Tesla

« Contre-histoire » de Tesla ? Je le voyais comme un inventeur génial, le jumeau maudit d’Edison.

En fait, il doit sa gloire à une invention : le moteur qui a permis au courant alternatif de s’imposer. Mais, pour le reste, il a passé son temps à divaguer. Il semble avoir entretenu des théories farfelues, en particulier. Et il est mort dans la pauvreté.

En fait, il avait compris qu’aux USA tout était spectacle. Pour lever des fonds, il était devenu un homme de spectacle. Ce qui était bien. Seulement, apparemment, une fois le spectacle fini, il ne s’intéressait plus à son invention. Ainsi en est-il de la télécommande.

Quasiment depuis les origines des USA, ou peut-être même de l’Angleterre industrielle (cf. Isambard Kingdom Brunel), l’entrepreneur doit être un showman. C’est ce que lui demande l’investisseur. En quelques décennies cette pratique culturelle a envahi le monde.

(Idées venues de In our time, une émission de la BBC.)

Révolution précoce

Britain industrialised over a century earlier than history books claim
A wheelwright.
Millions of historical employment records show the British workforce turned sharply towards manufacturing jobs during the 1600s – suggesting the birth of the industrial age has much deeper roots, say Cambridge historians.

Article

L’Angleterre a été très tôt industrielle, mais sans machines. Par la suite, l’emploi des hommes et femmes est surtout caractérisé par ses fluctuations. Apparition d’activités de service, retour à l’agriculture de zones dont l’activité industrielle n’était plus concurrentielle, exploitation du charbon…

L’histoire n’est pas celle des livres d’histoire ? Elle n’est pas déterminisme, elle est aléa ?

Des mérites de la manivelle

Depuis quelques années je suis amené à rencontrer pas mal de monde, un peu partout en France.

Petit à petit, j’en arrive à un constat surprenant. Les forces opérationnelles de notre pays, qu’il s’agisse d’élus locaux, de dirigeants de PME ou même de (très) hauts fonctionnaires au cœur des programmes de relance de l’État, sont « enlisées ».

Cela signifie quelque-chose dont peu de gens ont conscience. Toutes les mesures du gouvernement sont « macroéconomiques ». Il en est de même des revendications des divers lobbys qui donnent actuellement de la voix. Or, quand une société est bloquée, rien ne peut survenir. Pour gagner un match il faut constituer et entraîner l’équipe. Arrêtez de hurler, cela ne sert à rien !

Dans ces conditions, que faire ? Il faut une action « microéconomique » qui fasse sauter les multiples blocages qui paralysent le changement. Il faut « y aller à la manivelle ».

Prochaine guerre

Forget boomers vs millennials, the next conflict is millennials vs each other
Growing wealth inequality between thirtysomethings could soon displace tensions between young and old

Financial Times du 12 avril

Eh oui, la « lutte des classes » semble de retour. C’est probablement un phénomène propre à la démocratie lorsqu’elle n’est pas capable « d’aller de l’avant », chacun y poussant son intérêt, et la société n’étant pas un magma mais une hiérarchie, il est tentant d’exploiter sa position pour écraser le voisin.

Mais notre situation a tout de même quelque-chose d’unique : il y aurait, en plus, conflit des sexes (cf. précédents billets). Ce qui serait sans précédent.

Devons-nous nous préparer au chaos. Ou, au contraire, avons-nous atteint les limites de l’absurde ?

Affaires et politique

In February, Rishi Sunak posed for photos beside Blackstone founder Stephen Schwarzman at the groundbreaking ceremony for the private equity giant’s new European headquarters in London. 

The UK prime minister pointed to a model of the planned 10-storey development and, according to people who witnessed or were briefed on the event, quipped: “Where’s my office?”

Financial Times du 11 avril

Blague ? Ou M.Sunak va-t-il prendre sa retraite dans un fonds d’investissement ? Après tout, il est déjà marié à la fille d’un milliardaire. Cela expliquerait pourquoi il est aussi détendu dans la tourmente.

En tous cas, cela est significatif d’une nouveauté de notre temps. La politique devient un tremplin pour parvenir au sommet du milieu des affaires. C’est un moyen de gagner énormément d’argent. Pour cela, il suffit de monnayer ses relations.

