
Pas simple de lire du vieux français. Impossible de se faire une idée sur le style, dans ces conditions. D’ailleurs, certains mots qui paraissent farfelus appartiennent au vocabulaire médical de l’époque, apparemment.
Le livre est-il cohérent ? D’un côté cela semble une grosse farce paillarde, mais très érudite. Peut être une critique d’une société qui passe totalement à côté de ce qui est réellement important ? Une société qui punit le corps pour ne pas avoir à s’interroger sur la rectitude de sa conduite ? Mais, d’un autre, cela se termine par l’abbaye de Thélème, qui est tout le contraire, puisqu’elle est l’école de formation de l’honnête homme, ennemi de tout excès.
Une abbaye dont la règle est de faire l’exact contraire de la règle de l’abbaye ordinaire.
Et ce pour former des personnes parfaites. Car le naturel de l’homme, du moins celui qui est « bien né », est bon. Et, peut-on en déduire, qu’il est corrompu par la religion ?
En leur règle n’était que cette clause : « Fais ce que voudras », parce que les gens libres, bien nés, bien instruits, conversant en compagnie honnête, ont par nature un instinct et un aiguillon, qui toujours les pousse à accomplir des faits vertueux et les éloigne du vice, aiguillon qu’ils nommaient honneur.
Univers protégé de l’influence corruptrices des mauvais, où l’on fait certes ce que l’on veut, mais où tout est là pour cultiver le corps et l’esprit. Thélème fait peut-être plus penser à l’université pour l’élite anglo-saxonne qu’à la formation que Platon réserve aux « gardiens ».
(L’édition en photo est difficile à lire et ses commentaires sont peu utiles – j’ai dû me rabattre sur une transcription un peu plus moderne du texte, que l’on trouve sur Internet.)