Qu’est-ce que la philosophie ?

J’ai découvert la philosophie sur le tard. J’ai l’impression que la population se divise en trois. Il y a le gros de la population qui vit très bien sans, les experts, qui existent dans des sortes de monades, qui n’ont pas de place pour deux, et ceux que l’on nomme désormais « suiveurs », comme moi, qui admirent sans comprendre.

Je me demande si l’histoire des philosophes n’est pas celle des aveugles et de l’éléphant. Ils érigent en absolu un pan de la réalité. Seulement, à partir de tous les pans, on ne la reconstruit pas.

Il est possible que la philosophie soit un exercice utile au cerveau, un combat contre la sénilité ou contre l’hybris, ou encore contre la paralysie de la décision. Mais à condition de ne pas en faire un « jeu sans fin » ? La maladie du philosophe ?

Extrémisme

Pourquoi les démocrates américains ne sont-ils pas aimés ? Hasards. Un « short » de The Economist. (YouTube)

Paradoxalement, ils seraient vus comme plus extrêmes que Donald Trump. Les valeurs qu’ils défendent choquent l’électorat.

The Economist leur conseille de les oublier, et de faire campagne sur le coût de la vie.

Opium du peuple

Une émission célébrant Tzvetan Todorov (avoir raison avec Tzvetan Todorov, 2017) m’a fait penser, une fois de plus, que les opinions des hautes sphères de la société sont beaucoup moins simplistes que celles que l’on entend à notre niveau.

Cela m’a rappelé l’attitude de la France de la 3ème République : elle combattait la religion chez elle, mais la trouvait très utile pour asservir ses colonies.

Nouvelle France

Roland Barthes parlait de la « nouvelle critique ». Il est curieux à quel point la France aime ou a aimé ce qui est nouveau. Il y a eu le « nouveau roman », la « nouvelle vague », les « nouveaux philosophes ». (Entre autres ?)

Peut-être aussi les surréalistes.

Tous semblent avoir pensé enterrer leurs prédécesseurs en inventant une nouvelle forme. Ils ont épaté le bourgeois sans fatigue ?

Ont-ils enterré leur discipline ? Ou furent-ils son chant du cygne ?

Expérience

Germaine Tillion a passé plusieurs années en camp de concentration. Elle a assisté au procès de ses gardes, des SS, qu’elle considérait comme le résultat d’un « dressage ». Soudainement son regard sur eux a changé. Ils étaient privés de liberté comme elle l’avait été.

C’est aussi pour cela qu’elle a déplacé ciel et terre (elle appartenait à de puissants réseaux internationaux de déportés et de résistants) pour faire cesser la torture en Algérie.

Comme quoi, notre comportement dépend essentiellement de notre expérience ?

(Ce fut une résistante de la première heure, d’avant même le 18 juin. Elle a immédiatement trouvé la situation inacceptable et s’est mise à organiser un réseau. On y trouvait de tout, sauf des communistes, qui avaient leur propre orgranisation. A voix nue de France cluture, 1995.)

Etats désunis

Je me souviens d’un film de George Clooney qui traitait de McCarthy. Après un épisode de peur et de délation, le peuple s’était ressaisi. Sentiment agréable.

Que fait, aujourd’hui, le spectateur du film, qui s’est certainement cru son héros ? M.Trump fait régner la terreur. Mais, en dehors de quelques juges, des Chinois, qui rendent coup pour coup, de MM.Poutine et Netanyahou, qui le méprisent, personne ne s’émeut. L’Angleterre se prosterne même et donne d’elle-même un spectacle dégoutant.

L’émission de Christine Ockrent (France culture), la semaine dernière, disait que, aux USA, chaque camp était convaincu que l’autre lui en voulait à mort. Ce qui augure mal de l’avenir. Quoi que l’Américain demeure, dans la vie quotidienne, ouvert et sympathique.

Plus préoccupant ? Le courant démocrate modéré serait en déroute. J.Biden croyait avoir trouvé la parade à Trump, en fournissant un emploi au petit peuple. Son échec a laissé la tendance qu’il représente désemparée.

(Il est tentant de penser qu’il la doit, outre au fait qu’il a sous-estimé son âge, aux compromis qu’il a fait avec son aile-gauche, qui lui a valu une vice-présidente incompétente et des politiques inefficaces.)

Bel été

Cet été fut un bel été, me dis-je. Comme l’année dernière. (D’ailleurs, il paraît qu’il aurait été bon pour le vin !)

Qu’est-ce que ce cela signifie ? Attendu que je reste en région parisienne, je demande à l’été de ne pas être froid et déprimant, mais pas trop chaud non plus. En particulier, il ne doit pas être chaud en début d’été, à un moment où les nuits sont courtes, et que la chaleur a peu de temps pour s’évacuer. Comme je n’arrose quasiment pas mon jardin, un peu de pluie est bienvenue.

Chacun voit l’été à sa porte ? Leçon de résistance au changement pour climato-enthousiaste ?

Consensus et conviction

Curieusement, le consensus des scientifiques ne convainc personne. Ou plutôt convainc la population que la science n’est pas sérieuse.

Je me demande si se convaincre de quelque-chose ne demande pas un exercice douloureux. Il faut qu’il y ait débat, désaccord. Alors l’intellect se met en marche. Il peut en résulter qu’il aboutisse à une conclusion opposée à sa position initiale.

(Socrate de Platon semble avoir procédé de la sorte. Pourquoi ne me convainc-t-il pas ? Pour moi, il utilise les procédés des sophistes. Il manipule son interlocuteur. Ce qui lui a manqué, selon-moi, est d’avoir cherché à le comprendre, d’avoir eu du respect pour un point de vue que ce dernier ne savait souvent pas exprimer.)