Hunter Biden

Le fils du président américain est poursuivi par la justice. Il risque des années de prison. Son avocat dit que s’il ne s’était pas appelé « Biden », on ne se serait pas intéressé à son cas. (Informations de BBC4, vendredi matin.)

Ce qui est probablement juste, et aussi vrai pour Donald Trump.

C’est en quelque sorte la rançon de la gloire. La roche Tarpéienne et le Capitole. La société pousse les gens célèbres à la faute. Mieux on réussit, plus on doit être vertueux !

Brexin ?

The European Union proposed delaying by three years tariffs on electric vehicles traded with the UK that are set to kick in on Jan. 1, in a win for carmakers that warned the rules would unnecessarily hurt their operations.

Bloomberg, mercredi

Les Anglais sont ennuyés par les droits de douane européens. Ils aimeraient bien qu’ils disparaissent, « dans l’intérêt général ». (La BBC, mercredi matin.)

C’est le même type d’argument qui faisait dire à Keynes que, dans l’intérêt général, il ne fallait pas punir l’Allemagne d’après première guerre mondiale, moteur économique de l’Europe ? (Alors que Clémenceau pensait que cette économie serait le moyen d’une nouvelle guerre.)

Apparemment, ils semblent obtenir des concessions de l’Europe. Vont-ils réussir, là où Lord Cameron a échoué : profiter des bons côtés de l’UE, sans pâtir de ses désavantages ?

(Et vont-ils être un Cheval de Troie pour la Chine, les batteries en question étant en grande partie faite de composants chinois ?)

La gloire de Platon

Des universitaires s’interrogeaient sur le succès de Platon, dont la République avait été un best seller, alors que les travaux d’Aristote avaient pourri dans un grenier.

L’explication me semble simple : Platon écrit des romans, et promet une révélation, comme Sartre, Aristote, des livres de cours, du sang et des larmes.

Eternel Platon, éternelle humanité ?

(Inspiré par le discussion de L’éthique à Nicomaque de In our time, de la BBC.)

Gangs suédois

Affaires étrangères de France culture parlait des « gangs » suédois. J’ai enquêté :

C’est le Far West. Wikipedia a même une page « Organised crime in Sweden ». La Suède serait devenue un des pays les plus dangereux d’Europe. Le taux de mort par arme à feu serait le second en Europe (à peu près dix fois ce qui se pratique en Angleterre ou Allemagne). Elle a dû faire appel à l’armée pour reprendre en main la situation.

Mais qu’arrive-t-il à cette si écologique et si civilisée Suède, volontiers donneuse de leçons de morale ?

On parle d’immigration. Mais le problème serait plutôt une question de pauvreté et d’inégalités, qui existent depuis suffisamment longtemps pour avoir fait toute une population à leur image. (Article du Guardian.) Le pauvre n’ayant pas d’espoir, se tournerait-il vers la violence ?

Apparemment, ce phénomène commencerait aussi à apparaître ailleurs en Europe.

La fin du monde aurait-elle fait oublier à la Suède la fin de mois ?

Utilitarisme

La théorie économique de l’utilitarisme veut que le meilleur des mondes soit celui qui maximise le bonheur de l’humanité. Sachant que celle-ci est faite d’individus et que le bonheur total est la somme des bonheurs individuels.

Cela a des conséquences curieuses. Par exemple, le vol est compatible avec ce modèle, pour peu qu’il provoque une grande satisfaction chez le voleur, et peu de réactions, chez le volé.

Comme souvent, en philosophie, les termes ne sont pas définis. Qu’est-ce que le bonheur ? Comment cela se mesure-t-il ? Par contre-coup est né le conséquentialisme : juger nos actes par leurs conséquences. Certes, mais comment les évaluer, jusqu’où faut-il porter le regard ?

Il serait intéressant d’examiner ce que l’on a appelé bonheur au cours des temps, et selon les classes et même les individus. La gloire militaire du noble, la bohème de l’artiste maudit, les erreurs de jeunesse qui sont nos meilleurs souvenirs, le bonheur sado-maso, les bonheurs inconnus que l’on veut révéler aux peuples asservis, le bonheur du martyr qui souffre pour ses convictions… Et aussi bonheur d’appartenir à un commando ou à une équipe sportive, de sauter dans le néant avec Heidegger, le bonheur comme élan collectif, bonheur totalement oublié par Jeremy Bentham.

Confirmation d’une idée de ce blog ? L’intérêt de la philosophie n’est pas la solution qu’elle donne, mais la question qu’elle pose ?

(As usual, inspiré par In our time, de la BBC.)

Changement en France

Il y a un phénomène dont on n’a pas beaucoup parlé.

