Cyber bug

Coup de pub. Hier, elle était inconnue. C’est maintenant une célébrité. La société, judicieusement nommée « CrowdStrike », est parvenue à arrêter l’économie mondiale.

Apparemment, elle aurait diffusé un peu rapidement une nouvelle version de son logiciel de cybersécurité, qui aurait eu un effet imprévu. Ce matin, on soupçonnait, qu’elle n’avait pas fait correctement ses tests. (Personnel en vacances ?)

Intéressant événement à plusieurs titres.

De mon vivant, en quelque sorte, j’ai vu l’évolution du test. Jadis il était fait avant la mise sur le marché, maintenant, il est fait par le marché. On peut d’ailleurs se demander si Boeing n’a pas adopté cette philosophie. C’est une innovation.

Ensuite, cela illustre un concept que l’on trouve en statistique, et qui n’a pas la notoriété qu’il mérite. Exprimé en termes de cybersécurité, il peut se dire ainsi : il y a deux types de risques : celui de ne pas se protéger, et celui que présente la protection elle-même.

D’ailleurs, les journaux posaient la question de savoir qui devait assurer l’incident : l’assurance doit-elle payer pour les dommages encourus par le logiciel de protection qu’elle a demandé d’installer en contrepartie de l’assurance de l’entreprise ?

L’exposition coloniale d’Erik Orsenna

Cela commence en 1882 et se termine après Dien Bien Phu. Le héros est un petit bonhomme « rebondi ». C’est un spécialiste du caoutchouc, caoutchouc qui est un fil conducteur du livre. Comme Forrest Gump (qui est postérieur), notre homme se retrouve acteur modeste, mais parfois décisif (il apporte le football au Brésil !), de l’histoire mondiale.

Livre long, chapitres courts et rythme enlevé. Parti pris du paradoxe et du merveilleux raisonnable, à la façon de 100 ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. Et histoire d’une famille conventionnellement anti conventionnelle.

Un livre qui prend le parti de la légèreté ? Ou l’humour serait-il la politesse du désespoir ? En effet, ne serait-il pas l’histoire de France ? Car, en ces temps, l’identité de la France était celle d’un empire. Et le Français aimait son empire, et il était, pour autant, estimable et même attendrissant. Mais, aujourd’hui, que lui reste-t-il ? De quoi peut-il être fier ? A-t-il encore la moindre « identité » ?

Thames Water

Un des feuilletons des informations de la BBC est Thames Water. Thames Water est une des grandes entreprises de traitement de l’eau britanniques. Elle est extrêmement ancienne. Elle a été privatisée en 1989. Mais, contrairement à ce que l’on croyait à l’époque, ses services ne se sont pas améliorés. Non seulement elle n’a pas investi dans ses infrastructures, ce qui pose désormais de très sérieux soucis de santé publique, mais elle a versé de très généreux dividendes et a empilé les dettes (pour payer les dits dividendes ?), si bien qu’elle est en quasi faillite ! C’est l’exact envers de ce qu’espérait Mme Thatcher ! L’économie de marché ne fut pas le meilleur des mondes, mais l’ère du parasitisme ?

Comme je le disais dans de précédents billets, peut-être serait-il temps de se demander ce qui a cloché dans la politique de Mme Thatcher, qui a été adoptée un peu partout en Europe.

En fait, une des caractéristiques de l’ère du laisser-faire et de l’économie de marché que nous vivons est d’avoir liquidé les dispositifs d’étude de la société. Comment les refaire sortir de terre, alors que les services publics ont été, comme Thames Water, laissés pour morts ?

Thames Water

Sans textile

Une de mes tantes appelait les naturistes des « sans textile ». La France est-elle devenue naturiste ?

L’autre jours, je discutais de la question du textile en France. Un sujet dont on ne parle pas beaucoup est celui des fonds d’investissement. Ils ont eu la brillante idée d’acheter des marques connues et d’étendre leur marché en baissant leur prix, grâce à la délocalisation de la production. Résultat : le client ne s’y est pas retrouvé et la marque a disparu.

Une amie, une sorte de « trésor vivant » de la haute couture, a vécu une aventure de ce type. Seulement, je n’avais pas pris conscience qu’il s’était agi d’une stratégie systématique.

Quelle est l’étendue des dommages ? L’erreur est humaine, nous dit-on. Pourquoi ne cherche-t-on pas à en tirer parti, en examinant notre passé ?

(Curieusement, on assisterait à la création d’un grand nombre de « jeunes marques ». Mais sans avenir : à leur origine seraient des Bobos, une expérience personnelle leur aurait fait croire à un manque ; ils créeraient leur marque pour y remédier, sans rien connaître au métier ou à la gestion d’entreprise.)

Rire

Le rire ne serait pas le propre de l’homme ! Les animaux rient.

Apparemment, le rire est sélectionné par l’évolution : moins on rit, plus on serait agressé.

