La bourse américaine donne un curieux spectacle. Du jour au lendemain les titres phares perdent ou gagnent des centaines de milliards. Et les records tombent sans cesse. Il y a eu celui des 3000 milliards des 4000 et maintenant des 5000 (Nvidia).
Quand est-ce que cela finira ? Il faut probablement toucher une limite physique ou que le marché prenne peur. Ce qui ne semble pas le cas actuellement.
Quant à l’impact il dépend du type d’entreprises impliquées. Si, par exemple, les banques financent les data centres, la crise pourrait être systémique.
Que fut le Surréalisme ? « André Breton » répondent en choeur les interviewés d’une émission qui lui est consacrée.
Breton ou le paradoxe incarné. Au nom du rêve, il a crée une secte, dont il était, disaient ceux qui ne lui appartenaient pas, « le pape ». Comme un pape, il excommuniait, pour un oui, pour un non.
Lui-même n’avait rien d’un bohème. C’était la rigueur, la rationalité, l’austérité faite homme. C’était un bourgeois rangé qui aspirait à la révolution ! Et c’était un auteur qui n’aimait pas écrire.
A la fin de la guerre, il a eu peur qu’on lui reproche de l’avoir passée aux USA. Mais, avant et après guerre, il semble avoir répondu aux aspirations de la jeunesse. C’est peut-être la raison pour laquelle il a fait du sur-place, disait un interviewé : sa pensée n’a pas connu de maturité. Mais il a attiré à lui tout ce qui se faisait de mieux en termes d’intellect. Etre surréaliste était une marque de supériorité sur le peuple, ai-je entendu dans une autre émission. (Le propre des sectes ?)
Qu’en reste-t-il ? Tous ces petits jeunes prétentieux semblent avoir cru que le fond primait sur la forme. Aux USA, le surréalisme paraît avoir débouché sur l’art moderne, qui n’a de sens que pour le spéculateur. Ce fut le chant du cygne de l’art ?
Le Negro spiritual. Il semble que ce fut un langage, qui permettait à l’esclave d’exprimer ses souffrances, mais aussi un espoir : il s’identifiait au peuple élu, déporté à Babylone. Le Negro spiritual aurait aussi été inspiré par les cultures des dits esclaves.
Ce qui est surprenant est que les noirs américains ont de multiples origines et qu’ils sont le fruit de multiples mélanges. Ce n’est pas la génétique qui fait les cultures ?
(France culture : Les vivants et les dieux – Symboles et religions « Le negro spiritual ».)
Gaston Bachelard semble avoir pensé que l’alchimiste aurait avant tout cherché à explorer son inconscient, et a y trouver quelque secret miraculeux.
De telles idées sont séduisantes, mais, faute d’application, elles ne restent que des histoires. Peut-être était-ce tout ce que l’on demandait, en ce temps, à Bachelard : nous raconter de belles histoires, ce qui nous confortait dans l’idée que nous étions une grande nation, parce que nous avions de grands hommes ? Autre forme de la quête de l’alchimiste ?
Discussion avec des dirigeants. Le thème de la solitude revient sans cesse.
Est-ce leur faute ? Ou celle de la société ?
En Allemagne, me dit-on, les entreprises se dirigent « à quatre », en France, le chef d’entreprise est « seul dans son bureau ».
Mais nous sommes aussi dans une société individualiste, qui manque totalement d’empathie. On y parle de soi, mais on n’écoute pas les autres. Tout se passe comme s’ils n’existaient pas.
Sortir de la solitude n’est donc pas simple. Non seulement, il faut aller vers l’autre, mais, surtout, il faut trouver le moyen de l’amener à sortir de son autisme ?
Que pensait Camus ? Le professeur qui a compté dans sa vie le qualifiait de « Rastignac ». Et, en ces temps, le Parti communiste était le tramplin des Rastignac. Puis, il a semblé proche des anarchistes et des libertaires. C’était à la fois être un intellectuel, sans renier ses racines populaires. Finalement, il s’est opposé aux intellectuels, pour cause de « nihilisme ». Puis a défendu une sorte d’Algérie « arc en ciel ».
Sartre disait qu’il était, comme lui, devenu un « bourgeois », du fait de sa réussite sociale.
Il semble plutôt que nous soyons faits par les différents milieux que nous traversons. Et que nos convictions viennent de nos premières expériences. Ce sont les événements qui les révèlent.
