ISIS

Attentat à Moscou. Peu de compassion. Peut-on en avoir pour un Etat qui en massacre un autre ?

Rappel aussi : on a dit, qu’un temps, M.Poutine s’est cru l’ami de l’Occident et qu’il a cru lutter avec lui contre la menace islamique. Apparemment, la Russie est en guerre contre tout ou partie de l’Islam, ce que l’on a oublié.

Qu’est-ce que cela annonce ? Troubles en Russie ou troubles mondiaux ? Devrions-nous nous en préoccuper ? (Autrement qu’en disant que l’ennemi de notre ennemi est notre ami ?)

Z pour Zombie ?

We must stop the smartphone social experiment on our kids
China has been way ahead of the west in seeing the dangers of raising a generation of zombies

Financial Times du 30 mars

Génération Z pour Zombie ? Il n’y a peut être pas que le smartphone en cause. Curieusement les courants dominant notre société croient à la puissance de la parole et de la manipulation des esprits. Qu’il s’agisse du capitalisme triomphant post mur de Berlin et de sa publicité et de ses bulles spéculatives ou des courants « socialement avancés », qui font la promotion de la femme, du genre, du climat, etc.

A-t-on pensé à l’impact que toute cette manipulation peut avoir sur un esprit en formation ? N’est-ce pas pour cela, que, jusque-là, on essayait de le protéger ?

(Les Chinois ont peut-être bien compris tout l’usage qu’ils peuvent tirer des réseaux sociaux : Affaires étrangères, de France culture, faisait remarquer, samedi 23, qu’alors qu’ils les interdisent chez eux, ils ont inventé TikTok, qui est ce qui se fait de mieux en termes de destruction de cerveau occidental.)

Conflit de générations

Un entrepreneur mûr me parlait d’incommunicabilité. Il ne parvient pas à parler aux entrepreneurs jeunes. Pourtant, son métier est le développement durable.

Il donne une explication à laquelle je n’avais pas pensé : le jeune est convaincu que le vieux est coupable de l’état de la planète, et qu’en conséquence, ce dernier est un dangereux incompétent. Et, surtout, qu’il, le jeune, doit suivre ce qu’il a dans la tête. Tout ce qu’on peut lui dire ne compte pas, il est faux.

L’intérêt que je vois dans cette hypothèse est qu’elle donne un nouvel exemple d’une situation dans laquelle un homme peut se couper du reste de la société et, surtout, inventer une « vérité alternative », qui vient de nulle part. Au fond, c’est ce que l’on a appelé le « phénomène communautaire ». C’est peut-être, tout simplement, l’explication du fanatisme.

Quels en sont les ingrédients ? Personne coupée de la réalité ? Résultat à la fois du « libéralisme » qui rompt le lien social, par principe, et d’un bombardement de l’individu, isolé, de slogans idéologiques, quels qu’ils soient ?

Gloire et argent

Lorsque j’entends tout le mal que l’on dit maintenant d’eux, je ne peux que le rappeler que nous fûmes fiers de notre Etat et de nos services publics.

Etrangement, ils ont commencé à être critiqués alors qu’ils étaient au faîte de leur gloire. L’Etat n’est pas la solution mais le problème. Et petit à petit, effectivement, ils se sont détraqués. Mais, et c’est là le principal paradoxe, ils n’ont fait que grossir, alors qu’ils étaient aux mains de ceux qui les critiquaient.

Que s’est-il passé ? En grande partie un lavage de cerveau. Par des sophismes à la Boris Johnson, on nous a expliqué que l’économie de marché, qui n’a réussi nulle part, était la panacée. Que l’argent était la mesure de toute chose. Et l’Etat est devenu l’organisateur du marché ! Il devait avoir de grandes ressources pour pouvoir l’imposer.

Qu’est-ce qui rendait le service public d’après guerre efficace ? La gloire. On croyait avoir trouvé le nirvana : le progrès. Et l’administration était là pour le réaliser. C’était un honneur de lui appartenir. Mais l’élan s’est perdu. Et le marché a peut-être été une maladie opportuniste.

Déréglement climatique

Après les températures extrêmes de 2023, les scientifiques se divisent autour d’une accélération du réchauffement climatique

La chaleur spectaculaire atteinte en 2023 dans l’atmosphère et les océans a surpris et inquiète une partie des chercheurs, qui ne parviennent pas à l’expliquer totalement, faisant redouter à certains l’entrée du climat dans un « territoire inconnu ».

Le Monde du 28 mars

Voilà qui me surprend. Il se trouve que j’ai étudié la question du climat, en amateur, il y a près d’un quart de siècle, et que la conclusion de ce que j’avais tirée de mes lectures était que le climat était, justement, imprévisible. C’est l’illustration même de la théorie de la complexité.

