Egypte

L’Egypte va mal. Un population de 108m de personnes, qui croit de 2% par an, le tout sur un timbre poste de fertilité. Elle empile les dettes. Les puissances du Golfe, loin de l’aider, sont devenues prédatrices, et lui prennent le peu qu’elle a d’actifs de valeur. Ce qui lui reste d’économie est aux mains des militaires. (Un moyen de leur éviter d’avoir envie de renverser leur confrère au pouvoir ?)

En fait, son gagne-pain serait Israël et les conflits locaux. Depuis les années 70, elle se retrouve régulièrement dans sa situation actuelle. Et elle profite de la crise du moment pour faire effacer son ardoise…

Des étrangetés de la complexité du monde !

(Ce que j’ai retenu d’une émission d’Affaires étrangères, de France Culture.)

Bonne santé

J’entendais l’autre jour que la dégradation des conditions climatiques causait des morts prématurées.

J’ai pensé que c’était un bon sujet d’étude. Qu’est-ce qui cause des morts prématurées ? Comment intervenir pour améliorer les choses ?

Peut-être cela nous amènerait-il à nous interroger sur la pauvreté et les guerres ?

Essai et erreur

In collaboration with researchers at the Universities of Kent, Oxford and Liverpool, the MRC Toxicology Unit team tested for evidence of the production of ‘off-target’ proteins in people who received the mRNA Pfizer vaccine against COVID-19. They found an unintended immune response occurred in one third of the 21 patients in the study who were vaccinated – but with no ill-effects, in keeping with the extensive safety data available on these COVID-19 vaccines.

Université de Cambridge

Autrement dit, les vaccins à ARN messager n’étaient pas tout à fait au point. Comme en informatique, il y avait un « bug ». Il serait réparé.

When the ribosome is confronted with a string of these modified bases called N1-methylpseudouridine in the mRNA, it slips around 10% of the time causing the mRNA to be misread and unintended proteins to be produced – enough to trigger an immune response. Removing these runs of N1-methylpseudouridine from the mRNAs prevents ‘off-target’ protein production.

La devise de la médecine : ce qui ne tue pas renforce ?

Etat du monde

La France va mal, mais elle n’est pas seule. C’est peut-être l’originalité de notre temps.

Dans le passé, il semble qu’il y ait eu des empires qui dominaient le monde et avaient longtemps le vent en poupe. Aujourd’hui l’Etat ressemble à une entreprise, il est en permanence au bord de la faillite. L’Angleterre est pitoyable, l’Allemagne s’est jetée, avec entrain et discipline, comme elle a toujours su le faire, dans la gueule du loup, la Suède est en proie aux gangs, l’Italie paraît anarchique, mais, comme l’Inde, elle l’a toujours été, l’Espagne ne s’est pas redressée d’une bulle spéculative, la Chine est un colosse au pied d’argile, la Russie, la Corée du Nord, l’Iran ne sont plus que des pouvoirs de nuisance…

Nous sommes en fin de cycle. Le modèle dialectique de Hegel semble approprié pour décrire le changement. Après la première guerre mondiale, il y a eu une sorte de chaos démocratique, puis est arrivée son antithèse, la technocratie. Le « libéralisme », de gauche et de droite, s’y est substitué. Aujourd’hui il est à bout de souffle. Si Hegel a raison, le monde de demain sera l’antithèse du monde d’aujourd’hui. Ce qui ne dit ni ce qu’il sera, ni comment on y arrivera…

Le sens des réformes

La France ? Son Etat est ridicule, son économie démontée, chaque entreprise se voit l’ennemie des autres, ses territoires et ses banlieues sont « désertifiées », etc.

Tentative d’explication :

Terme d’un long processus de transformation de la nation. Réforme après réforme, en catimini, la société technocratique et paternaliste d’après-guerre a été sabordée. Nos réformateurs ont créé une société d’individus. Seulement, les « individus » ne sont pas au rendez-vous !

Le Français attend, toujours, tout de l’Etat. De ce fait, l’Etat qui s’est privé de ses moyens d’action et comptait sur l’initiative individuelle pour les remplacer est dysfonctionnel. Ce qui conforte l’individu dans sa passivité : la culpabilité de cet Etat inefficace n’est-elle pas patente ?

Le réformateur a fait une erreur « systémique ». Il a construit un monde dont la logique est l’initiative individuelle. Seulement, pour réaliser son potentiel, l’individu a besoin d’être porté par une équipe, par son « milieu ». Paradoxe ! En attendant, il s’agrippe à ce qui reste de l’Etat. 

Le libéralisme, Mme Thatcher, ce n’est pas zéro société, c’est plus de société !

