Irresponsabilité sociale

Arrêts maladie : l’État lance la traque numérique
Face à la dérive des comptes, le gouvernement instaure un « bouton d’alerte » pour permettre aux entreprises de signaler les absences suspectes. Un durcissement majeur du contrôle qui vise à freiner un phénomène devenu structurel.

(La Tribune du 9 avril.)

La Sécurité sociale est un exemple type d’un éternel casse-tête. La société met en commun ses ressources pour aider ses membres, mais ceux-ci, aveuglés par leur égoïsme, profitent du système, ce qui lui est fatal.

Productivité

L’OCDE tire la sonnette d’alarme : le PIB par habitant décroche face aux leaders mondiaux.

(La Tribune du 9 avril)

Nouveau paradoxe ? Ces dernières décennies ont connu l’obsession de la « productivité ». C’est, en particulier, en son nom que l’on a licencié en masse, et que les dirigeants se sont augmentés en masse.

Loi de la systémique : à trop vouloir quelque-chose, on obtient son contraire ?

Recette du succès

Les revues de management américaines disent qu’il faut imiter ceux qui réussissent. Ce qui est ridicule.

De Gaulle et Pétain étaient des ratés. Sans la guerre, ils seraient partis à la retraite simples colonels. Pendant la guerre, c’est ce qui était la cause de leur échec qui fut celle de leur gloire. Mais, en temps de paix, le gouvernant ne peut être qu’un « politicard », un manoeuvrier sans cerveau. Il en est de même pour l’entreprise. Ce sont les circonstances qui font les succès de « pendules arrêtées ».

Perfide Albion

A l’occasion d’une émission parlant de la « poche de Royan », j’ai découvert que les Anglais n’avaient pas eu le rôle que je croyais pendant la guerre.

A la fin de la guerre, les Anglais ont bombardé Royan. C’était une poche de résistance allemande, solidement fortifiée. Curieusement, ils ont frappé le coeur de la ville où ne se trouvaient pas les installations militaires. D’où une hécatombe civile. Curieusement, aussi, il ne s’en est rien suivi, aucune opération terrestre n’étant prévue.

Un peu comme l’homme saoul qui cherche ses clés sous la lumière du lampadaire, les Anglais bombardaient ce que savait leur indiquer leur système de guidage : le centre des villes. Mais cela avait une heureuse conséquence imprévue : le déclenchement de gigantesques incendies, qui tuaient énormément de civils, à la façon d’Hiroshima. (Et donc démoralisait l’ennemi ?)

Lorsque j’écoutais la BBC, j’ai beaucoup entendu parler des bombardements allemands qui avaient détruit tel ou tel site historique, beaucoup moins des bombardements anglais (que j’attribuais d’ailleurs aux Américains).

Hold up social

Au temps glorieux des débuts des réseaux sociaux, j’ai eu l’impression que le talent pouvait y être reconnu. Mais, plus cela va, moins ce que l’on écrit semble répercuté. J’ai même l’impression que le réseau social s’arc-boute pour bloquer la diffusion des messages. Si bien que l’on est confiné dans sa « communauté ». Ce qui, d’ailleurs, n’a pas que des inconvénients.

Les réseaux sociaux veulent notre argent. Mais à quoi cela sert-il de les payer, lorsque l’on fait face à des multinationales ? Et d’ailleurs, qu’est-ce que ces multinationales ont gagné avec les réseaux sociaux ? Et s’ils étaient de l’espèce de ces mafieux, qui vous réclament de l’argent pour vous protéger d’eux-mêmes ?

En considérant wikipedia ou l’Eglise au temps de sa gloire, je me demande si l’histoire n’aurait pas pu tourner différemment. Seulement, il aurait fallu faire des réseaux sociaux de véritables serviteurs de la société.

Pascal Paoli

La Corse fut-elle, bien avant les USA et la France, la première république ?

