L’autre jour, un présentateur des nouvelles de la BBC insistait bien lourdement sur le fait que la température était 1,5° plus haute qu’il y a quelques temps. Monsieur Hollande dirait que le réchauffement climatique, c’est maintenant.
Ce qui m’a rappelé les propos d’une militante du climat, déconcertée par le fait que personne ne semble être au courant de ses dangers, alors que l’on n’arrête pas d’en parler.
Et si c’était, justement, parce que l’on en parle tant que l’on n’écoute plus ? Plus on en parle, moins le message est pris au sérieux ?
Après tout, on nous a raconté beaucoup de choses. Dans ma jeunesse, par exemple, on ne parlait que des vertus du progrès technique et scientifique. Un temps on a dénoncé la science, puis, récemment, le scientifique est devenu figure d’autorité. On a parlé de l’union libre, puis, les mêmes, du mariage pour tous. Et je ne vous parle pas des bénéfices d’internet, qui sont devenus terreur millénariste. Et ainsi de suite. Résultat, bien compréhensible : « cause toujours, tu m’intéresses » ?
(Au sujet de la science, j’entendais Foucault parler de la folie : la prétendue autorité de la science qualifie l’homme de fou, et l’enferme. Et je pensais aux disciples modernes de Foucault, qui s’affirment scientifiques, donc figures d’autorité, devant nous dicter notre conduite.)