Egalité de puissance

Le concept « d’égalité » suscite des sentiments violents. Pour les Anglo-saxons, par exemple, c’est un mal français. Le Français veut raboter tout ce qui est grand et beau.

Rousseau a peut-être une solution au dilemme : il parle « d’égalité de puissance ».

Exemple : l’Ukraine ? Elle aurait dû être broyée par la Russie. Mais elle avait des alliés. Et la Russie, elle-même, n’est pas broyée, parce qu’elle a des alliés. Il en est de même de la Chine, qui a voulu imposer au monde son bon plaisir, en jouant sur sa puissance économique. Seulement, elle est aussi dépendante du reste du monde… (Et son économie semble extrêmement spéculative…)

L’égalité de puissance est une histoire de « relation », au sens premier du terme ? Une société réellement égalitaire serait-elle un « réseau » ?

Pékin, Paris

En 1907, il y a eu une course d’automobiles entre Paris et Pékin. Elle a été gagnée par un prince italien, à bord de ce qui ressemblait plus à un camion qu’à une voiture. Mais il n’y avait que 5 participants, dont un à abandonné, un autre a pris le train…

Date symbolique, car, à l’époque, la France dominait l’industrie automobile. Or, l’année suivante sortait la première Ford T.

En ces temps, 30% des voitures étaient électriques, et l’on pensait que l’électricité, silencieuse et non polluante, serait pour la ville, et l’essence pour les longues distances. Mais les USA sont devenus dominants, et, contrairement à l’Europe, ils étaient riches en pétrole…

(D’après une émission de BBC4 : The race to the future.)

Complexe d’infériorité

Je crois avoir compris ce que je trouve désagréable dans les relations humaines actuelles.

Implicitement, mon interlocuteur me prend pour un inférieur. Il projette sur moi son savoir, comme si j’étais un ignorant. Si bien que je dois absorber un cours, mal digéré, sur un sujet que j’étudie parfois depuis plus de vingt ans. Mais, que sais-je ? C’est pourquoi je l’écoute poliment. Quoi que, progressivement, un peu agacé.

En fait, le phénomène ne m’est pas propre. Je parle souvent d’un mathématicien, inventeur d’une branche des mathématiques, à qui le moindre « petit jeune » prétend faire la leçon. Ce qui se termine d’autant plus mal que notre mathématicien est corse…

Manifestation naturelle à une société d’individus ? Moins on a de culture, plus on l’étale ? Fameux effet Dunning-Kruger ? Qui a une explication ?

En tous cas, la technique corse n’est pas efficace. J’en ai trouvé une autre : lorsque je demande à mon interlocuteur comment il voit l’avenir, il est généralement beaucoup moins sûr de lui, et finit pas me demander de l’aide…

Changement et cerveau

On dit, et j’ai lu, que le cerveau serait capable de se reprogrammer. Apparemment ce serait faux. Ce que l’on avait attribué à de la reprogrammation serait en fait la stimulation (par apprentissage) de zones du cerveau « prévues à cet effet ». (Article.)

what is occurring is merely the brain being trained to utilise already existing, but latent, abilities.

University of Cambridge / Research

En science, comme à l’armée, ne pas obéir à l’ordre, avant le contrordre ?

A l’extrême droite, toute ?

Geert Wilders, homme d’extrême droite, gagne les élection néerlandaises en faisant un score exceptionnel. Une affaire d’immigration, apparemment.

On nous a dit que l’extrême droite était le mal absolu. Mais elle a l’air de s’implanter un peu partout. Et, curieusement, dans un pays aussi civilisé, aussi donneur de leçons, que la Hollande.

Pour le moment, elle ne semble pas à la hauteur de sa réputation. On n’entend guère parler du gouvernement Melloni, par exemple. Les démocraties sont des sables mouvants qui enlisent leurs gouvernements ?

Qu’est-ce qui les amène au pouvoir, d’ailleurs ? L’immigration, vraiment ? Il y a eu des temps de grande immigration, sans mécontentement. On a même appelé cette période « les trente glorieuses ». Peut-être, plus simplement, une dégradation des conditions de vie de la population ? Et l’appel à un candidat original comme M.Trump est efficace : il a amené M.Biden, qui a changé radicalement la politique démocrate.

En marketing, on dit que ce qui fait vendre est le besoin perçu, pas le besoin réel. Nos politiques feraient-ils bien de se demander ce que ressent l’individu au fond de sa caverne, plutôt que de chercher des idées dans les espaces sidéraux ?

Choix démocratique

Un coup d’oeil sur la fiche du nouveau président d’Argentine en fait un homme respectable : c’est un professeur d’économie. (Mais les universitaires sont-ils bien respectables ?)

C’était aussi un homme de télé. Souvent invité, et dont la caractéristique principale était d’être une « grande gueule ». Pour le coup, il ressemble à beaucoup de monde. Trump, Zelinsky, Zemour…

Coluche a fait des émules.

