Cross culturel

Le Français est un mystère.

Aider l’entrepreneur fait rencontre quelque-chose qui ressemble à une « irrationalité culturelle ».

J’en suis arrivé au modèle suivant. Quand il analyse un problème, il ne voit que ce qu’il pense savoir faire. Du coup, il est certain qu’il va réussir. Mais il ne voit pas la complexité réelle du problème, et les limites de ses compétences.

Plus étrangement, il ne connaît pas du tout ses compétences. Par exemple, il se croit « coach », parce qu’il vient d’obtenir un diplôme de coach, alors que toute sa vie s’est passée dans la logistique, et qu’il est un expert de ses problèmes.

Il a donc besoin d’autres compétences. Mais, plus curieusement encore, il les voit avec hostilité. L’enfer, c’est les autres, en quelque-sorte.

J’en arrive à penser que la réelle question de la diversité est là : ce n’est pas mélanger les hommes et les femmes ou les religions, mais comprendre que le « sale type » est notre avenir ?

Folklore américain

VW workers in Tennessee vote to join union in win for US labour movement
Victory was part of a $40mn campaign to organise workers at 13 mostly foreign-owned carmakers across the US

Financial Times du 20 avril

J’ai longtemps mené des missions dans le secteur automobile, et je me souviens avoir entendu dire que les constructeurs allemands étaient très soucieux de ne pas avoir, aux USA, de personnels syndiqués. Pour cela, il appliquaient les recettes allemandes de la concorde sociale.

Apparemment, ils ont échoué. Vont-ils devoir apprendre à composer avec la culture américaine de la lutte des classes, des rapports de force, et des coups tordus ? Eternelle règle : « à Rome, fais comme les Romains » ?

Label

Je pensais que « label » était un emprunt récent à l’anglais. Eh bien, c’est faux. C’est bien un emprunt, mais il est entré dans le dictionnaire il y a déjà longtemps. (1906, d’après le Robert.)

Il se trouve qu’il est lui-même un emprunt au mot français qui serait à l’origine de « lambeau ».

Adoptons-nous d’autant mieux les anglicismes, qu’ils ont leur origine chez nous ?

SNP

Il y a quelques années, Nicola Sturgeon, la présidente du SNP, le parti indépendantiste écossais, semblait marcher sur l’eau. Même les Anglais rêvaient d’avoir un premier ministre de sa trempe.

Depuis quelques temps, j’entends qu’elle est aux prises avec une sale affaire. Apparemment, elle dirigeait son parti avec son mari, et celui-ci se serait rendu coupable de détournements de fonds.

Etrange. Des dangers du pouvoir ? Il fait perdre le contact avec la réalité. Peut-être aussi une question d’éducation ? On raconte que de Gaulle, avec sa retraite de colonel, avait du mal à boucler ses fins de mois…

Michel Talagrand

Michel Talagrand, cet inconnu. J’ai découvert il y a déjà quelques temps qu’il avait gagné le prix Abel. Le prix qui veut être le Nobel des mathématiques.

Choix et prix qui réconcilient avec les mathématiques ? On a là un homme modeste, qui n’est pas normalien, ce qui est quasi unique, et qui a patiemment défriché un champ entier des mathématiques. La question des processus aléatoires, que j’ai entraperçue lors de mes débuts dans « l’ingéniérie du contrôle » (aussi appelée « automatique »).

Utile prix Abel ? La médaille Fields qui était supposée, elle aussi, être le Nobel des mathématiques, semble surtout reconnaître des exploits sans lendemain, voire donner à des Villani des complexes de supériorité infondés.

La concurrence dans le sang ?

La concurrence au sein d’une espèce vivante créerait des sous-espèces spécialisées pour exploiter des niches écologiques. Jusqu’à ce qu’elles soient toutes occupées.

L’homme aurait subi le même phénomène. Avec une curiosité : au fur et à mesure qu’il sature ses niches, de nouvelles espèces d’hommes apparaissent. Il semblerait que cela soit dû au fait que chaque espèce invente un type d’outil lui permettant de faire surgir une nouvelle « niche ». Jusqu’à ce qu’homo sapiens mette tout le monde d’accord. Article.

L’homme serait-il avant tout une « espèce sociale » ?

(En tous cas, cette théorie rappelle celle de Michael Porter, concernant la stratégie d’entreprise. Avec la différence qu’il ne semble pas y avoir d’entreprise qui soit capable d’éliminer toutes les autres. La création de nouvelles « niches » est permanente.)

Rendez-vous avec le diable

L’Europe aurait délégué à M.Trump un ami polonais, afin que celui-ci lui explique ce qui se passe en Ukraine, et que le dit M.Trump donne l’ordre aux Républicains de ne plus empêcher que les USA apportent une aide militaire au pays. (Entendu à la BBC, hier.)

Application des idées d’un précédent billet ? La morale est mauvaise conseillère, apprenons à jouer avec les règles de l’autre ? En particulier, apprenons l’américain ?

Le libéral et la cigarette

Le gouvernement britannique veut interdire la cigarette aux moins de 13 ans, une partie des conservateurs s’y oppose : interdit d’interdire !

La question qu’ils posent n’est pas que conservatrice. Y a-t-il de grands principes que l’on doive appliquer aveuglément ? Ou faut-il, en permanence, comme le font les religieux, réinterpréter les textes de loi ? Non seulement en se disant que nous ne les avons pas compris mais aussi que ceux qui les ont écrits n’avaient peut être pas été assez loin dans la compréhension de ce qui est bon pour l’humanité ? Après tout, c’est comme cela que procède la science…

(Curieusement, c’est Liz Truss qui semble diriger la fronde conservatrice. Ce qui prouve que le ridicule ne tue pas ?)

Néandertal

Carbone 14 parlait de Néandertal.

Pour Marcel Otte, l’âge d’or de l’Europe est néandertalien, et s’achève avec l’arrivée de l’Homme moderne (Homo sapiens) et l’émergence d’une nouvelle pensée, « d’une nouvelle métaphysique conquérante ou l’homme puise ses convictions : le développement de soi au détriment des autres formes de vie ».

Neandertal se serait perçu comme constituant de la nature. Il ne tuait pas. La nature lui fournissait sa subsistance. L’homme moderne aurait adopté un état d’esprit différent : non plus avec, mais contre.

Je me demande aussi si l’homme moderne n’a pas eu comme particularité de se voir comme le mal absolu. L’homme moderne ou la démesure ?

Protection de l’enfance

L’Angleterre s’indigne, ai-je entendu à la BBC il y a quelques jours. WhatsApp veut abaisser l’âge d’utilisation de son application à 13 ans. Or l’enfant y est soumis aux pires horreurs.

Tant qu’on y est, ne ferions-nous pas bien de nous demander à quoi l’enfant est soumis par la société ? Toute ce qui se déverse d’injonctions sur lui est-il bon pour sa santé mentale ?