Age du capitaine

L’autre jour, la BBC avait organisé en urgence une émission (Americast) traitant de la sénilité du président des USA.

Il faut dire que les démocrates ont trouvé habile, pour juger d’une affaire qui concernait M.Biden, de faire appel à un homme de l’administration Trump, qu’ils avaient licencié lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir. (La sénilité serait-elle contagieuse ?)

Ces malades qui nous gouvernent ? Mais est-ce rassurant de savoir que M.Trump pourrait à nouveau diriger l’Amérique ? Et que dire de la plupart des prétendants à la présidence de notre république qui ne font qu’arpenter les plateaux télévisés ? Et, même, Napoléon, que l’on dit génial : il faisait tuer chaque année un pour cent de la population française, et, pour faire bonne mesure, un nombre au moins équivalent d’Européens ?

La constitution des USA s’est inspirée des idées de Montesquieu pour retirer au pouvoir central la capacité de devenir une dictature. Sage mesure ? Et des mérites de la sénilité du capitaine ?

Tout, tout de suite

On me parle de gens qui « veulent tout tout de suite », qui font de tout une question de vie ou de mort. Par exemple de la transition climatique. Et qui ne sont pas loin d’être malades de leurs échecs. Ce qui rend difficile la vie de leurs proches, de surcroît.

La solution à leur mal me semble être de comprendre la nature du changement. Ou, plutôt, la nature du monde. Le monde est « complexe », au sens d’Edgar Morin. Ce qui signifie que le changement ne peut se faire en un claquement de doigts (ce que semble avoir oublié Edgar Morin).

Pourquoi est-il complexe ? Parce que le monde est fait de beaucoup d’hommes qui ont leurs propres problèmes. Tous ont un rôle important dans la marche de l’humanité. Et s’ils ne décident pas d’adopter le changement, il ne se fera pas.

Pour le réussir, il faut donc commencer par les comprendre. Et c’est en travaillant avec eux que l’on peut avoir l’idée d’un projet qui va mettre en marche la société.

Pathologie de l’individualisme ? L’enfer, ce n’est pas l’autre, comme le pensent ces gens. Au contraire. Ils doivent se réconcilier avec l’humanité. Aime et fais ce que tu veux ! Une bonne nouvelle.

Prêche et désert

L’autre jour, un présentateur des nouvelles de la BBC insistait bien lourdement sur le fait que la température était 1,5° plus haute qu’il y a quelques temps. Monsieur Hollande dirait que le réchauffement climatique, c’est maintenant.

Ce qui m’a rappelé les propos d’une militante du climat, déconcertée par le fait que personne ne semble être au courant de ses dangers, alors que l’on n’arrête pas d’en parler.

Et si c’était, justement, parce que l’on en parle tant que l’on n’écoute plus ? Plus on en parle, moins le message est pris au sérieux ?

Après tout, on nous a raconté beaucoup de choses. Dans ma jeunesse, par exemple, on ne parlait que des vertus du progrès technique et scientifique. Un temps on a dénoncé la science, puis, récemment, le scientifique est devenu figure d’autorité. On a parlé de l’union libre, puis, les mêmes, du mariage pour tous. Et je ne vous parle pas des bénéfices d’internet, qui sont devenus terreur millénariste. Et ainsi de suite. Résultat, bien compréhensible : « cause toujours, tu m’intéresses » ?

(Au sujet de la science, j’entendais Foucault parler de la folie : la prétendue autorité de la science qualifie l’homme de fou, et l’enferme. Et je pensais aux disciples modernes de Foucault, qui s’affirment scientifiques, donc figures d’autorité, devant nous dicter notre conduite.)

Trump la menace

M.Trump semble avoir le vent en poupe. Serait-ce le résultat d’un phénomène qu’aime tant ce blog : « l’énantiodromie » ? En l’attaquant, les démocrates ont pensé l’abattre, alors qu’il lui ont fourni ce qu’il aime le plus : une scène de concert ? Il est en représentation permanente.

Le plus surprenant est que M.Biden ne semble pas aimé. J’avais lu pourtant qu’il existait une sorte de théorème de la politique : si vous présidez un pays en croissance, vous êtes réélu.

En fait, le problème n’est peut être pas tant Trump et Biden, que le désert de la politique américaine. Il est probable que personne ne ferait mieux qu’eux.

Qu’est-il arrivé ? Comment expliquer une telle perte de contact avec les aspirations de l’électeur ?