L’homme aurait tout de même une particularité. Il aurait deux rires. L’un, incontrôlé, qui remonte à la nuit des temps, et l’autre, plus ou moins volontaire, qui exprime une sorte d’accord avec son interlocuteur.

L’homme serait-il un animal social, dont le propre serait la manipulation ?

Complexité climatique

Strict EU sustainable finance rules deter emerging market investment, banks say
Development finance chief says Middle Eastern and Chinese groups are filling the gap

Financial times du 17 juillet

Il y a quelque temps un climato enthousiaste me présentait des exemples de projets vertueux. Je lui ai fait remarquer qu’ils n’avaient aucun impact, sinon de donner bonne conscience à leurs inventeurs.

Je me demande s’il n’y a pas quelque-chose de cet ordre dans les politiques européennes. Avec une différence : elles ont un impact, elles affaiblissent l’Europe ?

Les inconnus

Nouveau Front populaire : la piste Huguette Bello à Matignon, proposition des communistes pour sortir de l’impasse

Le Monde du 13 juillet

Qui va être le prochain premier ministre français ? Il semblerait qu’une condition nécessaire soit d’être un inconnu. (Ou, de préférence, une inconnue.) C’est ce que je me dis depuis quelques-temps, en regardant le nom des candidats dont parlent les journaux. Tout cela est-il bien sérieux ?

D’ailleurs est-il tolérable qu’un Etat, qui se dit démocratique, puisse écarter le FN, qui fait un score dont aucun autre parti n’oserait rêver, au seul motif qu’il est l’incarnation du diable ? Alors que des gens respectables tiennent son discours à l’étranger ? Et pourquoi avoir fait de « populiste » un terme péjoratif ? Est-il bien sain qu’un gouvernement trouve normal de donner des jeux, mais pas de pain ?

N’est-ce pas là d’ailleurs que nos angelots de la politique doivent chercher la solution à leurs problèmes, et refermer une parenthèse peu démocratique : s’unir pour proposer une politique qui siphonne les voix du FN ?

Le Nouveau Front populaire au bord de la rupture après la proposition de Laurence Tubiana comme première ministre

Le Monde du 16 juillet

Changement en Amérique

The Ohio senator, whose best-selling “Hillbilly Elegy” chronicled his upbringing in the rust-belt states of America, has long championed the cause of the American worker and the importance of the U.S. manufacturing sector. Expect him to advocate a turning inwards economically if he is elected vice president on the Republican ticket in November, as well as a push for stronger action against China.

Politico.eu hier, parlant du vice-président choisi par M.Trump

Le vice-président de M.Trump est jeune et, surtout, il a le mérite d’ôter aux Européens leurs dernières illusions. Les USA entrent dans une de leurs phases de repli sur soi.

Sa nomination met surtout en lumière une question qui a échappé aux Européens : l’industrie. Comme M.Biden, l’Europe a voulu faire d’une pierre deux coups : industrialiser pour décarboner. Ce qui ne semble pas avoir marché, c’est que les techniques que l’on a choisies pour cela ne seraient pas compétitives, et bonnes pour l’emploi, ou même l’économie. Une véritable réindustrialisation, fondée sur les forces des nations, aurait été bien plus favorable à leurs populations.

L’utilité de M.Trump est que, comme M.Macron, il met l’Europe en face de ses responsabilités. Il va signer la reddition de l’Ukraine. Que va-t-elle faire, notre Europe ? Sera-t-elle éternellement munichoise ? Ou apprendra-t-elle à rendre coup pour coup ? Y compris en frappant là où cela fait mal à M.Trump ?

Nouvelle ère ?

Private equity has become hazardous terrain for investors
The tailwind of freakishly loose monetary policy is now over

Financial Times, 15 juillet

La fin d’un phénomène qu’a étudié ce blog ? La banque centrale des USA a financé bulle spéculative après bulle spéculative. Il en est résulté le phénomène start up. Et des richesses fantastiques, généralement acquises pour avoir été là au bon endroit, au bon moment.

(La France, par mimétisme, a inventé la French Tech, et son Etat a financé massivement l’amorçage de start-up, sans beaucoup se préoccuper de leur viabilité ?)

Que va-t-il survenir ? Le « risque et l’opportunité », dans le changement, sont au moment de bascule. Depuis toujours une des caractéristiques des USA est la crise spéculative. On le dit peu, mais elle terrorisait les « robber barons » au début du siècle dernier, ce qui les a amenés à créer des monopoles. Plus tard ses crises se sont étendues au monde, et ont produit des guerres. Pourra-t-on en éviter une nouvelle, sans utiliser les fonds de la banque centrale ?

En tous cas, il y a une tentative de retour à la vertu. L’investisseur tenterait de résister à la tentation d’endetter ses participations afin de se verser des dividendes…

Private equity firms slash use of risky debt tactic to fund payouts
Use of fund-level net asset value loans to pay dividends falls 90% after institutional investors raise concerns