Fusion nucléaire

On n’en parle pas beaucoup, mais la fusion nucléaire résoudrait tous les problèmes actuels de la planète.

Le principe est simple : imiter le soleil. Le soleil tire son énergie de ce qu’il transforme de l’hydrogène en hélium. Comme l’hélium est un peu moins lourd que les deux hydrogènes qui le constituent, cela produit l’énergie, selon le fameux E=mc2.

Mais voilà, les progrès sont poussifs. Un grand projet est en cours. Mais ses étapes se comptent quasiment en demi-siècles !

En tout début de carrière, j’ai rencontré des concepteurs du grand projet mondial ITER, qui sortira probablement de terre bien après mon décès, et qui ne sera, encore, qu’un prototype. La bureaucratie au pouvoir ?

Qu’est-ce qui pourrait accélérer le mouvement ? La science, d’abord. Ne pourrait-on pas chercher d’autres moyens que ceux du soleil pour fusionner des atomes ? D’ailleurs, la science n’est que hasard. Il est probable que s’il y a solution, elle viendra d’où on ne l’attend pas. Mais, a-t-on encore des chercheurs, ou plus que de « l’intelligence artificielle » ?

Et il y a la concurrence. Pas celle des start up, qui n’ont probablement pas les moyens de réussir, mais celle des Etats. La coopération, surtout quand elle a pour raison l’économie (!), n’est pas une bonne idée. Les guerres ont fait des miracles pour l’avancée scientifique.

Le traité de Limerick

Qui a entendu parler du traité de Limerick ?

Louis XIV est en guerre contre l’Europe. Pour détourner l’attention de l’Angleterre il envoie quelques troupes soutenir les indépendantistes irlandais. Ils sont défaits. D’où le traité de Limerick. Les Révolutionnaires feront la même chose le siècle suivant. Avec le même résultat.

L’histoire de la France n’est pas celle que l’on ma enseignée. C’est une histoire de défaites. Il semble que, dans un premier temps, jusqu’à Louis XIV, elle se soit constituée en nation. Puis, lorsqu’elle n’a été plus préoccupée d’elle-même. Elle s’est lancée à l’assaut du monde qui l’entourait.

Réflexe naturel ? Après avoir éconduit les Musulmans, les Espagnols et les Portugais ont mis leur ardeur guerrière au service de la conquête du monde ? Idem pour les Allemands en 1970, et ensuite ?

(J’ai découvert le Traité de Limerick grâce à In our time, de la BBC.)

Transition en transition

Le problème est que, à mesure que les pays et les entreprises épuisent les moyens simples de réduction des émissions (le remplacement des centrales électriques au charbon par l’énergie éolienne et le gaz), toute réduction supplémentaire des émissions de carbone devient plus coûteuse et politiquement délicate. (Politico.eu ce matin.)

Comme dit dans un précédent billet, les gouvernements européen découvrent que leur transition climatique risque d’être extrêmement impopulaire, et ils la diluent de plus en plus fermement.

Ils n’ont pas compris le B A BA du changement : quand on veut faire changer quelqu’un, on doit partir de ses besoins perçus.

Aujourd’hui, nous menons le changement à la façon de quelqu’un qui achèterait une machine à laver et qui s’attendrait à ce que l’installateur démolisse sa cuisine si la machine n’entre pas. C’est ainsi que l’on gouverne les entreprises et les nations.

Ce blog propose de prendre les mesures de la cuisine avant d’acheter la machine. Autrement dit de concevoir des changements qui correspondent à la nature des organisations et des hommes. Cela éviterait que les changements échouent et que les hommes souffrent. (Changement.)

Au delà du bien et du mal

On nous dit souvent que nous ne devrions jamais rencontrer nos héros ; leur humanité brouillonne et imparfaite ne peut être qu’une amère déception. Ce serait la même chose si nous rencontrions ceux que nous appelons méchants : eux aussi sont d’une complexité frustrante, ont de multiples facettes, sont un mélange de bien et de mal que nous ne reconnaissons que trop bien en nous-mêmes. (Financial Times)

Enfin ? Le changement qu’attendait ce blog est en passe de se faire ? Chant du cygne de l’âge de la morale asphyxiante, âge extraordinairement « chiant » ? Notre « élite » découvre la complexité ?

Net Zero

L’Angleterre renonce à ses objectifs environnementaux. Elle ne sait pas les tenir sans mettre en péril sa population. Je lisais quelque-part que, en Allemagne, on démontait des éoliennes pour étendre une mine de charbon.

