Dangereux pacifisme

Serions-nous menacés par un nouveau Munich ? Un universitaire rappelle le déplaisant précédent de l’entre deux guerres. Et s’inquiète.

Cette période est effectivement mal connue. Curieusement, l’historien a préféré s’intéresser à la collaboration, et non à ce qui l’avait précédée et en avait peut-être été la cause.

Sommes-nous en danger ? Peut-être. La difficulté est de savoir ce qui se passe dans les têtes. Des courants d’opinion puissants n’ont pas accès aux médias, du coup on ne sait pas ce qu’ils pensent, et ce qui se prépare.

En tous cas, je retiens ceci :

Léon Blum revenait sur l’année 1933 : « Je pense aujourd’hui, en mon âme et conscience, que l’Angleterre et la France, la Pologne se joignant à elles, auraient pu et dû pratiquer une opération de ce genre dès 1933. Je vous le dis avec un sentiment qui a parfois ressemblé chez moi à une espèce de remords, car en réalité ce sont les partis socialistes d’Angleterre et de France et c’est le socialisme international qui auraient pu le plus naturellement et le plus efficacement prendre l’initiative d’une telle opération. »

Il n’y a pas beaucoup d’hommes politiques qui aient l’honnêteté intellectuelle de reconnaître leurs erreurs. Et c’est bien dommage.

Education

Déception. Je pensais écouter une émission sur l’éducation, alors qu’elle se demandait seulement comment faire entrer ses enfants dans la « bonne » école.

Mais est-ce que les écoles réputées sont bonnes pour les enfants ?

Il me semble qu’il y a des fondamentaux à acquérir, mais que l’éducation est avant tout une question de détection de talent. De « réalisation » de soi, selon l’expression de Maslow. En cela, je suis probablement proche des protestants.

Je constate aussi que ce qui fait défaut au monde anglo-saxon, et, de plus en plus au nôtre, qui le copie, c’est que l’on n’y a plus la tête pour les mathématiques. Si bien qu’on doit aller la chercher chez les Indiens.

Pour autant, les Anglos-saxons ont l’avantage sur nous de former, au moins ce qu’ils considèrent comme des « élites », à la pensée et au débat. Curieusement, nous eûmes aussi de grands orateurs, mais ils ont disparu. Notre élite moderne est littéraire sans avoir les vertus des littéraires. C’est certainement pour cela qu’elle s’auto proclame « élite » : ce n’est pas un terme qu’on lui associe spontanément.

D’ailleurs, la notion d’élite est probablement mauvaise pour la santé. On tend à l’isoler dans des universités où elle est supposée se cultiver loin des influences délétères de la société. C’est exactement le projet de l’abbaye de Thélème. Or, c’est un environnement qui crée des intellectuels, ou, selon l’expression de Dostoievesky, des « possédés ».

Les Grecs avaient certainement raison lorsqu’ils pensaient que la vie de l’intellect devait succéder à celle de l’action. Ce dont Montaigne est l’exemple.

Les modes ont une fin…

Boeing chief executive Dave Calhoun to step down
Dave Calhoun, chief executive of Boeing, is to step down at the end of this year, as part of a sweeping overhaul at the embattled US aircraft manufacturer.

Financial Times 25 mars

Boeing va très mal. Tout tient à une mode. A la chute du mur de Berlin, les Américains ont pensé, et les Européens ont cru, que le capitalisme allait gagner le monde. Et le capitalisme, ce n’était pas ce qu’ils étaient alors, un Etat technocratique, mais le « marché ». En conséquence, un rien tordue (mais qui veut renoncer à ses avantages acquis ?), les grandes entreprises, si elles voulaient ne pas disparaître devaient être des catalyseurs de marché, une poignée d’être d’élite concevant des produits et les vendant, tout étant fabriqué par des fournisseurs en « concurrence parfaite ». Les surprofits des salariés et des sous-traitants étant rendus aux actionnaires (dirigeants et fonds d’investissement) pour être remis dans le marché, qui en ferait une allocation optimale, comme l’affirmaient les meilleurs économistes.

Boeing a poussé loin ces idées. Je me souviens d’avoir rencontré un de ses employés, qui m’avait dit « chez Boeing on ne construit pas des avions, mais des carrières ». Les modes enrichissent ceux qui les créent.

On nous cache la vérité !

Le think tank libéral espagnol Instituto Juan De Mariana vient de publier son tableau de bord des performances économiques des 27 pays de l’Union européenne pour la période 2019-2023. Il mesure cinq variables clés : la croissance du PIB, la réduction du taux de chômage, la maîtrise de la dette publique, l’évolution du revenu disponible des ménages et la modération de la pression fiscale. La France arrive en 21ème position sur 27. Un classement qui contredit les discours lénifiants, pour ne pas dire mensongers, de nos dirigeants sur la « puissance » de notre pays.

