Chaos européen

Poland’s anti-EU, populist PiS is hoping its visa corruption scandal will dissipate from voters’ minds before the country holds its general election on October 15 — and any reminder of the saga is electoral poison. But after months of an ugly election campaign spent slamming and insulting its international partners and neighbors, from Kyiv to Brussels and Berlin, there’s little appetite in any of those capitals to make concessions to Warsaw. (Politico.eu du 26 septembre)

It may not be Europe’s biggest country, but Slovakia’s election this weekend could see another pro-Russian, Euroskeptic join the leaders’ table alongside Hungarian Prime Minister Viktor Orbán. (Politico.eu de vendredi dernier)

L’Europe donne un étrange spectacle. La Pologne qui, hier, était férocement favorable aux Ukrainiens, semble les voir maintenant quasiment comme des ennemis. C’est, en fait, une question d’élections. Et les pays de l’Europe de l’est paraissent ne rien avoir à faire des règles du jeu de l’Union qu’ils ont rejoint.

Est ou Ouest, la crise est permanente, et on s’y est habitué. Le plus curieux est que, dans ce type de situation, le cynisme s’installe, sans que l’individu comprenne qu’il rit de son malheur.

Commencement

J’ai cru comprendre que le monde n’avait pas de commencement, ou de créateur, pour l’hindouisme.

Ce qui me semble une bonne idée.

La notion de commencement, comme tous les concepts que nous manipulons, s’éloigne à chaque fois que nous voulons nous en approcher. Quand commence une existence ? Qu’est-ce que la justice ? Une chaise ?…

Je soupçonne un biais de la raison, dont je parle dans « argument ontologique ». L’esprit crée des concepts et croit, parce qu’il les a créés, qu’ils existent. Mais non. Ils appartiennent à un autre univers que la réalité. Cet univers parallèle est notre espace de pensée. Il a avant tout une utilité pratique. Et il s’enrichit de nos expériences.

American crook

Plus Donald Trump est condamné, plus il a la côte. Il dépasserait maintenant régulièrement le président Biden dans les sondages. A tel point qu’il ne débat même plus avec ses concurrents républicains.

Lors de son élection de 2017, j’ai cité un sondage de sortie des urnes qui semblait dire que l’on avait voté pour lui, parce qu’il était incompétent.

Et si l’Américain l’aimait maintenant parce qu’il est un gibier de potence ? Après tout il y a eu des précédents dans l’histoire…

Vive le Mamelouk ?

Les Mamelouks, qui ont dirigé longtemps l’Egypte et lui ont laissé ses plus beaux bâtiments, étaient des esclaves. Mais des esclaves élevés pour être une élite. Ils ont fini par prendre le pouvoir. Ils ont géré leur pays d’adoption avec beaucoup de discernement.

Au fond, les Mamelouks et l’ascenseur social de la 3ème république, même combat ? Mais aussi les USA et l’Angleterre et leur élite dirigeante importée d’Inde ?

Une nation a besoin de se renouveler sans cesse ? Pour cela, elle a besoin de sang neuf ? Mais, le succès, une fois obtenu, corrompt, ammolit. Les Mamelouks ne donnaient pas le pouvoir à leurs enfants, ils en faisaient des fonctionnaires, des intermédiaires entre la population et le pouvoir…

(D’après In our time, de la BBC.)

Les phases du changement

Le sociologue Robert Merton est l’auteur d’un curieux modèle. Son idée est remarquablement simple. La société nous fixe des objectifs et des moyens pour les atteindre.

Si l’on accepte ce modèle, on débouche sur plusieurs possibilités :

  • Moyens et objectifs hors d’atteinte : repli.
  • Moyens, mais pas objectifs : ritualisme.
  • Objectifs, mais pas moyens : innovation (tricher).
  • Objectifs et moyens : conformité.

En observant les réactions humaines, je me suis demandé s’il n’y avait pas un autre moyen d’interpréter ce modèle.

