Doggerland

Il y a quelques milliers d’années, la mer était 120m au dessous de son niveau actuel. L’Angleterre faisait partie du continent.

Doggerland, les terres qui sont maintenant immergées, étaient probablement particulièrement propices à la vie humaine, ne serait-ce que parce qu’elle tend à se développer, comme aujourd’hui, sur les côtes.

Si bien qu’on a perdu une partie essentielle de l’histoire de l’humanité. Pendant longtemps l’archéologue a cherché ses clés à la lumière du lampadaire : il a étudié ce qu’il trouvait de traces humaines sur les terres émergées. Mais grâce à la prospection pétrolière, il découvre les fonds marins…

(Inspiré par In our time de la BBC. Wikipedia est faible sur le sujet, pour une fois…)

Yoga

Le Yoga, une « fake news » ?

Le Yoga d’origine était méditation. Le Yoga moderne viendrait de la gymnastique suédoise. Les armées européennes auraient adopté cette gymnastique, qui serait arrivée en Inde, via l’armée anglaise. Elle aurait été adoptée par les natifs, constatant qu’ils manquaient de vigueur, et qu’ils avaient besoin d’exercice.

Le « Made in India » se vendant bien, ils auraient exporté leur invention vers l’occident. Dans la même veine, le sanscrit qu’utiliserait notre Yoga serait fait de néologismes. (The secret history of yoga, BBC4, 2016.)

Une âme saine dans un corps sain ? Un peu d’exercice, un peu de méditation ?

Marguerite de Navarre

Grâce à In our time de la BBC, j’ai découvert Marguerite de Navarre. Soeur de François Ier, elle avait reçu une éducation rare pour une femme. Elle aurait écrit un ouvrage inspiré du Decameron, et des poèmes. Elle était aussi sensible aux idées de la Réforme, avait traduit Luther et était en correspondance avec lui. Elle est morte chrétienne, mais sa fille Jeanne d’Albret, la mère d’Henri IV, fut une fervente protestante, et même le chef du parti protestant. Continuité logique des idées de sa mère ?

Comme quoi, il y a peut-être eu un moment d’hésitation, avant que les opinions ne se figent en des partis ennemis ?

Terre et Voltaire

Voltaire aurait été l’inventeur d’une des plus grandes « fake news » de tous les temps. Contrairement à ce qu’il a écrit, et qui a été repris par de grands esprits, le Moyen-âge ne croyait pas la terre plate.

Il fut un précurseur de Boris Johnson. Comme Boris, il trahissait la vérité pour servir son combat. Celui de Boris était l’Europe, le sien l’Eglise. Deux représentants des ténèbres. Il aurait aussi inventé, pour faire bonne mesure, un Christophe Colomb, précurseur des Lumières.

Voilà un des bénéfices des « fake news » : depuis que l’on en parle nous-nous intéressons à la vérité. Mais pour combien de temps ? Et si les esprits éclairés qui les traquent, finissaient par découvrir qu’ils sont des émules de Voltaire ?

(Entendu à Science chrono de France Culture, samedi 24.)

Proximité

Dans ses travaux sur les « business clusters », Michael Porter dit que, pour se développer et embellir, l’entreprise a besoin d’un milieu favorable, le cluster, et qu’une de ses caractéristiques est la « proximité », condition nécessaire de la confiance, elle-même ingrédient critique du succès entrepreneurial.

Je ne sais pas trop ce que signifie « proximité », mais je constate qu’il y a quelque-chose de juste dans cette idée :

La France est caractérisée par un niveau de défiance extraordinaire. Une autre de ses caractéristiques est que l’on y tient des propos d’une bêtise stupéfiante (au sens où ils ne résistent pas à l’analyse). Or, effectivement, si l’on arrive à rapprocher les opposés, ils se transforment. Les autres, en nous forçant à ne pas sombrer dans la facilité, nous contraignent à utiliser notre intelligence ?

Seulement, comme dans la théorie de Michael Porter, notre paresse naturelle tend à nous faire repousser les autres, alors qu’ils sont bons pour notre santé ?

Peut-être qu’un scientifique trouvera un jour un moyen de mesurer cette proximité, indicateur de QI collectif ?

Comment être président

J’en suis arrivé à penser que notre constitution pourrait nous convenir. Charles de Gaulle avait peut-être vu juste. Et Emmanuel Macron pourrait être sa réincarnation. Décidément, je suis à contre-courant de la doxa ?

L’idée du général était que le président représentait l’intérêt général. Or, si l’on regarde l’offre politique actuelle, il est clair que, quoi que l’on en dise, M.Macron est de très loin le plus près de cette définition. D’ailleurs, il a vidé la gauche et la droite de leur centre.

Et, il me semble que c’est ce que cherche l’électeur. Sans, pour autant, vouloir donner au président un pouvoir de dictateur. (Il désire une monarchie parlementaire ?)

Cela pose cependant un problème pour la prochaine élection. Car ceux qui correspondent à cette description sont sans parti. Et ils risquent d’être plusieurs. Il y a donc de bonnes chances pour que les finalistes possèdent un parti. Et que nous soyons gouvernés par un sectaire ?

