Nouvelle ère ?

Private equity has become hazardous terrain for investors
The tailwind of freakishly loose monetary policy is now over

Financial Times, 15 juillet

La fin d’un phénomène qu’a étudié ce blog ? La banque centrale des USA a financé bulle spéculative après bulle spéculative. Il en est résulté le phénomène start up. Et des richesses fantastiques, généralement acquises pour avoir été là au bon endroit, au bon moment.

(La France, par mimétisme, a inventé la French Tech, et son Etat a financé massivement l’amorçage de start-up, sans beaucoup se préoccuper de leur viabilité ?)

Que va-t-il survenir ? Le « risque et l’opportunité », dans le changement, sont au moment de bascule. Depuis toujours une des caractéristiques des USA est la crise spéculative. On le dit peu, mais elle terrorisait les « robber barons » au début du siècle dernier, ce qui les a amenés à créer des monopoles. Plus tard ses crises se sont étendues au monde, et ont produit des guerres. Pourra-t-on en éviter une nouvelle, sans utiliser les fonds de la banque centrale ?

En tous cas, il y a une tentative de retour à la vertu. L’investisseur tenterait de résister à la tentation d’endetter ses participations afin de se verser des dividendes…

Private equity firms slash use of risky debt tactic to fund payouts
Use of fund-level net asset value loans to pay dividends falls 90% after institutional investors raise concerns

Drame à l’Elysée

Je me souviens d’un livre dont le titre était « Ces malades qui nous gouvernent ». Peut-être faudrait-il, plus généralement, s’interroger sur ce que produit notre système électoral ?

Politico consacre une curieuse étude à la psychologie de notre président.

https://www.politico.eu/article/magnificent-mind-emmanuel-macron-france-legislative-election/

On n’y apprend rien de neuf, sinon qu’il est « bien plus » que ce que l’on pense. Et cela change tout.

En fait, il n’a pas de conseiller, même mauvais, même bassement courtisan, il est seul avec lui-même. Et, pour lui, le monde est une scène de théâtre. Chaque rencontre est un spectacle, pour lequel il adopte un costume nouveau et joue un nouveau rôle.

Soudainement, ce qui aurait pu sembler gentiment ridicule atteint la dimension du drame shakespearien : l’on apprend que cet homme est tellement enfermé dans ses rêves de grandeur qu’il n’en dort pas, et qu’il hante Paris la nuit !

(On dira que le système américain n’est guère meilleur que le nôtre. Mais il a été prévu pour qu’un président ne puisse être un dictateur. Chez nous, de Gaulle a fait tout le contraire…)

Super bulle

Nvidia could reach $50tn market cap in a decade, says top tech investor
Early Tesla and Amazon backer James Anderson sees chipmaker’s potential scale as ‘way higher than I’ve ever seen’

Financial Times du 14 juillet

Il est toujours intéressant de prendre les prévisionnistes au mot, pour vérifier, le moment venu, si leurs idées étaient correctes.

Voici ce que j’ai trouvé chez wikipedia :

Country / TerritoryTotal market cap
(in millions of US$)(as a % of GDP)
United States54,000,000194.5
China10,656,01865.1
Japan6,285,886126.7
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_stock_market_capitalization

Autrement dit, notre homme pense que Nvidia, qui est le fabricant de pelles de la ruée vers l’or artificiel, va, bientôt, à lui seul, doubler la valeur des entreprises américaines, qui semble déjà particulièrement élevée.

Sa véritable prédiction : les bulles spéculatives ne feront que grossir ?

Economie appliquée

Nearly 3mn fell into financial difficulty last year in the UK
Study finds more than 20mn people in Britain are now living in vulnerable circumstances

Financial Times du 13 juillet

Le dernier demi siècle aura été celui de l’économiste, du financier, de l’inspecteur des finances, de Mme Thatcher et de M.Reagan. J.K. Galbraith parlait, après guerre, de « The affluent society », et tous ces gens nous ont affirmé qu’ils allaient améliorer le sort de l’humanité. Où en est-on aujourd’hui ?

Ne serait-il pas temps de faire un « post mortem » des théories qui ont dirigé nos vies ?

Erreur des philosophes

Il y a quelque-chose d’extrêmement intéressant dans la phénoménologie : elle montre que notre pensée tend à être fausse « par construction ».

Seulement, au lieu de s’en arrêter là, les philosophes ont cru qu’ils avaient trouvé le moyen de nous dire ce qu’était la vérité.

Il en est de même chez Aristote. Il constate que la bonne décision est le « juste milieu » entre deux extrêmes, puis il se met à chercher, pour chaque question importante, le « juste milieu ». Ce qui n’est pas d’une grande utilité.