Original. La biographie de Camus au travers de son oeuvre. De ce fait, il n’est pas question de sa vie privée, qui fut turbulente.
A tort ou à raison, Camus me fait penser à Gatsby le magnifique. Comme lui, venu de rien, il a eu un rêve immense, il a été à un rien de le saisir, il s’est évanoui. Une mort prématurée a mis un terme à une vie qui avait perdu son sens.
En ces temps, l’effet de l’ascenseur scolaire était étonnant. Le simple fait de faire des études propulse Camus, tout jeune, parmi les gloires littéraires de son temps. Habiter à Alger est un avantage, il y a peu de grands intellectuels, mais de grande qualité. Quasiment immédiatement, Camus devient une célébrité, et un homme riche : ses livres se vendent énormément.
Je ne savais pas à quel point le théâtre avait compté pour lui. Non seulement, il a écrit et monté des pièces, mais il a aussi été acteur et tenu même des premiers rôles. C’était un temps où le théâtre était militant. Et où il avait un public d’élite.
Je ne savais pas non plus que l’idée de « révolte » était déjà dans ses premiers livres. Pour lui, la révolte est l’antidote à la fatalité, que ce soit la peste ou le nazisme, plus généralement le totalitarisme. Et la publication de « L »homme révolté », fut aussi le grand moment de sa vie. Alors il s’est mis à dos tous les courants intellectuels, champions du nihilisme, à commencer par les Surréalistes et la mouvance de Sartre. En même temps, son espoir de faire de l’Algérie une nation « arc en ciel », comme aurait dit Nelson Mandela, échouait.
L’idéal du révolté ? La vie d’Achille, courte mais glorieuse ?
Son art n’est pas le même que le nôtre. Alors que ce dernier semble avoir cherché longtemps à être une photographie, l’art chinois paraît plutôt être un langage. L’histoire d’une expérience.
Ce qui, au fond, est peut-être la règle générale. A la fois la photo, supposée exacte, et l’art abstrait, que personne ne comprend de la même façon, sont des exceptions.
« Précis de décomposition », une émission de 1950 de la « Chaîne nationale ». Etrange émission. Cioran, à peine arrivé en France, reçoit un prix décerné par les sommités de la littérature de l’époque.
Si je comprends bien, il y exprime sa haine de son pays d’accueil. Tout en expliquant que seule la tragédie lui plaît.
Faut-il, finalement, entendre ses déclarations comme un compliment ?
Bien que je ne sois pas un universitaire, nous semblons avoir beaucoup de choses en commun. Tout d’abord, un intérêt pour l’histoire et la méthode anthropologique, et aussi, peut-être, une forme de « révolte » au sens de Camus. Il y a encore un même intérêt pour Durkheim, Weber et Marc Bloch (qu’il a certainement bien mieux étudiés que moi). Mais un désaccord concernant Bourdieu et Foucault. Quoi que, pour ceux-ci, il dise avoir surtout apprécié leur révolte, et leur utilisation de la science comme art de combat. (J’ai appris que Bourdieu tenait la frustration qui avait orienté ses travaux des classes préparatoires aux grandes écoles.) Plutôt que d’adopter leur opinion, d’ailleurs, il a utilisé leurs outils.
Son travail de terrain, mais aussi l’expérience de ses origines modestes, paraissent l’avoir mis en porte-à-faux avec la gauche intellectuelle, milieu naturel de l’universitaire. Mais la nature du différend est difficile à comprendre, car son vocabulaire n’est pas le mien. Il parle « d’autonomie de la science », « d’intersectionnalité », de « tout est politique ». Il y est aussi question de « rapports de domination », ce qui est plus classique.
Je crois comprendre que ses enquêtes lui ont montré que la réalité était beaucoup plus complexe que les théories de la « gauche qui fait l’opinion », notamment en ce qui concerne la question de la « domination » ; que sa censure systématique de tout propos qui semble contredire sa ligne (« tout est politique »), que son instrumentalisation de la science (« autonomie de la science »), que le manque de subtilité de ces pratiques lui a aliéné l’opinion, qui a porté au pouvoir le « populisme ». Et que le phénomène a été détecté dès le début des années 2000 aux USA.
Pour l’heure, il cherche à montrer, grâce au spectacle, que les propos populistes sont infondés.