Raison et changement

Il y a des moments où l’on croit trouver la Lumière. C’est ce qui m’est arrivé lorsque j’ai écrit mon premier livre, il y a plus de deux décennies. A cette occasion j’ai fait une recherche biographique, de façon à le rattacher à des travaux antérieurs, et à expliquer ce que j’avais observé. J’ai eu la révélation de la systémique. Un phénomène surprenant : j’ai découvert des textes qui utilisaient les mêmes mots que les miens, alors que nous ne nous connaissions pas ! Je n’ai toujours pas compris comment cela est possible. Mais j’ai cru pouvoir marcher sur l’eau. Ce qui n’arrive pas souvent dans une vie.

J’ai, du coup, beaucoup lu, j’en suis revenu à l’après guerre, et même à l’avant guerre, qui a vu émerger le phénomène. Et il a fait naître des espoirs immenses ! Une science des sociétés, disait von Bertalanffy, était notre seule chance d’éviter un désastre final ! C’est à ce moment que j’ai découvert, par exemple, les limites à la croissance, ultime triomphe de la systémique.

Et j’ai cru au complot. L’intérêt myope d’une société devenue individualiste avait enterré la connaissance qui allait la sauver !

Mais, petit à petit, j’ai déchanté. J’ai pris conscience que cela ne « marchait pas ». Ce n’était que modélisations mathématiques qui ne décrivaient la situation qu’a posteriori. C’est à ce moment que j’ai découvert les sciences humaines, qui correspondent bien mieux à mon expérience, en particulier l’anthropologie anglo-saxonne, et la philosophie, qui est un effort maladroit de maîtriser la raison. J’ai aussi pris conscience de ce que la science n’était pas une parole d’autorité, comme on me l’avait fait croire, mais qu’elle était hautement faillible, et, souvent, sous influence. Et que tout le monde s’en moquait. La systémique a laissé la place à la complexité, mais pas à celle d’Edgar Morin, car la sienne est beaucoup trop mathématique à mon goût. Beaucoup trop « pensée simplifiante » dirait-il. Seulement au sentiment que le monde est « complexe », justement, et qu’on ne peut que le considérer avec stupeur et tremblements. Les Anglo-saxons disent « awe », Victor Hugo, « horreur ».

En fait la raison est incompatible avec le changement. La raison croit pouvoir « prévoir l’avenir », alors que le changement est révélation. Il crée les « lois de la nature », auxquelles il n’obéit pas. Pour bien aborder le changement, il faut adopter l’esprit de l’anthropologue !

Charles Magne et Platon

Etonnant ! François Châtelet le disait : la 5ème République ressemble à celle de Platon.

C’est l’histoire qui a exaucé les voeux de Platon. De la guerre a émergé des « gardiens ». Ils avaient, comme le désirait Platon, fait la preuve de leur dévouement à l’intérêt général.

Comme dans la République de Platon, dans ce monde il y avait une division des tâches propre à la monarchie, ou à la dictature de M.Poutine : d’un côté ceux à qui la république reconnaît la capacité de penser, et qui administrent la cité, de l’autre ceux qui vaquent à leurs affaires.

Mais cela ne signifie-t-il pas une anesthésie générale ? Anesthésie par le confort, « l’affluent society » de Galbraith ? Le grand Charles avait-il cette idée quand il a prétendu régler ainsi l’instabilité de la 3ème et 4ème républiques ?

Pour ces régimes, le danger, apparemment, est double. Soit la crise, rupture du contrat d’anesthésie. Soit un trop grand confort, comme en 68. Alors le peuple s’ennuie, et se prend à penser. Probablement mal, faute d’exercice. Or la pensée est l’ennemie du roi philosophe ?

Robber barons

Les USA ont eu leurs « Robber barons ». Vanderbilt, Gould, Rockefeller, Carnegie, et JP Morgan.

Ils ont profité de la gigantesque transformation des USA, basculant de l’agriculture à une super révolution industrielle. Leur fortune vient des transports, du rail en particulier, de l’acier, du pétrole et des fusions-acquisitions.

Pauvres et sans éducation, généralement, et sans scrupules, toujours. IIs étaient des malfrats, organisant des coups d’état, imprimant de fausses actions, corrompant le politique et la justice, livrant des guerres à leurs employés… Puis laissant leur argent à des oeuvres caritatives ! Culture protestante ?

Toujours est-il qu’ils ont construit une société qui est à l’envers de l’esprit que l’on attribue aux USA. En effet, s’ils cherchaient tous à créer des monopoles, c’est qu’ils avaient une peur bleue de la crise, qui ravageait à intervalles réguliers le pays. Ils voulaient stabiliser l’économie. Schumpeter n’a rien d’original. Et ils ont inventé le salariat ! Le Far west, ce n’était pas pour eux !

(The robber barons, une émission de la BBC, de 2016.)

Egalité de puissance

Le concept « d’égalité » suscite des sentiments violents. Pour les Anglo-saxons, par exemple, c’est un mal français. Le Français veut raboter tout ce qui est grand et beau.

Rousseau a peut-être une solution au dilemme : il parle « d’égalité de puissance ».

Exemple : l’Ukraine ? Elle aurait dû être broyée par la Russie. Mais elle avait des alliés. Et la Russie, elle-même, n’est pas broyée, parce qu’elle a des alliés. Il en est de même de la Chine, qui a voulu imposer au monde son bon plaisir, en jouant sur sa puissance économique. Seulement, elle est aussi dépendante du reste du monde… (Et son économie semble extrêmement spéculative…)

L’égalité de puissance est une histoire de « relation », au sens premier du terme ? Une société réellement égalitaire serait-elle un « réseau » ?