Protection de l’enfance

L’Angleterre s’indigne, ai-je entendu à la BBC il y a quelques jours. WhatsApp veut abaisser l’âge d’utilisation de son application à 13 ans. Or l’enfant y est soumis aux pires horreurs.

Tant qu’on y est, ne ferions-nous pas bien de nous demander à quoi l’enfant est soumis par la société ? Toute ce qui se déverse d’injonctions sur lui est-il bon pour sa santé mentale ?

Etat de la France

Je me demande si la France n’est pas une exception mondiale. C’est un montage abstrait.

La France a été constituée par le haut, par le pouvoir royal. Puis la République a repris le même procédé. Depuis les origines le bon roi est celui qui a une bonne bureaucratie, avec de bons grands commis, qu’ils s’appellent Sully, Richelieu ou Colbert. Allant de pair, se produit un phénomène de nettoyage ethnique : les nations absorbées sont fondues dans le moule d’une culture commune.

Sous cet angle, l’Angleterre est très différente de nous : tout ce qu’elle absorbe est supposé conserver son identité initiale, Jersey, l’Ecosse, le pays de Galle, l’Irlande. Ce sont des « nations ».

De ce fait, il n’y a pas de conscience nationale. Les nations anglaises rêvent d’indépendance, et il en est de même des individus français ? Ce qui nous manque est ce qui fait la force des USA : un projet commun qui nous transforme en Schtroumpfs ?

Fin de l’histoire

Ce qu’il y a de curieux avec l’histoire de l’homme moderne, c’est à quelle vitesse il se transforme. Pour les autres espèces on parle de centaines de millions d’années, pour nous, on compte en milliers.

Lorsque j’ai utilisé mon premier blog, j’ai commencé par changer plusieurs fois de format. Puis, plus rien. Et s’il en était de même de l’histoire de toutes les espèces ? Quelques milliers d’années pour trouver sa place, occuper sa niche, puis des millions de sommeil ?

Les idées d’Erasme

Erasme, prince des humanistes, de France culture.

Erasme se serait fait dépasser par ses idées.

Je me demande si ce n’est pas un phénomène général. Je lisais qu’il en avait été de même de Luther. Et une biographie de Mme Thatcher semble penser qu’elle n’aurait pas approuvé ce que l’on a fait de ses idées. Il en était probablement de même pour Einstein et l’énergie atomique.

Je me souviens d’une photo d’une casse automobile, collée à côté d’une machine à café : conçu par des ordinateurs, construit par des robots, conduit par des Italiens.

Et si l’on ne devait pas s’arrêter à émettre des idées ? Et si l’on devait s’interroger sur ce que la société en fera ?

L’Etat et le changement

Discussion avec un haut fonctionnaire. Cela confirme du haut de l’État ce que l’on voit au ras du sol. L’État rencontre des résistances à la mise en œuvre de ce qu’il pense bon (transition climatique, etc.), du coup, il est forcé d’utiliser les vieilles ficelles (subventionner l’implantation de méga usines). De l’autre côté les entrepreneurs français qu’il veut aider, quels qu’ils soient, n’ont pas une culture d’entrepreneurs. Les projets qu’ils soumettent sont mal construits, et ils n’ont pas les aspirations qui conviennent au succès d’une entreprise.

Ma conclusion. L’action de l’État a besoin du relais de l’initiative locale.

Haroun Tazieff

Une vie, une oeuvre, de France culture : Haroun Tazieff.

Pour moi, il est le souvenir d’une période disparue. Un après guerre de héros. A la fois scientifiques et surhommes. Haroun Tazieff, Paul-Emile Victor, Cousteau… Je me demande toujours si ce n’était pas la dernière tentative que nous faisions de nous croire une grande puissance, et d’oublier l’humiliation d’une guerre honteuse.

L’émission m’a peu appris. Sinon qu’Haroun Tazieff ne fut pas qu’un aventurier. Il a contribué à vérifier la théorie de la dérive des continents, et on lui doit notre politique de grands risques.