J’en suis arrivé à penser que comprendre réellement quoi que ce soit d’important demande de se « changer ». C’est à dire de « casser » une certitude. En fait d’être différent après d’avant, d’être un « autre homme ». C’est douloureux et aléatoire. Une condition favorable est probablement d’avoir une forte « anxiété de survie », que résoudre le problème soit vital.

Le philosophe peut donner des outils, éventuellement l’envie de les utiliser, mais pas des solutions ?

Panne électrique

Investors pile into platinum funds in bet on hybrid vehicles
Highest ETF inflows in four years come as electric car sales flag

Financial Times du 14 juillet

Le véhicule électrique semble être tombé sur un os. C’est peut-être le sauveur du monde, mais le gros de la population n’a pas les moyens de se le payer. Alors, le spéculateur « pivote ».

Mais jamais les grands donneurs de leçon qui font l’opinion n’avoueront qu’ils se sont trompés ! Leur statut d’autorité ne le permet pas.

Vie éternelle

On me disait que les gens extrêmement riches rêvent d’être éternels. Est-ce cet amour de la vie qui les a fait réussir ?

En même temps, j’entendais une émission traiter de cette question (Naked mole rates and life expansion, Naturebang, BBC4). Il semblerait que certains rats vivent particulièrement vieux. Cela tiendrait à ce qu’ils consommeraient peu d’oxygène (dangereux, apparemment), et qu’ils répareraient efficacement leur ADN. Et si nous les imitions ?

L’émission, aussi, disait que la mort donne du sens à la vie. On ne profite du moment que parce qu’il va passer.

En fait, c’est peut-être sur la société que l’impact de l’allongement de la vie serait le plus grand, ai-je pensé. Déjà, il a créé les grands parents, qui deviennent, au moins autour de moi, les véritables parents de leurs petits enfants. Et les conditions font l’homme, dit-on. Ensuite, contrairement à ce que nous ont affirmé les apôtres d’Internet, il est encore utile d’accumuler du savoir. On ne peut se contenter de moteurs de recherche. Car il se mélange au sein de l’homme et crée de la nouveauté. Plus on vieillit, plus on apprend, plus on crée.

Pour autant une longue vie rend-elle heureux ? Encore faudrait-il savoir ce qu’heureux signifie. Mais, je soupçonne que nos ancêtres avaient des existences beaucoup plus intenses que les nôtres. (Pour une raison que l’on trouvera plus haut.)

Forever young

La science cqfd parlait de l’expérience des « fentes d’Young » (expérience que n’a jamais faite Young, ai-je appris !) et avait programmé, en intermède musical, Forever young.

Trouvant le texte bizarre, l’ai-je compris ? j’ai enquêté. C’était une chanson que j’ai beaucoup entendue dans ma jeunesse, sans me poser beaucoup de questions à son sujet. Aussi ai-je été surpris de découvrir qu’elle était le fait d’un groupe allemand, et pas anglo-saxon, en dépit de son texte anglais.

Selon mon interprétation, ce serait un manifeste anti bombe atomique. Atomkraft, nicht danke. Plutôt que Forever young, ça serait plutôt : je ne veux pas mourir. Je veux rester éternellement dans l’état d’innocence et d’irresponsabilité de l’enfance.

Je comprends mal l’anglais, et encore plus mal la poésie, mais cette chanson me semble confirmer ce que je pensais de l’oeuvre de Bob Dylan : c’est une escroquerie. Les chanteurs de notre temps désirent exprimer quelques sentiments simplistes, et peu originaux, ils trouvent quelques formules qui donnent l’impression d’être artistiques, et le tour est joué ! En fait, tout le talent est dans la mélodie. Mélodie entêtante et quelques mots faussement profonds, c’est la recette du succès.

Limites à la croissance

les partis du bloc central n’ont pas su prendre en compte cette question nouvelle de l’insécurité économique, sociale et culturelle et y apporter des réponses crédibles. Le RN ne l’a pas fait non plus, à l’évidence sous une forme crédible (…) ; il l’a fait sous une forme démagogique et xénophobe, mais c’est malheureusement la réponse dont, faute de mieux, s’est emparée une grande partie des Français.

Article.

Il ressort de cet article que, en quelque sorte, le Français n’a plus d’ambition, et qu’il vit au jour le jour. En conséquence de quoi, il est affecté pour la dégradation de ses conditions de vie. Et il supporte mal les outrances des derniers idéalistes de la politique.

En fait, il en est un peu partout de même dans les autres pays, me semble-t-il.

Max Weber disait que la rationalité moderne avait « désenchanté le monde ». Je me demande si cette rationalité n’était pas une autre croyance, et si elle n’a pas fait long feu. Et si ce n’est pas réellement maintenant que l’on peut parler de « désenchantement » : « tout le beau de la passion est fini » ?

Est-ce ce que la dynamique des systèmes appelle les « limites de la croissance » ? Le grand élan qui a poussé l’humanité jusqu’ici a rencontré une limite ?