L’aveugle et le paralytique

M.Biden fait l’objet d’une enquête. On aurait retrouvé chez lui des documents secrets.

Hier, j’entendais que ceux qui avaient chargé de l’enquête le disculpaient mais faisaient remarquer ses trous de mémoire.

Le procureur spécial Robert Hur, chargé d’enquêter sur des documents classifiés indûment détenus durant des années par le démocrate, a décidé de ne pas l’inculper. Pour justifier sa décision, il explique n’avoir pas réuni suffisamment d’éléments. Et pointe aussi la mémoire défaillante du président américain, candidat à sa réélection.

Le Monde

Les USA et la démocratie, d’une manière générale, sont sujets à de curieux phénomènes. Ils nous donnent, bien souvent (presque toujours ?), le choix entre la peste et le choléra.

(Ce qui rend fort une démocratie n’est pas son gouvernement, mais elle-même ? La définition de démocratie : gouvernement par le peuple ?)

Intelligence spéculative

Big tech strives to satisfy investor hunger for AI profits

Financial Times de samedi

Depuis quelque temps, je lis que la valeur de l’action Microsoft croit vigoureusement. Explication : le bruit de l’intelligence artificielle.

On s’est interrogé sur la rationalité du marché financier. Il semble qu’elle soit là. De temps à autre émerge un mot, « intelligence artificielle » par exemple. Il n’a aucune signification, sinon qu’il y a de l’argent à gagner, façon ruée vers l’or. Il faut être présent au bon moment, mais pas trop longtemps. Car la bulle finit rapidement par éclater.

Un métier à inventer ? Ou du moins à faire sortir de l’artisanat ? Souffleur de bulle ?

Gnosticisme

Découverte récente : le Gnosticisme. Un courant de pensée des début du christianisme. En ces temps, il y avait de multiples évangiles. La religion chrétienne aurait pu aller dans beaucoup de directions. Pourquoi a-t-elle choisi celle qu’elle a empruntée ?

Le Gnosticisme a quelque-chose de séduisant. Par certains côtés, il ressemble à mon expérience. Il dit que nous naissons dans un monde corrompu. Mais que nous sommes à l’image du vrai dieu, et que nous pouvons nous « éveiller ». Eveil par la « connaissance » (gnose). Cela fait aussi penser au Bouddhisme et aux Lumières.

Pour le reste, cela ne semble pas trop de notre temps : il s’agit de s’extraire du monde matériel, pour ne plus être qu’esprit.

La fabrique de la crise

Dans ma jeunesse, on parlait sans cesse de crise. J’ai vécu dans la crise. Curieusement, nous traversons une crise, mais nous n’en parlons pas.

Jadis on disait, aussi, que la crise était financière. C’était le sujet d’étude des meilleurs économistes. Le sujet a été oublié.

En examinant notre situation (voir billets sur l’Espagne et Israël), je me demande si la crise est réellement économique. Si le mécanisme à l’oeuvre n’est pas le suivant. La crise rappelle à l’individu qu’il existe autre chose que son intérêt personnel. Qu’il n’est rien sans la société, sans l’autre. C’est un appel à la « vertu », selon le mot de Montesquieu. La société peut réagir de multiples façons à la crise, partir à la conquête du monde, comme l’Allemagne en 40, se déchirer, comme la France avant guerre, trouver une nouvelle raison d’être pacifique, comme le monde, après guerre… Entre crises, les instincts animaux de l’individualisme ont libre cours, jusqu’à ce qu’ils montent les uns contre les autres, et provoquent une crise.

D’un autre côté ces instincts animaux ont certainement une utilité. Quand un pays en manque, il finit par se replier sur lui-même, et disparaître, comme la Chine, de temps à autre.

Puissant Iran

Curieux : des pays comme l’Iran ou la Corée du nord semblent faméliques, et pourtant, ils font jeu égal avec les USA. La jadis formidable URSS n’est, même, rien sans eux.

Mais, au fond, c’est, peut-être, justement, le même phénomène que celui qui rendit si redoutable l’URSS ? Un château de cartes tenues ensemble par une peur viscérale de l’autre ? Ce qui l’amène à créer une élite de combattants extrêmement efficaces. Et ce d’autant que la plupart des armes modernes ne demandent pas beaucoup plus de talents que ceux du « bricoleur professionnel » ?

Quant à l’Occident, il est surtout préoccupé de soi ? Du coup, son armée n’est que le cadet de ses soucis. Il lui consacre l’équivalent du pourboire du milliardaire et ses laissés pour compte ?