On ne fait plus, comme jadis, carrière dans la politique.

Mode américaine ? En fait, non. Comme en Grèce antique, le milliardaire américain, en entrant en politique, rend à la nation ce qu’elle lui a donné. (L’exception étant M.Trump, qui fait de l’Etat un moyen de promotion de sa marque.)

Confiance

Autour de l’an 1000, un groupe de marchands juifs s’était installé dans plusieurs pays. Ils communiquaient entre eux, à la vitesse des lettres de l’époque. Mais c’était suffisant. Ils étaient parvenus à faire du commerce à distance, sans avoir à se déplacer. Leur innovation avait été de jouer sur la réputation de leurs agents. Si ceux-ci leur faisaient un mauvais coup, ils étaient discrédités. Ils n’avaient plus de travail.

En écoutant cette histoire, j’ai pris conscience de l’importance de la confiance dans notre société. Certes, je constate que plus personne ne tient parole, mais, tout de même, notre société est un dispositif extraordinairement dépendant de la confiance, qui, au Poutine près, marche tout de même bien.

(L’émission : The trust shift, Rachel Botsman, BBC4.)

Science criminelle

Au moins aux USA, on peut être expédié à la chaise électrique sur le témoignage d’un expert.

Or, les affirmations de la science évoluent sans cesse. Ce que l’on croyait savoir, catégoriquement, des incendies et des cheveux, par exemple, est faux.

De manière plus surprenante, il en est de même de l’ADN. Nos techniques d’analyse sont tellement sensibles qu’elles peuvent se saisir d’un ADN flottant. Ainsi des ambulanciers ont transporté sur les ongles d’une victime l’ADN d’un alcoolique qu’ils avaient amené à un hôpital quelques-heures avant… L’alcoolique ne se souvenant plus de rien, il en était arrivé à se demander s’il n’était pas coupable.

Méfions-nous des experts ? Un jugement ne peut pas reposer sur leurs seules affirmations ?

Surtout : la science est changement, non certitude. Elle ne permet pas d’affirmer ?

(Experts on trial, BBC 4)

Religion et postmodernisme

Iain McGilchrist, dans son étude du cerveau (The master and his emissary), tire une conclusion surprenante. Il voit les Lumières comme une régression de l’esprit humain.

L’explication est simple : les Lumières ont refusé ce qu’elles ne parvenaient pas à comprendre. En particulier la religion.

La critique du postmodernisme est encore plus méchante. Le postmodernisme tourne en ridicule la complexité du monde. C’est, paradoxalement, un acte totalitaire et violent : il condamne, quasiment à mort, les esprits réellement supérieurs.

J’en suis arrivé à me demander si l’incompréhensible, le non quantifiable, n’avait pas des vertus. Je le pensais déjà de la science : c’est l’inconnu qui est stimulant, c’est lui qui est riche de découvertes possibles, qui fait d’avoir « toujours tort » une promesse de bonheurs. Mais je le crois de plus en plus de l’art, pré post moderne. Pour commencer à l’appréhender, il faut l’étudier, il ne nous parle pas spontanément. L’art n’est pas pour les amateurs. S’élever dans sa connaissance permet à notre esprit, je le soupçonne, de se découvrir des capacités nouvelles. Capacités utiles partout.

Seulement, comme ailleurs, le danger est probablement dans « l’aliénation » : être capturé par l’art, ou par la religion. Aimer l’incompréhensible parce qu’il est incompréhensible. Le propre de l’esprit sain est certainement de ne jamais abandonner l’espoir de pouvoir comprendre, sans, pour autant, adopter les solutions de facilité postmodernes.

Parlez-vous américain ?

Le propre des USA est de ne pas avoir de parole. On l’a vu après la première guerre mondiale, lorsque les USA ont imposé à l’Europe un plan d’action qu’ils ont dénoncé ensuite. D’où une nouvelle guerre. Au fond, l’esprit de l’Amérique, c’est celui de Donald Trump.

Et si l’on prenait conscience de cette réalité ? Et si l’Europe, non seulement assurait sa défense, mais aussi s’affirmait comme douée du libre arbitre ? Et se mettait à contrôler les USA par la seule loi qu’elle connaît : la force ? Tu soutiens l’Ukraine, ou je soutiens la Chine ?