Ce que j’ai trouvé remarquable ces derniers temps, ce n’est pas que l’on parle de réchauffement climatique, les travaux sur le sujet sont anciens, mais que l’on prévoie ses conséquences. Dans notre intérêt à tous, la science ferait-elle bien de redécouvrir le doute ?

Conscience de l’impact

L’autre jour, j’ai fait une remarque désobligeante. J’ai reçu une liste d’exemples d’entreprises à « impact ». Ma réaction a été : le seul impact de ces entreprises est de donner bonne conscience à leurs fondateurs. (Celle qui semblait avoir le mieux réussi transportait des produits « équitables » à bord de voiliers. Ses fondateurs semblaient avoir trouvé un moyen de financer leur passion.)

L’argument selon lequel « si tout le monde fait comme moi, le monde changera » est idiot. Il y a très peu d’entrepreneurs. L’entrepreneur doit changer les choses en grand, pour le compte des autres. En conséquence, il doit partir de la fin, de « l’impact » qu’il veut avoir. Il doit être mondial.

Le rabot qui méduse

Notre ministre des finances veut faire des économies, mais non augmenter les impôts. Pour cela il a recours aux tactiques usuelles. Il cherche, dit-on, à augmenter les impôts de manière indirecte, en frappant les moins susceptibles de réagir.

Notre Etat semble en panne. Il ne paraît capable que de deux choses : de tenter de stimuler la « croissance » en arrosant l’économie de fonds publics, ce qui est inefficace, puis de « faire des trous dans la coque », pour réduire son poids. Ce qui fait que le navire s’enfonce. La prochaine vague sera-t-elle la bonne ?

On ne peut pas diriger une économie de loin, avec des gants, en magicien. Il faut se mouiller, descendre dans l’arène, reconstruire l’Etat, sa structure, et, surtout, son éthique. Mais aussi, l’Etat et le gouvernement, c’est nous, c’est notre syndic de copropriété…

(L’Etat ressemble curieusement aux multinationales modernes : elles alternent croissance externe, et réduction d’effectifs, sans comprendre que l’entreprise est métier et création, pas comptabilité.)

Croiser les bras

Une Anglaise disait qu’elle savait qu’elle avait été convaincante quand son interlocuteur décroisait ses bras. J’ai souvent entendu répéter cette histoire : bras croisés signifie fermeture d’esprit.

Eh bien, quand je cherche à comprendre mon interlocuteur, ce qui m’arrive souvent, je croise, presque systématiquement, les bras. C’est une façon de concentrer mon esprit, probablement.

Qu’en déduire ? Une théorie fumeuse de plus ? A moins que desserrer les bras ne soit un signe de reddition sans condition ?

La Turquie d’Erdogan

Le Comité France – Turquie traitait de l’évolution de la politique extérieure de la Turquie.

J’en retiens, à tort ou à raison, que la caractéristique de la Turquie sont les 21 ans de gouvernement de M.Erdogan. Il a réussi à faire que son pays compte. Mais non qu’il soit une grande nation. Son comportement apparemment erratique, a eu du bon, pour la Turquie, et du moins bon : on se méfie.

Plus intéressant, peut-être : la Turquie est prise entre des Etats qui ne lui veulent pas du bien. Sa population estime qu’elle a besoin d’un leader qui puisse faire entendre sa voix, par exemple à M.Poutine. Ce serait la véritable raison de l’échec de la coalition d’opposition lors des précédentes élections présidentielles : même ses partisans doutaient que leur candidat ait les vertus nécessaires à l’emploi.

En tous cas cela montre peut-être l’utilité et les limites du modèle Erdogan, qui est possiblement aussi celui d’un Poutine ou d’un de Gaulle, ou des « gardiens » de Platon : leur nation se fait entendre, mais elle n’est pas réellement forte. Pour cela, il faut parvenir à mobiliser plus qu’une personne ?

Agences et changement

Pourquoi notre Etat compte-t-il autant d’agences ?

L’idée vient, quasi certainement, de Margaret Thatcher. Elle les a utilisées pour réformer son pays. L’agence a un objectif précis. Elle ne se préoccupe pas de systémique. Résultat : en poursuivant son objectif, elle fait exploser le système. Ce qui était l’objet de Margaret Thatcher.

La technique n’est pas neuve. Aristote en parle déjà.

Et les ONG sont construites sur le même principe.

La RSE est l’exact envers de cette idée. Il s’agit de prendre en compte l’intérêt général, dans toute sa complexité.

L’histoire n’est qu’oscillations ?