Article

L’article donne le tableau dont il tire ses conclusions. Les premiers de son classement sont : Irlande, Croatie, Pologne, Danemark, Malte, Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Slovénie. L’Allemagne est 24ème.

Mais qui a lu ce tableau ? Mécanisme de la théorie du complot ? Placé dans certaines conditions l’homme ne pense plus ? Il ne voit plus que ce qui nourrit ses préjugés ?

(En l’alimentant habilement, on peut l’amener à la folie destructrice ? En tous cas, il serait intéressant de comprendre ce qui peut nous prédisposer à un tel état de crédulité.)

Mitterrand et de Gaulle

En lisant la rubrique nécrologique de Wikipedia, j’ai appris la disparition de l’amiral de Gaulle et de Frédéric Mitterrand. Wikipedia m’a aussi appris que l’amiral avait été un aviateur et que Frédéric Mitterrand avait commencé dans le ciné club.

Ils m’ont laissé peu de souvenirs. Sinon, qu’à une époque, je croisais souvent Frédéric Mitterrand, et que j’ai rencontré le plus jeune fils de l’amiral, qui m’avait frappé par sa petite taille.

A un moment, de mauvaises langues, sans doute, disaient que Philippe de Gaulle était promu à chaque fois que l’on voulait honorer son père. En tous cas, je me suis demandé si ce n’est pas leur nom qui a fait leur carrière, à défaut de leur bonheur.

Ivre de puissance

Nuclear industry strains to meet demands of power-hungry data
AI and crypto are driving soaring usage that next-wave technology may struggle to meet

Financial Times du 21 mars

Un ami écologiste me dit que le véritable problème de notre société, c’est l’énergie. Elle en veut toujours plus.

Un paradoxe est qu’elle en consomme toujours plus pour des applications toujours plus anecdotiques, et, apparemment, toujours plus « vertes » et bien pensantes…

(Je demeure convaincu qu’en attendant un hypothétique changement de comportement, il s’ouvre un énorme marché pour la réduction de la consommation d’énergie du secteur numérique. Avis aux amateurs.)

Sénégal

Affaires étrangères de France culture parlait des élections au Sénégal (16 mars).

Je n’en retiens pas grand chose, sinon que le Sénégal, comme la plupart des pays d’Afrique sub saharienne, me donne l’impression d’une mouche contre une vitre.

Autre point curieux, pour moi : la haine de la France.

Bien sûr, on me dit que l’ancienne Afrique francophone est manipulée par la Chine, la Russie et la Turquie. On me dit aussi que la France fut une puissance coloniale et que c’est très laid. Mais l’Angleterre fut encore plus coloniale et est aimée de ses colonisés, qui, d’ailleurs, la dirigent. De plus, comme l’écrit Graham Greene : la France considérait ses colonies comme « la France ».

Amour trahi ? Une de mes théories est que de Gaulle a été très déçu qu’elle ne lui soit pas reconnaissante. Alors, il l’a abandonnée, sachant que, seule, elle ne pourrait se tirer d’affaire. Il avait certainement raison, mais il ignorait que la France aurait ensuite à vivre avec elle. Dommage que, lui qui était si croyant, ait oublié la charité chrétienne ? Elle peut rapporter beaucoup ?

Respect

Ce qui me surprend est le respect de l’Angleterre pour nos philosophes. On y étudie encore les Sartre, Foucault et autres Derrida.

Chez nous, un philosophe en remplace un autre, chez les Anglais, celui qui a connu une heure de gloire est éternel ?

Différence de culture ? Nous sommes ivres d’absolu ? Nous croyons à la « solution finale » ? Une illusion en remplace une autre ? L’Anglais est pragmatique. Il apprécie l’apport que l’un ou l’autre a fait à la culture générale ?

Vingt mille lieues

On va prospecter les fonds marins à la recherche de métaux rares, disait la BBC. On en a besoin pour les smartphones et les éoliennes. Qu’en est-il ?

Exploitation des fonds sous-marins : « nous avons besoin de métaux pour la transition énergétique »

Sud Ouest du 2 février

Mieux : c’est l’impeccable Norvège, qui donne le coup d’envoi :

La Norvège lance la prospection minière de ses fonds marins
Le Parlement norvégien a donné son feu vert à l’exploration scientifique de ses eaux profondes, premier pas vers leur exploitation minière.

Les Echos du 10 janvier

Effets toujours étonnamment pervers de l’écologie militante ? En poursuivant une obsession du moment elle porte un coup fatal à la mission qu’elle défend ?

Peut-être faudra-t-il un jour se demander quelle est le véritable motivation de l’écologiste : sauver la planète ou avoir bonne conscience ?