Au milieu du dix-huitième siècle, Pascal Paoli a mené une révolte contre Gènes, à laquelle appartenait la Corse. Peut-être parce que cette dernière trouvait cette possession encombrante, elle l’a vendue à la France, qui y a remis de l’ordre. Paoli a fuit. Ce qui en a fait une vedette internationale. Il était à la fois adoré par les Lumières et par les ennemis de la France. Soit toute l’Europe. Lors de la révolution française, il a été considéré comme un héros, en France. Puis il s’est brouillé avec les révolutionnaires, et est revenu en Corse avec l’armée anglaise. Episode sans lendemain.

Il semble s’être vu comme un dictateur, un « führer », dont la première mission était de mettre le Corse au pas, par la terreur. Car le pays était déchiré par la vendetta, qui avait pris des proportions invraisemblables. Condition nécessaire de liberté en Corse ?

(D’après une émission de France Culture.)

Désobéissance

J’ai lu que les putschistes de l’Algérie française avaient pour modèle la désobéissance de Gaulle. Je lisais quelque-chose de similaire sur Trump, récemment. Et s’il s’était inspiré des considérations humanitaires qui ont présidé aux « printemps arabes » ? D’ailleurs, n’a-t-on pas aussi parlé de « cancel culture » ? N’a-t-il pas fait, à sa manière, ce que s’étaient permis ceux qui l’avaient précédé ?

Kant n’a-t-il pas raison, lorsqu’il affirme qu’il faut se demander ce que donnerait une décision si tout le monde la prenait ? Plus exactement, n’est-il pas une erreur de penser seulement que c’est la « bonne décision », ne faudrait-il pas aussi s’interroger sur ce qu’en ferait une personne mal intentionnée ?

Jacques Yonnet

Miracle des rediffusion. On redécouvre des illustres inconnus. Qui fut Jacques Yonnet ?

Petit-à-petit, j’ai fini par comprendre que c’était, comme de Gaulle, le représentant d’une espèce disparue : le « gros malin ». Titi parisien, roi du canular, sa vie est rocambolesque et lui fait fréquenter toutes les strates du monde. Il rencontre Lénine et Trotsky, prend le thé avec Hitler, est reçu par Staline et de Gaulle, en Angleterre. Et tous, il les perce à jour. D’ailleurs, il n’a pas une bonne impression de De Gaulle, qui sans être un monstre glacé comme Hitler et Staline, est froid et méprisant pour la valetaille qu’est le résistant. Car c’est un héros de la résistance, qui, profitant de multiples dons, en particulier de spécialiste du faux papier, et de sa débrouillardise innée, monte et dirige un réseau de renseignement, qui ne sera pas démantelé. C’est lui qui démasque Petiot.

Je me suis demandé si les barrières entre les classes sociales n’étaient pas, en son temps, plus poreuses que maintenant. En effet, il appartenait à un milieu ouvrier, mais d’ouvriers syndicalistes, ce qui les mettait en contact avec les hautes classes du pays. Par ailleurs, il fut coiffeur, mais aussi traducteur d’anglais et d’allemand, pianiste, dessinateur et écrivain à succès.

(D’après France culture : Jacques Yonnet, un homme en liberté, une émission de 1963. Selon wikipedia, Jacques Yonnet est mort en 1974, à seulement 59 ans, ce qui explique peut-être que l’on n’en ait pas entendu parler.)

Qui a tué le Gaulois ?

Pourquoi ne parlons-nous plus gaulois ? A défaut, pourquoi y a-t-il si peu de mots gaulois dans notre vocabulaire ?

Le gaulois était une variante du celte. Les Gaulois semblent avoir occupé un vaste territoire géographique. Mais leur culture était essentiellement orale. Les druides insistaient pour transmettre leur savoir de bouche à oreille. Quand ils écrivaient, ils utilisaient l’alphabet des peuples voisins qui en avaient un. (Ce qui signifiait que certains d’entre eux devaient être, au moins un peu, polyglottes ?) L’écriture résiste mieux au changement que la parole ?

Ce qui reste d’eux, ce sont les noms de sites.

Ce qui demeure d’une langue est ce qu’elle porte d’original ?