Puissant Iran

Curieux : des pays comme l’Iran ou la Corée du nord semblent faméliques, et pourtant, ils font jeu égal avec les USA. La jadis formidable URSS n’est, même, rien sans eux.

Mais, au fond, c’est, peut-être, justement, le même phénomène que celui qui rendit si redoutable l’URSS ? Un château de cartes tenues ensemble par une peur viscérale de l’autre ? Ce qui l’amène à créer une élite de combattants extrêmement efficaces. Et ce d’autant que la plupart des armes modernes ne demandent pas beaucoup plus de talents que ceux du « bricoleur professionnel » ?

Quant à l’Occident, il est surtout préoccupé de soi ? Du coup, son armée n’est que le cadet de ses soucis. Il lui consacre l’équivalent du pourboire du milliardaire et ses laissés pour compte ?

Vertus démocratiques

Les ventes de véhicules électriques au particulier sont en baisse, disait la BBC, ce matin. Globalement, les ventes sont portées par les achats des entreprises.

On découvre qu’il est beaucoup plus facile de faire obtempérer le « grand capital » que l’individu.

Peut-être est-ce pour cela que l’on a inventé la démocratie ? Si l’on avait dû voter pour un grand plan européen de transition climatique, peut-être que nos élus auraient pris la peine de consulter au préalable la population pour savoir comment rendre les mesures acceptables ?

Leçon de conduite du changement ?

PS. Après avoir écrit cet article, j’ai lu ceci dans la Tribune :

En Allemagne, l’attrait pour les voitures électriques diminue depuis plusieurs mois. Un mouvement amplifié par l’arrêt des subventions depuis décembre. Une tendance baissière qui se diffuse jusque dans les discours des constructeurs.

Moyen Attal

Gabriel Attal oriente sa politique vers les classes moyennes pour contrer le RN

Le Monde du 31 janvier

Voilà qui est original. Le gouvernement découvre qu’il doit « orienter » sa politique vers la majorité. Et ce qui lui fait prendre conscience de cela, c’est que cette majorité est tentée par un extrémisme sans lien apparent avec son statut intermédiaire.

Jusque-là, on parlait plutôt de minorités. Ce qui était aussi original. Car, le projet républicain était l’intégration : qu’il n’y ait pas de minorité. Que tout le monde profite de la prospérité commune.

A moins que ceci n’ait froissé les intérêts d’une minorité particulière ? Celle que l’on nomme les « oligarques » ? Et qui, en faisant de son intérêt un universel, a réalisé un effet qui le renforçait : diviser pour régner ?

Paisible Espagne

La récente élection en Espagne est donc bien plus qu’un simple passage de témoin entre deux législatures. C’est un intranquille changement d’époque qui, en voulant enfin refermer des plaies douloureuses, vise à parachever la réconciliation entamée par la transition de 1978.

L’Espagne et l’amnistie

Que se passe-t-il en Espagne ? On a entendu dire que, pour occuper le pouvoir, le parti socialiste a promis l’amnistie aux indépendantistes catalans. Et depuis ?

Pas grand’ chose : on s’interroge sur la constitutionnalité de la dite amnistie. Il y a du pour, et du contre.

L’article pense que l’Espagne a emprunté la voie de la sagesse. En tous cas, je constate que, comme beaucoup d’autres Etats, s’y sont développées des forces centrifuges. Avons-nous vécu un temps de laisser-faire où les mécanismes de cohésion sociale se sont relâchés ?

Avec philosophie

Sur le tard, je me suis intéressé à la philosophie.

Drôle de chose que la philosophie. Notre société considère les étudiants de philosophie comme des égarés, alors que le diplômé de philosophie est révéré, comme une autorité. La cohérence n’est pas le propre de l’homme.

Philosophie, art de la sagesse ? Les philosophes sont incompréhensibles et se critiquent les uns les autres. D’ailleurs, si on les adore, qui les lit ? Quelle influence ont-ils sur la vie de la plupart d’entre-nous ? (Heureusement ?)

Et, parlent-ils de nous ou d’eux-mêmes, êtres élevés hors sol ? Et si leurs théories complexes n’étaient qu’une rationalisation de la façon dont ils aimeraient que la société les laisse vivre ? Et si, derrière toute leur abstraction, si séduisante pour le néophyte, il n’y avait que des réalités banales ?

Toutes ces réflexions m’ont amené à un paradoxe. L’erreur philosophique est productive. Elle offre un excellent exercice à l’esprit. L’exercice de la critique « constructive ». Celui de la liberté ?

Police numérique

Après plusieurs drames, l’opinion anglaise semble réclamer de plus en plus bruyamment que la jeunesse soit protégée d’internet, ses applications et réseaux sociaux.

