Canal de Panama. Scandal qui a ébranlé la France. Tout semble avoir tenu à la fièvre jaune. Elle tuait les ouvriers. Les Français n’avaient pas compris la nature du mal. Les Américains auraient appris de leurs erreurs.
Dans cette affaire, un ingénieur français peu connu aurait tiré, et fait tirer par les Américains, les marrons du feu. Un certain Philippe Bunau-Varilla. Il semble avoir bâti une partie du canal, avec les écluses d’Eiffel, et avec succès et fortune. Puis il est parti convaincre les Américains de reprendre le projet. Ils ont fomenté un coup d’Etat pour détacher Panama de la Colombie, et il s’est proclamé ambassadeur du Panama aux USA, à qui il a donné le canal et une zone de 8km de chaque côté.
Signe du déclin ? Un pays qui n’a pas de chance et qui est trahi par les siens ?
Le journal Le Monde est issu de la guerre. J’ai découvert que son fondateur, Hubert Beuve-Méry était une sorte d’autorité morale porteur d’une mission. (Emission de France culture.)
Les invités des Lundis de l’histoire (…) s’accordent sur la continuité entre ses premières expériences, comme Uriage, et son ambition pour Le Monde, « plate-forme d’une rénovation de la politique et des intelligences ».
En ces temps, Le Monde et Combat, de Camus, auraient été les seuls journaux reconnus pour leur qualité et leur rigueur intellectuelle.
L’après guerre semble avoir vu émerger des personnalités brillantes, intègres, dévouées à l’intérêt général. Elles n’ont pas fait école. Le naturel est revenu au galop.
L’autre jour, un entrepreneur avait utilisé chatgpt pour évaluer son entreprise. Ce qui donnait un résultat dont il était très content. Curieusement ce n’est pas celui qu’a trouvé l’investisseur potentiel. (Curieusement, le logiciel n’a pas cité les méthodes usuelles d’évaluation, par exemple celle qui dit que la valeur d’une entreprise correspond à une estimation de l’argent qu’elle peut rapporter.)
On lit que l’intelligence artificielle est utilisée par les enfants en mal d’affection, par des élèves incultes, par les randonneurs du dimanche… L’intelligence artificielle semble avoir trouvé un gros marché (le gros de son marché ?) parmi les populations fragiles et complexées. Elle fait croire à des millions de gens qu’ils sont particulièrement intelligents de pouvoir utiliser, comme tout le monde, ce type d’instrument.
Ce blog a beaucoup parlé des travaux des psychologues sur l’escroquerie. Il semble que l’IA, et peut-être nombre des « innovations » modernes doivent leur succès à des phénomènes identiques. Elles jouent sur nos failles honteuses.
La Sécurité sociale a 80 ans. Il y avait déjà des assurances sociales auparavant. Mais la France, dans ce domaine, était très en retard sur l’Allemagne de Bismarck.
Curieusement, vu d’aujourd’hui, la Sécurité sociale a rencontré des résistances. En particulier, celle de l’Eglise, dont c’était la chasse gardée, et celle des syndicats qui avaient peur d’un prélèvement sur les salaires qui en réduirait le montant.
Pierre Laroque, qui en a été le premier directeur général et en fut le « père », semble avoir pensé que la France avait accepté, certes, la foire d’empoigne qu’est le capitalisme, mais que le combat à armes inégales qu’il suppose ne peut s’exercer qu’entre personnes au mieux de leurs moyens. Tous les autres devaient être protégés.
Il espérait que les Français feraient preuve de responsabilité dans la gestion de ce qui était leur bien commun. C’est pourquoi il en a confié la gestion non à l’Etat, mais aux représentants des travailleurs, les syndicats. En 1967, le paritarisme a été introduit. Le patronat et les syndicats ont reçu des droits égaux. Apparemment, il s’agissait d’améliorer la gestion de l’institution, quoi que l’on ait été dans les Trente glorieuses et qu’il n’y ait pas eu encore de déficit.
Peut-être était-il difficile de faire autrement ? Toujours est-il que la Sécurité sociale est devenue un « machin » dont personne ne se sent responsable et ne sait comment il fonctionne ou même ce qu’il fait, et qui est l’objet de luttes de pouvoir entre syndicats. D’ailleurs, les invités de l’émission qui commémorait les 50 ans de sa création ne parvenaient pas à dire qui le dirigeait, tant sa structure est confuse.
Ses droits de douane lui permettent de financer des baisses d’impôts. Globalement le déficit américain est stable. Les pauvres devraient prendre de plein fouet les droits de douane, sans profiter des baisses d’impôts (puisqu’ils en paient peu). Mais, ces désagréments seraient compensés par le spectacle de sa gesticulation.
L’économie du pays est tirée par l’intelligence artificielle. La politique Trump ne serait pas favorable à l’industrie.
D’où je déduis que Trump espère que, selon une théorie classique, l’enrichissement des plus riches va profiter aux pauvres par « ruissellement ». En tous cas, il semble vraisemblable que cet enrichissement va alimenter la bulle spéculative.
Plus intéressant ? Je croyais à l’idée, que j’avais lue ici et là, que les USA avaient été fondés pour se garantir du risque de dictature, que fuyaient les premiers émigrés anglais. Or, Trump, se réclamant de la légitimité du plébiscite, à la façon de De Gaulle, est en train de faire un véritable coup d’état. La cours suprême est à sa botte, et il tente de démanteler la justice, supposée l’âme du pays.
