Justice

Trump administration grants banking licence to Trump family crypto venture
US president’s business interests in office have become a political flashpoint

Financial Times, 14 août

Voilà une nouvelle qui n’étonnera personne. La justice selon Trump et, sans doute, selon tout Américain : ce qui est dans mon intérêt.

Le plus intéressant dans cette affaire est que personne ne s’indigne, pas même les universités. Bienvenus à Vichy?

Qui peut arrêter Trump ? Dieu, c’est à dire la complexité du monde ? Le jour où les Américains jugeront que les conséquences de sa politique ne sont pas dans leur intérêt, ils le licencieront ?

Saint Ponzi priez pour nous ?

Nvidia discloses $21bn stake in SpaceX
Filing comes after Elon Musk announced exclusive arrangement to kit out its data centres

Financial Times, 14 août

L’union fait la force ? Voilà ce que l’on n’attendrait pas d’ultralibéraux ? Nvidia semble le parrain d’un système quelque peu crapuleux. Grâce à la valeur boursière que lui donne la spéculation, il peut s’endetter et financer ses clients. Ceux-ci lui renvoient l’ascenseur, ce qui fait augmenter son cours de bourse. Et, comme lors des précédentes bulles, les banques s’engouffrent dans la combine.

Comment cela va-t-il se finir ? Par une nouvelle injection d’argent de la banque centrale américaine, comme d’habitude ? Et par un prix Nobel d’économie pour Trump ?

Wall Street giants bet Nvidia’s AI chips will defy the laws of finance
Private capital firms are wagering that the crucial hardware will hold its value for years to come

Financial Times, 12 août

Wall Street giants partner with Nvidia on $500bn AI financing deal
Apollo, Blackstone and Goldman Sachs are among groups working with chipmaker to raise capital for data centre boom

Financial Times, 10 août

Les banques américaines se ruent sur le filon du financement de l’IA
Les banques américaines se ruent sur le filon du financement de l’IA
Après une saison de résultats record, les grandes institutions financières des États-Unis comme Bank of America ou Morgan Stanley veulent leur part du gâteau des montants colossaux empruntés par les entreprises technologiques.

La Tribune du 14 août

Charité

Entretiens bonhommes entre Paul Claudel et Jean Amrouche (billet précédent). Mais, soudainement, coup de froid sibérien : Claudel déclare qu’il n’y a qu’une vérité, la sienne. (Peu après, il dit que Gide est possédé par le Diable ! Voilà qui donne une haute estime pour les résultats de sa quête spirituelle et son oeuvre ?)

Qu’auriez-vous fait ? Sans avoir l’air de rien, fort humblement, fort poliment, Jean Amrouche trouve la parade : la charité. Et il réussit ! Claudel reconnaît que, effectivement, il n’est pas charitable. Qu’un Chrétien doit chercher à comprendre son prochain. (Serait-ce pour cela que toutes ses tentatives de prosélytisme ont échoué ?)

Une leçon pour tous les (nos) esprits totalitaires ?

La revanche du français ?

Un dictionnaire français anglais donne l’impression que l’anglais compte deux fois plus de mots que le français. L’anglais est double, comme le dit Ivanoë de Walter Scott : langages du conquérant français et du peuple saxon ?

En cherchant les mots qu’acceptait le Scrabble, j’ai découvert non seulement une quantité d’abréviations, mais aussi une quantité de mots anglais, et leurs variantes : business pourrait s’écrire bizness. On trouve aussi biznesswomen. (Pourquoi pas biznesswimène, ou biznesswomans ?)

La revanche ? Mais de qui ?

Paul Claudel

Surprenant ! J’ai découvert des entretiens étonnants entre Paul Claudel et Jean Amrouche. (Entretiens qui furent célèbres en leur temps.)

Je ne pensais guère de bien de Paul Claudel. Un triste sire à la prose hermétique et froide qui connut le succès après guerre, alors qu’une nouvelle génération d’intellectuels et d’artistes voulait faire partager la « culture » au peuple. Elle entendait par là le drame théâtral. Une époque de grands sentiments et de grands acteurs qui aurait plu à Emmanuel Macron.

Une fois de plus, j’avais tort ? J’ai découvert un Claudel bonhomme et modeste soumis plus à un interrogatoire qu’à un entretien. Avec une voix d’un provincial, voire d’un campagnard. (A moins que ce n’ait été un accent distingué ? Il m’a fait penser à Pétain.)

En fait, Claudel n’était-il pas le véritable existentialiste, bien plus que Sartre ou Camus ? Son oeuvre décrit les étapes, le chemin de croix ? par lesquelles il est passé afin de trouver sa vérité. Le combat a été violent. Il a souffert. Plus intéressant encore ? Ledit parcours dément les propos de Voltaire : Claudel montre que, dans sa quête spirituelle, les travaux d’Aristote et de Saint Thomas ont été des outils essentiels. Ne seraient-ils pas les théorèmes, tout à fait logiques, d’une certaine « axiomatique » ? Et celle-ci dépend de chaque homme ?