Dans la France républicaine, l’instituteur avait pour mission de repérer un Albert Camus, et l’amener à faire les études auxquelles son milieu ne le destinait pas. Aujourd’hui, les jeunes des “territoires” ou des « banlieues » ne peuvent même pas concevoir de se présenter aux concours des grandes écoles. Jacques Attali a écrit, il y a déjà longtemps :

L’essentiel des élèves reçus aux grands concours comme ceux de l’École Normale Supérieure ou de l’École Polytechnique viennent d’une dizaine de lycées. En poursuivant jusqu’à l’absurde, on pourrait même sans doute établir que la majorité des élèves des plus grandes écoles françaises ont commencé leur scolarité dans une ou deux centaines de classes maternelles !

Qu’est-il arrivé ? Notre pays n’a plus rien à voir avec le projet républicain. Ce changement est-il passé par les urnes ?

Si l’on reprend le cours des événements, il y a eu le temps de l’économie triomphante, puis celui de la transition climatique. Deux temps d’intellectuels, sur le modèle de Platon ? L’intellectuel a raison. Pourquoi consulter le peuple ?

Thorstein Veblen

Je ne suis jamais parvenu à terminer The theory of the leisure class de Thorstein Veblen.

Pourtant c’est court et très bien écrit. Et Thorstein Veblen est un pionnier de l’anthropologie en économie, ce que l’on appellerait peut-être maintenant « économie comportementale », ce qui devrait me plaire. Mais ce qu’il écrit du parvenu américain me semble une caricature insupportable. C’est certainement juste, mais la façon de l’exprimer est insultante. Je préfère The house of mirth d’Edith Wharton, qui traite du même sujet, mais avec mesure.

In our time, de la BBC, m’a fait revoir mon jugement. La théorie de Thorstein Veblen s’en prend à un pilier de l’économie : l’utilitarisme. La « classe oisive » ne fait rien et, surtout, elle met un point d’honneur à cultiver l’inutilité, par exemple en faisant étudier à ses enfants le latin et le grec, ou en faisant des dépenses somptuaires. Ce qui l’inquiétait était les graves dysfonctionnements du monde qui l’entourait. Elle choquait sa culture d’immigré norvégien. Apparemment, il aurait inspiré les conseillers de Roosevelt.

Loi PACTE

Récemment, j’ai eu à relire la loi PACTE, de 2019.

J’ai regardé ce qu’en avait dit quelques journaux : fourre-tout ! Et, effectivement, qui en retient quoi que ce soit ?

Mais en regardant de plus près, j’ai vu autre chose. L’idée que l’on avait une idée fausse de l’entreprise. Voici, en substance, ce qu’il me semble y voir. L’entreprise n’est pas marxiste. C’est un être estimable, dont on a besoin.

La loi a deux aspects : elle veut libérer l’entreprise des chaînes du coupable, pour qu’elle croisse et embellisse et devienne une ETI qui fait la fortune de l’Allemagne, et elle veut révéler son humanisme : désormais, elle sera « à mission », RSE.

Pourquoi ne pas s’être exprimé simplement ? A bon entendeur, salut ?

(En fait, l’idée qui semble présider à PACTE est apparue dans ce blog, il y a au moins une décennie : elle a émergé à l’époque du libéralisme économique triomphant. Puisque l’entreprise dirigeait le monde, il fallait, aussi, qu’elle en soit responsable. Décidément, notre gouvernement est toujours en retard d’une guerre ? )

Vision

On parle de la « vision » des robots. Mais que « voit » un robot ? Un robot n’est que capteurs, et algorithmes qui exploitent les données qui leur parviennent. Et cela donne des résultats plus ou moins bons.

On pense que le monde est ce que l’on voit, mais il est perçu probablement extrêmement différemment par ce qui le constitue. En imaginant que le monde de la chauve-souris soit fait d’objets, il n’est pas certain que ce soient les mêmes que les nôtres, et qu’un Einstein de leur espèce modélise ce monde de la même façon que le nôtre. D’ailleurs, peut-on parler de « monde » ?

Méfions-nous de la métaphysique ?

Opinions de la BBC

La BBC a eu récemment des ennuis. Le gouvernement anglais considère le Hamas comme terroriste, mais pas la BBC.

Autre fait curieux, Jeremy Corbin, l’ancien dirigeant du parti travailliste, serait considéré comme antisémite. Keir Starmer aurait dû désinfecter le parti. Curieux venant d’un militant gauchiste qui ne semble pas avoir évolué depuis les origines ?

On écrit que la gauche est victime de « sinistrisme« . Elle et ses idées dérivent vers la droite.

Mais, dans ce cas, il semble que c’ait été le contraire. Non seulement elle tend à assimiler Israël et l’Allemagne de la guerre, mais elle traite le petit peuple de « bourgeois », et l’a abandonné à son triste sort.

Ce blog tend à avoir des explications pour tout, mais là ? Mal de l’intellectuel, qui ne connaît pas la mesure ? Et qui confond un simple pêché avec un vice mortel ? Volonté de puissance ?… Mystère.