Ce qui paraît naturel. La loi s’applique partout, pourquoi pas à Internet ? Et, on considère que l’enfant, jusqu’à sa « majorité », doit vivre sous tutelle. Et cela parce qu’il est en « formation », donc influençable.

On dit qu’Internet a été une expérimentation. Sa version actuelle est l’oeuvre de libertaires. Ils pensaient que l’homme vit mieux sans lois. Et qu’Internet le démontrerait. Et qu’Internet deviendrait le monde réel. La masse bêlante serait alors bien obligée de se convertir. Et ces libertaires étaient nos dirigeants ?

Internet ou le changement par les voies détournées de la « soft power » ?

Les hasards du changement

Israël sait qu’il se sauvera uniquement par sa vitalité viscérale. Une énergie d’un peuple qui ne tient pas en place, et qui n’a jamais été capable ni désireux de se tenir à une place qui lui aurait été assignée. Cette vitalité dérange le monde, l’agace. Non seulement nos échecs et nos erreurs, mais aussi nos succès et nos réussites suscitent hostilité et jalousie.

Israël, la compassion perdue

Un article qui rejoint ce que je dis de la France d’ordinaire : Israël est entre deux eaux. Peut-être est-ce le cours inévitable des choses ? Des forces centrifuges se sont développées en son sein et la menacent de dislocation.

Son avenir se joue-t-il à pile ou face ? J’en suis arrivé à penser que les nations, comme les entreprises, ne disparaissent pas facilement. Il existe des mécanismes qui semblent assurer le statu quo. Simplement parce qu’elles ont une utilité pour l’humanité. Pour autant, cela leur laisse la possibilité de se transformer en bien ou en mal. Responsabilité collective.

Ressentiment

Une émission traitant de Nietzsche parlait de « ressentiment ».

Je me suis demandé si ce n’était dans l’air du temps. Le clan qui s’oppose à l’Occident semble être celui du ressentiment. La fameuse jalousie française, son égalitarisme, est-elle aussi un ressentiment ?

Pour Nietzsche, les êtres de ressentiment sont une race d’homme pour qui « la véritable réaction, celle de l’action, est interdite et qui ne se dédommagent qu’au moyen d’une vengeance imaginaire. »

Ressentiment de wikipedia

Pour Nietzsche, le ressentiment serait un aveu d’impuissance. Le sentiment de ne pas pouvoir corriger un tort que l’on nous a fait. Ce qui ne mettrait pas M.Poutine parmi ceux du ressentiment ? Quoi que. Il en veut à l’Occident, mais s’en prend à l’Ukraine, qu’il pense facilement écrabouiller. Et il se garde bien de menacer les USA.

Comme le dit Martin Seligman, le champion est stimulé par le revers. Cela le pousse à se transcender. Définition même de l’optimisme. Le ressentiment est une forme de dépression ? « Learned helplessness », dit-il.

Guerre

Dimanche matin la BBC semblait considérer hautement vraisemblable que l’Angleterre soit en guerre avec la Russie dans les trois ans à venir. Malheureusement ses forces armées ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes.

Il en est de même de la France. La vie est peut-être toujours faite de deux phases : l’une lors de laquelle on se laisse aller, et l’autre où l’on découvre, mais un peu tard, les raisons qui font qu’on n’aurait pas dû le faire ?

Toujours est-il qu’à en juger par les mails que je reçois, l’histoire se répète. La Russie a une cinquième colonne en France. Elle est convaincue que notre véritable ennemi est américain et que M.Poutine ne nous veut que du bien. Mais, peut-être est-ce la force des démocraties ? C’est parce qu’elles prennent tous les risque et acceptent toutes les opinions qu’elles permettent à un élan vital insubmersible de s’exprimer ? La contrainte stimule le génie ? Ce qui ne tue pas renforce, la devise de la démocratie ?

Et l’espoir fait vivre ?

Validation sociale

Les agriculteurs anglais ne devraient-ils pas manifester ? se demandait Farming today, de la BBC, jeudi dernier. L’agriculteur continental s’agite beaucoup, alors que l’Anglais aurait les mêmes motifs de mécontentement que lui.

Réponse : nous ne voulons pas ternir notre image auprès du public.

Les agriculteurs européens ont, eux, une bonne image de victime, pourquoi pas les Anglais ? D’ailleurs, on manifeste fermement un peu partout en Angleterre, écoles, transports, hôpitaux… Cela ne semble pas étranger à la culture locale.

Je me demande si une explication ne pourrait pas tenir à la façon dont l’individu se perçoit. L’Anglais agriculteur se croit un gentleman farmer, le Français, un forçat ?