Mais, mieux encore, il y a Jean Amrouche. Extraordinaire numéro ! Il connaît tout de l’oeuvre de Claudel. Même mieux que Claudel lui-même. Il fait un formidable commentaire de texte, avec citations, toujours bien choisies et bien dîtes, à l’appui. Un véritable cours qui soumettrait l’auteur à la question, avec bienveillance, mais la plus parfaite intransigeance : sa légende ne permet pas le moindre relâchement.

Il fut à l’image des producteurs de radio de l’époque, des Robert Mallet, des Hubert Juin… ? Des personnes qui avaient une culture immense, qui étaient les égaux des grands intellectuels de leur temps, dont la vie était un sacerdoce ? Autres temps ?

SpaceAI

Anthropic investors bet on $2tn valuation in record IPO
Anthropic investors expect the AI start-up to float at a valuation of $2tn or more in October, a dizzying figure that would eclipse SpaceX and make the AI lab’s debut the largest ever initial public offering.

Financial Times 13 août

Voilà qui n’est pas loin de la capitalisation de l’ensemble du CAC40. Que nous sommes peu de choses ! (Jusqu’ici Anthropic était en pertes.)

Baroque

Grâce à La baroque, de France Musique, j’écoute de la musique baroque.

Depuis mon enfance, elle a beaucoup changé. On connaissait Bach, Haendel, Telemann, Couperin, les Scarlatti, Vivaldi et quelques autres Italiens. Mais peu d’oeuvres surnageaient. Aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’auteurs et d’oeuvres. Ce qui remet Bach, dont on a fait une vache sacrée, à sa place, celle d’un compositeur dans un océan de musique. Et révèle toute une création inconnue et surprenante, en particulier des oeuvres religieuses, extrêmement peu religieuses.

Le baroque ne démoderait-il pas la musique romantique et ses successeurs ? Les instruments et les sonorités sont totalement différentes. La musique « moderne » est, au fond, marquée par le piano. En dépit de toute la bonne volonté de Beethoven, Bruckner ou d’autres, de faire du bruit, c’est une musique étouffée, triste. Pour intellectuel ? La musique baroque, avec ses cuivres, ses cordes pincées, ses arias est une musique de vie, populaire ?

(Exception : Berlioz et le Bel canto ?)

Balajo

Le Balajo fut le temple du « bal musette ». Il s’est adapté aux goûts du jour. (Emission.)

La belle équipe de Renoir. ? Avant et après guerre, le « peuple » (ou « populot ») ne rêvait que de bal musette ? Il vivait en dehors du temps ? Caractéristique de la France : des couches sociales qui sont chacune dans leur monde, un monde qui n’a rien à voir avec celui de l’humanité ? D’où réveils douloureux ?

Innocents

D.Trump a un mérite. Il nous dévoile l’esprit de l’Amérique. Quant il s’agit de son intérêt, tous les coups sont permis. Y compris le détournement de la justice et l’usage de la force. Et ce qui est bon pour l’Amérique, comme le disait Sloan, est bon pour l’Américain. Rien de neuf mais, au moins, c’est clair et net.

Ce qui est surprenant est que cela ait pris par surprise nos gouvernants. Ils ont rêvé d’être américains. Tout ce qui était américain était bien : le Gafa, la lutte pour les droits des noirs ou la défense de l’IVG. En même temps, ils ont cru que la Chine serait corrompue par la culture occidentale et qu’on pouvait lui confier toute notre capacité de production.

Innocents ? Mais surtout, comment peut-on fabriquer des innocents ? Et leur donner le pouvoir ?

US euro sale to prop up yen blindsided European Central Bank
Washington’s sale of euros to boost the yen late last week blindsided the European Central Bank, with the US only informing its counterparts in Frankfurt after the historic currency intervention.

Financial Times du 7 août

Culture aristocratique

Notre culture fout le camp, entend-on dire. Y a-t-il eu un coupable ? Le nouveau roman, la nouvelle vague, la peinture abstraite, le surréalisme… qui ont accouché de souris ? Ou une question de circonstances ?

Ne devons-nous pas notre culture à la cour ? à l’aristocratie ? « Leisure class » à la Veblen, qui invente des rites ridicules pour meubler son oisiveté ? Ou moyen de justification de sa domination : un savoir occulte, qui semble miraculeux alors qu’il est inutile, mais aussi un système de filtrage.

Si c’est le cas, ce fut un mauvais procédé. Car, au lieu d’assurer sa domination, cette culture a suscité la jalousie. La bourgeoisie a voulu s’en emparer, puis l’ensemble de la population. Si bien que faute d’oisifs, elle a disparu ? Maintenant : culture pop ?