Exemple typique de résistance au changement ? Le moment où le changement conçu par des théoriciens rencontre la réalité, et s’effiloche ?

Paradoxalement, ce sont les méchants qui sont les seuls à être vertueux. Les entreprises grandes et petites s’engagent fermement dans la transition climatique, constaté-je, à la fois directement et indirectement. La contrainte et la subvention marchent.

Alors, si l’on ne veut pas que tout cela se termine par un zéro pointé, peut-être faudrait-il aussi prendre en compte la situation de la population ?

Comment peut-on être croyant ?

J’écoute parler de religions et de philosophie. Tout cela paraît souvent bien fantaisiste.

Mais y croit-on vraiment ?

L’homme, dans sa vie quotidienne, est mu par son instinct, me semble-t-il. Quel qu’il soit, pris en chasse par un taureau, il fait à peu près la même chose. Mais il y a aussi d’autres moments lors desquels son esprit est disponible. Par exemple lorsqu’il regarde un film ou lorsqu’il est en cours. Et alors, il s’évade de la réalité. Après avoir été ému par un beau sermon sur la fraternité, il ira massacrer son prochain sans aucune arrière-pensée.

Serait-ce le véritable sens du conte de la caverne de Platon ?

L’Ukraine attaque

Je lisais que l’Ukraine comptait traîner ses alliés en justice :

Kyiv plans to sue Poland, Hungary and Slovakia over their refusal to drop a ban on Ukrainian agricultural products (Politico.eu du 18 septembre)

Est-ce une façon de se comporter vis-à-vis de ceux qui vous aident ? Mais aussi : une fois de plus, l’UE donne l’affligeant spectacle de l’incurie ?

A moins que, au contraire, ce ne soit une saine réaction ? L’UE ne sera forte que le jour où ses membres défendront fermement leurs intérêts, et qu’ils seront assez déterminés pour faire passer l’Union avant eux. La démocratie c’est, avant tout, l’art de la négociation conflictuelle, pas de la bureaucratie institutrice ?

Le bio en déroute

Je lis que le bio ne se vend plus. Trop cher. (Et pas bon ?) J’entendais un producteur bio dénoncer Leclerc, qui veut vendre la baguette bio au prix de la baguette ordinaire. Car, alors, il n’est plus possible de payer l’investissement que demande le bio.

Le sociologue Robert Merton aurait dit que le producteur bio est victime d’un des biais qui fait échouer le changement : le ritualisme. Il pense que parce qu’il « fait bien », ses produits vont se vendre. Il n’intègre pas l’ensemble des contraintes de l’équation, en particulier le prix, et peut-être aussi le plaisir gustatif.

Curieusement, lorsque le producteur bio envisage une solution à ses problèmes, c’est souvent le lobbying, la manipulation des esprits, et la contrainte de la loi.

Si le bio a un intérêt, il y a de grandes chances qu’il se traduise en termes de prix. Il y a certainement de la lumière au bout du tunnel. Mais, pour y parvenir, il va falloir « changer de conduite » ?

Start up d’Etat

Naissance de la SUE. L’Etat veut encourager ses agents à créer des sociétés qui pallient ses faiblesses :

« construire des services numériques utiles, simples, faciles à utiliser afin d’améliorer le quotidien des citoyens, des entreprises et des agents tout en répondant à un haut niveau de standards techniques (impact, transparence, accessibilité, design, sécurité frugalité) ».

Voilà qui me plonge dans un abîme de réflexions :

  • L’Etat suit, avec beaucoup de retard, une mode générale : innovation = start up ? (A moins que ce ne soit « l’enrichissez-vous » du PC chinois d’antan à ses citoyens ?)
  • Je discutais avec un spécialiste de l’aide à la recherche de subventions, qui a pas mal de succès, mais qui constate que les procédures administratives sont kafkaïennes (l’un étant peut-être lié à l’autre ?). Une réponse ? Mais comment résoudre le problème au coup par coup, alors qu’il est général et que c’est tout l’Etat qui est victime d’un vice de forme ?
  • Etat d’apprentis sorciers, qui ont démoli leur outil de travail, et qui espèrent que les « mécanismes du marché » vont leur sauver la mise ?

PS. Souvenir de mon passé d’ingénieur. Un constructeur espérait que la robotique allait lui permettre d’assembler automatiquement les portes de ses voitures. Réponse des roboticiens : quand la conception est mauvaise, on ne peut rien faire. (De mon temps, on parlait de « design for manufacture »…)