Esope a-t-il vécu ? se demandait In our time de BBC 4.
Victor Hugo, Molière, Shakespeare… ont besoin du passé pour le transformer, et le mettre au goût du jour, pour répondre à la demande de rêve du moment, qui obéit à des modes.
La faculté de l’humanité de transformer la vérité est surprenante. Qu’y a-t-il derrière Zorro ou des affaires du même genre ? Un fait divers, qui a généralement mal tourné. Mais qui a frappé les esprits. Qui a peut-être créé un « genre ». Et, ensuite, la créativité collective s’empare du sujet.
Si on croit les anthropologues, ce n’est pas la vérité qui compte, mais le mythe, car il a une fonction sociale.
Quant à Esope, c’était une sorte de fou du roi. L’esclave horriblement laid, mais qui a un esprit sans égal, et qui l’utilise pour dire, à ceux qui se croient maîtres, des impertinences désarmantes. Ses fables révéleraient la vérité « d’en bas », du petit peuple. Ce serait un coup de semonce contre l’hybris du puissant. Esope est d’utilité publique, particulièrement au temps de « l’élite » et de la « cancel culture ».
(Mais, il faut se méfier du mythe : en étudiant le changement, j’ai découvert plusieurs mythes, qui ne disent rien du changement, mais tout de l’idéologie de ceux qui les ont conçus.)