Et si ces états correspondaient à une sorte de « pyramide de Maslow » du changement ? Tout en bas, l’individu pense « qu’il n’y arrivera pas ». A l’étape d’après, il est convaincu que tout ce qu’il fait est bien, qu’il n’a à se préoccuper de rien d’autre. Ensuite c’est l’ambition pure, la fin qui justifie les moyens. Finalement, l’ambition et l’éthique qui amènent l’individu à donner son meilleur.

Je soupçonne que c’est la société, qui, par sa stimulation, décide de l’état de l’individu. Tout en bas, c’est l’anomie. Tout en haut, l’équipe.

Farfelu ? En tous cas, difficile probablement à vérifier.

Lunettes décoratives

A un moment, il est devenu à la mode de mettre ses lunettes sur son crâne. Les femmes trouvent que cela fait chic, et les hommes pensent que cela cache leur calvitie.

L’autre jour, j’ai identifié une innovation : sur le sommet d’une tête, des lunettes qui visiblement n’étaient pas faites pour la vue, mais qui étaient assorties à une robe.

Voilà qui semble être le type de changement qu’a adopté la nature depuis la nuit des temps : elle semble sans arrêt trouver de nouveaux usages à ses « fonctions », si bien que, bien vite, la fonction initiale est oubliée.

Le sort des lunettes ?

Génial Shakespeare

C’est fatal. Quand on écoute la BBC, on ne peut qu’entendre parler de Shakespeare.

Etait-il génial ? Ce qui est frappant, c’est qu’il utilise le même procédé que Molière ou Corneille. Il doit produire, produire, produire. Alors, il cherche un thème, une histoire ancienne, et il la met au goût du toujours. Et, comme on le disait au temps où je programmais, il « pisse du code ». Il lui arrive, comme ce fut le cas pour Molière, de demander un coup de main d’un collègue.

Le génie est donc celui du temps. Selon les thèmes à la mode, l’oeuvre a de la profondeur, ou non. Quant à l’auteur, c’est un artisan. Tout son talent est d’exploiter au mieux les vents dominants. Ce qui est déjà beaucoup. Mais, sans ces vents, il n’est rien. Shakespeare n’est pas de notre temps.

Le fond et la forme

Je me souviens d’une remarque de Tocqueville, qui exprimait la satisfaction qu’il y avait à formuler une idée. Brassens ne disait pas autre chose, me semble-t-il. Le bonheur de l’artiste est celui de l’artisan ? Trouver, avec ses outils, un moyen particulièrement habile, de résoudre un problème pratique ? Le contentement du travail bien fait ?

Quand on la juge une oeuvre, ne tend-on pas à accorder trop d’importance au fond ?

(Ecrire un blog, ou le plaisir de raconter des histoires ?)

Le mal de notre temps

Je suis surpris de voir le nombre de gens qui se font photographier à côté d’un micro.

Je suis important, disent-ils, je suis un leader d’opinion.

Mais, en dehors de De Gaulle, quel leader d’opinion se fait photographier avec un micro ? Et, pour de Gaulle, c’était involontaire.

Un aspect curieux de la psychologie humaine est l’imitation. D’ailleurs, cela participe à un phénomène encore plus curieux. Les dominants tendent à affirmer qu’ils résultent de la sélection naturelle. Ils se montrent, avec l’idée que l’on va les admirer, et, donc, qu’on les laissera en paix. Or, c’est l’effet inverse qui se produit : moi aussi, j’ai étudié la philosophie, alors je veux faire des conférences, comme Sartre ! C’est injuste que je reste dans l’ombre !

L’imitation détruit ce que l’on veut imiter : quand tout le monde est « bac + 5 », le diplôme ne signifie plus rien. Et le talent est noyé, et ne sert plus à rien.

Comme semblent le dire les existentialistes, une saine occupation est de chercher ce qui nous rend uniques ? Inimitables ?