Politique

L’autre jour, le ministre anglais de l’immigration donnait sa démission, et envoyait une lettre désobligeante à son premier ministre, dont il avait pourtant été proche.

Les rats quittent le navire, disait, en substance, un commentateur de la BBC. Les conservateurs savent qu’ils vont à la défaite. Les ambitieux ne veulent pas y être associés. On se croirait en France.

Paradoxe de la politique. L’élu devrait servir l’intérêt général, alors qu’il semble, bien plus que le commun des hommes, être uniquement concerné par le sien. Qu’est-ce qui ne va pas, dans nos démocraties ?

En revanche, Rishi Sunak semble calme dans la tempête. Quand on est certain de son destin, l’intérêt personnel ne compte plus ?

Derrida

Qu’a dit Jacques Derrida ? Une émission de la BBC se penchait sur son cas. Mais je n’en sais pas beaucoup plus sur lui, après l’avoir écoutée. (Post Truth and Derrida, 2020.)

Son heure de gloire fut une attaque du structuralisme, alors dominant. Derrida semble avoir montré qu’il était construit sur une contradiction. Curieusement, le peu que j’ai compris du raisonnement semble dire que tout est construit sur une contradiction ! En conséquence, on ne peut croire à rien. Il servirait de justification aux apôtres modernes de la « post vérité ». Un comble.

Une remarque inattendue, venant d’Anglais, évoquait son passage de l’agrégation. En me renseignant chez wikipedia, j’ai découvert que Derrida n’était pas l’habituel fort en thème. Il lui a fallu trois fois pour entrer à Normale sup et deux fois pour obtenir l’agrégation. Son oeuvre serait-elle un règlement de compte avec son sujet d’étude ?

Ce que je lis ailleurs est qu’il en aurait voulu particulièrement à l’Occident, qui se veut universaliste alors qu’il est implicitement fondé sur des vices que la morale réprouve. Décidément, aurait-il eu lui même quelque préjugé, un compte à régler ?

En fait, sa technique ne semble avoir rien de neuf : Derrida ou Descartes et Husserl pour les nuls ? En revanche, il aurait été de son temps, et avoir exprimé la révolte des enfants occidentaux contre leurs parents que fut probablement 68. Et il a certainement touché juste, en dénonçant de vieilles barbes, qui se prenaient au sérieux. Et il nous a rendus méfiants. Les belles théories ne cacheraient-elles pas quelque intérêt personnel ? A commencer par les siennes ?

Rwanda

Depuis déjà pas mal de temps, le Rwanda est le « soap opera » anglais.

En Angleterre, comme ailleurs, l’immigration est un sujet explosif. Le gouvernement du pays avait trouvé l’idée d’envoyer ses immigrés au Rwanda. Seulement, la justice s’y oppose. Et l’affaire commence à coûter une fortune à l’Etat. Si bien que certains envisagent de passer outre.

La justice peut-elle s’opposer à la volonté populaire ? Mais elle est, elle-même, son émanation.

Le problème serait-il plutôt « politique » ? Le politique ne sait que prendre des décisions à l’emporte-pièce, qui ne sont pas compatibles avec la complexité d’une démocratie ?

Hunter Biden

Le fils du président américain est poursuivi par la justice. Il risque des années de prison. Son avocat dit que s’il ne s’était pas appelé « Biden », on ne se serait pas intéressé à son cas. (Informations de BBC4, vendredi matin.)

Ce qui est probablement juste, et aussi vrai pour Donald Trump.

C’est en quelque sorte la rançon de la gloire. La roche Tarpéienne et le Capitole. La société pousse les gens célèbres à la faute. Mieux on réussit, plus on doit être vertueux !

Brexin ?

The European Union proposed delaying by three years tariffs on electric vehicles traded with the UK that are set to kick in on Jan. 1, in a win for carmakers that warned the rules would unnecessarily hurt their operations.

Bloomberg, mercredi

Les Anglais sont ennuyés par les droits de douane européens. Ils aimeraient bien qu’ils disparaissent, « dans l’intérêt général ». (La BBC, mercredi matin.)

C’est le même type d’argument qui faisait dire à Keynes que, dans l’intérêt général, il ne fallait pas punir l’Allemagne d’après première guerre mondiale, moteur économique de l’Europe ? (Alors que Clémenceau pensait que cette économie serait le moyen d’une nouvelle guerre.)

Apparemment, ils semblent obtenir des concessions de l’Europe. Vont-ils réussir, là où Lord Cameron a échoué : profiter des bons côtés de l’UE, sans pâtir de ses désavantages ?

(Et vont-ils être un Cheval de Troie pour la Chine, les batteries en question étant en grande partie faite de composants chinois ?)