D’ailleurs, tout ceci ne serait pas de son fait, il tirerait profit d’un plan conçu par le parti républicain, pour prendre l’avantage sur les démocrates, qui avaient la haute main sur la justice, et exécuté impeccablement. Dans cette affaire, il n’y a pas de bons et de mauvais. Que de médiocres intérêts ? Le déchaînement de l’individualisme ?
Le CNR est l’organe de direction de la Résistance. Phénomène unique dans notre histoire : alors que l’on dit que le Français est un farouche individualiste, y étaient représentés tous les partis politiques et tous les syndicats. Et ils ont coopéré efficacement pendant toute la guerre ! Apparemment aucun autre pays n’est parvenu à une telle union. Décidément, la France est un pays surprenant.
S’il est rapidement disparu c’est peut-être qu’il a été victime du Stalinisme. Le Parti communiste a rompu les rangs. (Peut-être, aussi, la paix était-elle favorable au réveil des ambitions personnelles ?) Il a aussi été victime de la clandestinité : alors que de Gaulle était la voix de la France, ses membres avaient dû se cacher pour survivre et étaient des inconnus.
Si l’on prend la révolution française comme métaphore de la révolution qui a été la libération, c’est l’esprit de Valmy, tel que l’histoire la magnifie qui anime les résistants. La libération du territoire et la renaissance de la France démocratique était leur but.
Le CNR a écrit un « programme » dont le but était, justement, de fonder cette France de la renaissance.
Il en a résulté, entre autres, une vague de nationalisations et la Sécurité sociale. Après la crise d’avant guerre, elle était une aspiration universelle. D’ailleurs, elle avait un modèle : le rapport Beveridge, anglais. Mais chaque nation a mis en oeuvre des aspirations communes selon ce que lui dictait sa culture.
Curieusement, le programme est court et se contente, comme la constitution de 1789, de grands principes. On y lit, par exemple, concernant le droit à la retraite : « Une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ». (La définition de retraite a beaucoup évolué depuis lors.)
Mais, comme l’écrit Claire Andrieu, le plus important, certainement, fut l’esprit du CNR :
Ce qui demeure pourtant du programme du CNR, c’est son esprit, celui de la Libération, celui de l’optimisme, du volontarisme et de la solidarité nationale qui ont accompagné la liberté retrouvée. L’idée, enfin, que, face à la misère, le politique doit et peut agir.
La bourse américaine donne un curieux spectacle. Du jour au lendemain les titres phares perdent ou gagnent des centaines de milliards. Et les records tombent sans cesse. Il y a eu celui des 3000 milliards des 4000 et maintenant des 5000 (Nvidia).
Quand est-ce que cela finira ? Il faut probablement toucher une limite physique ou que le marché prenne peur. Ce qui ne semble pas le cas actuellement.
Quant à l’impact il dépend du type d’entreprises impliquées. Si, par exemple, les banques financent les data centres, la crise pourrait être systémique.
Que fut le Surréalisme ? « André Breton » répondent en choeur les interviewés d’une émission qui lui est consacrée.
Breton ou le paradoxe incarné. Au nom du rêve, il a crée une secte, dont il était, disaient ceux qui ne lui appartenaient pas, « le pape ». Comme un pape, il excommuniait, pour un oui, pour un non.
Lui-même n’avait rien d’un bohème. C’était la rigueur, la rationalité, l’austérité faite homme. C’était un bourgeois rangé qui aspirait à la révolution ! Et c’était un auteur qui n’aimait pas écrire.
A la fin de la guerre, il a eu peur qu’on lui reproche de l’avoir passée aux USA. Mais, avant et après guerre, il semble avoir répondu aux aspirations de la jeunesse. C’est peut-être la raison pour laquelle il a fait du sur-place, disait un interviewé : sa pensée n’a pas connu de maturité. Mais il a attiré à lui tout ce qui se faisait de mieux en termes d’intellect. Etre surréaliste était une marque de supériorité sur le peuple, ai-je entendu dans une autre émission. (Le propre des sectes ?)
Qu’en reste-t-il ? Tous ces petits jeunes prétentieux semblent avoir cru que le fond primait sur la forme. Aux USA, le surréalisme paraît avoir débouché sur l’art moderne, qui n’a de sens que pour le spéculateur. Ce fut le chant du cygne de l’art ?
Le Negro spiritual. Il semble que ce fut un langage, qui permettait à l’esclave d’exprimer ses souffrances, mais aussi un espoir : il s’identifiait au peuple élu, déporté à Babylone. Le Negro spiritual aurait aussi été inspiré par les cultures des dits esclaves.
Ce qui est surprenant est que les noirs américains ont de multiples origines et qu’ils sont le fruit de multiples mélanges. Ce n’est pas la génétique qui fait les cultures ?
(France culture : Les vivants et les dieux – Symboles et religions « Le negro spiritual ».)
Gaston Bachelard semble avoir pensé que l’alchimiste aurait avant tout cherché à explorer son inconscient, et a y trouver quelque secret miraculeux.
De telles idées sont séduisantes, mais, faute d’application, elles ne restent que des histoires. Peut-être était-ce tout ce que l’on demandait, en ce temps, à Bachelard : nous raconter de belles histoires, ce qui nous confortait dans l’idée que nous étions une grande nation, parce que nous avions de grands hommes ? Autre forme de la quête de l’alchimiste ?