qui vit une bien douce existence. L’envie lui prend de se révolter. Mais le rêve n’est pas la réalité, et il se demande, sur le billot, ce qui a bien pu lui passer par la tête. Curieuse histoire racontée par un auteur (Fernando Benitez) qui semble avoir eu un grand talent.