Et surtout, dans la poursuite de mon second paragraphe, qu’il affronta Claude Allègre. M.Allègre était un universitaire ambitieux, comme on l’a constaté quelques années plus tard, et il a fini par éliminer un Haroun Tazieff, qui présentait l’inconvénient majeur de le dominer de la tête, des épaules, et des semelles. Le peu que j’ai fréquenté l’université me fait penser que le phénomène fut général. La génération de professeurs compétents a été remplacée par des « politiques » aux faibles capacités scientifiques, les personnes réellement douées pour la science ayant été aspirées par l’entreprise.

Mauvais genre

L’Angleterre s’interroge sur le traitement que subissent les enfants qui ne sont pas certains de leur sexe.

Dans un rapport sur ce sujet, on parle de l’usage de « puberty blockers », dont on ne connaît pas les conséquences, et de ce que la question du genre cache peut-être d’autres maux, qu’il serait bon de soigner avant d’envisager un changement de sexe.

Le « genre » est une notion qui est apparue récemment. Jusqu’à peu, elle était inconcevable. Cela a été une sorte d’innovation sociale. Elle montre peut-être comment évolue notre pensée collective, et pourquoi il est si difficile de comprendre nos ancêtres.

23andMe

Décidément, ce blog, c’est du réchauffé. Il y a déjà pas mal de temps que je me dis que je dois écrire quelque-chose sur 23andMe. (En outre, ce billet s’était perdu dans mes brouillons.)

23andMe, c’est l’histoire de notre temps. C’est créé par un membre de l’aristocratie de la Silicon Valley, le type de personne auquel on donne des sommes colossales pour financer ses idées, et qui se marie aux démiurges locaux (un des fondateurs de Google dans ce cas). 23andMe c’est, aussi, avant tout l’idéologie de la Silicon Valley. Peut-être celle de l’individualisme. Si l’on capte le patrimoine génétique de l’humanité, en le combinant à l’intelligence artificielle, on sera capable de guérir toutes les maladies. Car, comme on le sait dans la Silicon Valley, tout est génétique. Et la mort est une maladie comme les autres.

Tout a bien commencé. L’Anglo-saxon s’est enthousiasmé pour son patrimoine génétique. Seulement, analyser des crachats n’était pas suffisant pour faire vivre l’entreprise. Et les données collectées n’ont apparemment pas été jugées d’un intérêt suffisant pour payer ses dettes. Lorsque j’ai eu l’idée d’écrire ce billet, on parlait de faillite… L’idéologie ne vit que le temps d’une spéculation ?

Marées économiques

Tolstoï voyait les guerres napoléoniennes comme des sortes de phénomènes naturels : l’humanité allant d’ouest en est, puis d’est en ouest. On peut se demander si ce n’est pas ce qui est survenu dans le dernier demi-siècle.

Dans un premier temps, les ressources des « territoires », des PME, du gros de la population a été aspiré par les multinationales, les métropoles et les riches. Un argument avancé pour justifier ce mouvement était que c’était eux qui étaient les créateurs les plus efficaces. Autant leur donner le plus de moyens possibles. On constate maintenant que ce n’est pas le cas. Et qu’il y a un gros manque à gagner. Peut-être, après tout, que le reste de l’humanité avait aussi une utilité ? Qu’il n’y a rien à jeter dans une société ? Et, en conséquence, un timide mouvement semble se faire en sens inverse.

Bien sûr, tous ces mouvements s’expliquent mieux par les appétits animaux que par la raison. Il n’y a pas de complot, nous n’avons pas l’intelligence suffisante pour un tramer un. Mais, aussi bien à l’époque de Napoléon que maintenant, la raison rationalisante est un formidable accélérateur du changement. Le propre de la raison, des Grecs, des Lumières et d’aujourd’hui semble surtout le « sophisme », l’anti-raison.

Enfance de l’art

L’autre jour j’entendais la BBC dire que le phénomène « El nino » s’arrêtait. Expliquerait-il le réchauffement climatique de cette année ? Il se trouve que l’on nous annonce maintenant un coup de froid venu du pôle. D’après un site de prévision, le mois devrait être « au dessous des normales ».

El nino est-il coupable ? En tous cas, cela rappelle à nos « scientifiques » que « la prévision est difficile, en particulier celle de l’avenir », comme le disait Niels Bohr.

(Un interviewé d’une émission parlant de la vie d’Haroun Tazieff expliquait que les volcans avaient du bon : une éruption peut réduire d’un degré la température du globe…)