Peut-être faudrait-il se demander si nos démocraties fonctionnent correctement. Car elles nous donnent à choisir entre un inspecteur des finances – un homme d’appareil, et un clown ?

Taxonomie bis

Taxonomie et sa définition ont été l’objet d’un précédent article.

Ce mot est lié à un curieux incident. La découverte que, implicitement, beaucoup de gens pensaient que la « taxonomie » était une taxe ! Ce qui tuait dans l’oeuf les propos de mon interlocuteur qui expliquaient que c’était tout le contraire, puisque c’est le moyen qu’a trouvé l’UE pour orienter les flux financiers vers ce qui doit changer ! (Taxonomie signifiant « classification » des activités qui doivent évoluer.)

Ce type de méprise est probablement fréquent, et effrayant.

Je me demande s’il n’est pas lié à la « massification de l’enseignement supérieur ». La population a beaucoup de diplômes mais peu de culture. Du coup, on s’attend à ce qu’elle comprenne ce qu’on lui dit, alors que ce n’est pas le cas. En revanche, elle croit avoir compris, alors que ce n’est pas le cas.

Analyse juste ?

Flop du SPAC

The Spac bubble and bust is one for the history books

Financial Times du 25 Novembre

Le Financial Times parle d’amnésie. Effectivement, j’ai toujours vécu au milieu des bulles spéculatives. J’ai même fait ma thèse de MPhil en Intelligence Artificielle, elle faisait rage dans les années 80. C’était la « 5ème génération ». La dite thèse m’a convaincu que la bulle était vide, en dehors de ce que l’on appelle la « réalité virtuelle », dont une application était les icônes de mon Mac de l’époque, ou les calendriers tournants de nos téléphones.

Aux USA, il y a un mot pour ces crises collectives : « management fads ». Mais, en France, on les prend toujours pour argent content. Le plus surprenant est que là-bas, comme chez-nous c’est l’élite intellectuelle qui semble gober le plus facilement ces balivernes.

Au cours des ans, j’ai identifié deux hypothèses pouvant expliquer le phénomène :

  • Celle qui ressort de l’étude de la crise de 29 par J.K. Galbraith : la bulle spéculative est un jeu financier tout à fait rationnel.
  • Celle, qui n’est pas incompatible avec la première, selon laquelle l’escroc n’escroque que celui qui a envie d’être escroqué. Quand vous vous proclamez un génie certifié par l’Education nationale, en particulier, et que vous vous retrouvez à la tête d’une multinationale ou d’une nation sans savoir quoi faire, vous êtes certainement prêt à croire au père Noël. Ne serait-ce que parce que d’autres pourraient y croire, et que le temps qu’ils y croient, il peut arriver un miracle ?

Dangereux papillon ?

Une constatation surprenante : notre pays ressemble à nos PME.

Le propre de beaucoup de PME est d’être dans une situation précaire. La PME est souvent endettée et sans trésorerie. Elle se caractérise, aussi, par une forme de résilience curieuse, compte-tenu de sa fragilité, et, encore, par l’inexistence de la moindre volonté de sortir de cette situation.

Le consensus parmi les « professionnels de la faillite » (spécialistes du redressement d’entreprise, avocats, syndicats d’entreprises, juges…) est que la faillite de la PME est causée par un événement trivial. Une sorte de “battement d’aile du papillon”. On aurait pu et dû régler le problème immédiatement. Cela semblait facile. Mais, pour des raisons diverses, bizarres, on n’a pas agi à temps. 

La résilience doit tenir à ce qu’il y a finalement beaucoup d’aides pour les entreprises en difficulté, car l’entreprise, est, en elle-même, utile à la communauté, qui a conçu des dispositifs pour la conserver.

La France a tout de ce portrait. Elle est, même, moins bien gérée que nos PME. Elle est en déficit depuis des années, ce que l’on ne leur permettrait pas. Dans son cas, la résilience dont elle abuse tient peut-être à son histoire et à son possible pouvoir de nuisance. Mais l’Angleterre, qui n’a rien à lui envier, a bien failli partir en « tailspin » ces derniers temps. Par certains côtés, M.Poutine est moins dangereux que les marchés financiers, ils ne sont pas humains.

Devrait-on se méfier des papillons ?

Moyenne

Un service de météo présente la température du moment par rapport à celles qui ont été mesurées dans le passé. Surprise : il y a une dizaine de degrés entre les valeurs supérieures et les valeurs inférieures.

Dans ces conditions, on peut être au dessus de la moyenne, sans que cela produise un temps bien fantastique. La moyenne n’a pas d’intérêt ?

En revanche, ce qui manque à ces données, c’est un aspect statistique : sur l’étendue des températures, toutes sont-elles également possibles ? (Ce qui poserait la question de savoir si la moyenne est bien une moyenne.)