Que dire de Cervantès ? Une vie d’aventurier et de mauvais garçon. Paradoxalement, un talent littéraire exceptionnel.
Paradoxe apparent ? Beaucoup d’artistes lui ressemblent : Villon, Marlowe, Le Caravage, peut-être Rimbaud. Certainement d’autres. Quand un fou-furieux a du talent, il a beaucoup de choses à raconter ? Une autre façon de dire que les gens heureux n’ont pas d’histoire ?
Une amie s’est installée dans le Cantal. Sans voiture point de salut. Le Cantal m’apparaît comme un désert. Et je suis surpris lorsqu’elle me dit avoir entendu lors d’une fête locale « noire de monde » des dirigeants d’entreprises parler des sujets qu’étudient les interpreneurs. Elle me transmet cette vidéo (fort bien réalisée d’ailleurs) :
Même le Cantal peut être une terre d’entreprise ! Et à la fois il illustre les théories des économistes et leur colle un bonnet d’âne.
Car tous ces gens doivent leur succès à une forme d’innovation. Si bien qu’ils prospèrent dans des métiers que l’on nous dit condamnés ! L’un a retrouvé une recette de macaron secrète, on vient chez lui de partout, un autre fabrique des pulls avec trois ouvrières. Un autre encore a replanté une vigne. Tous ont travaillé dur. Tous ont rencontré des obstacles apparemment insurmontables (en particulier, des parents qui ne voulaient pas leur transmettre leur savoir-faire – sans parler du désert cantalou). Mais ils se sont adaptés. Et ils sont heureux. Et ils ont trouvé des successeurs. Des jeunes leur apportant peut-être de nouvelles idées, mais partageant le même esprit ?
L’exposition coloniale, d’Erik Orsenna, s’achève par « vive la France ! ». Eh bien, c’est ce que l’on a envie de dire lorsque l’on entend ces chefs d’entreprise.
Mots croisés, traduction littérale de l’anglais « crosswords ». Leur invention date du début du vingtième siècle. Un journal recherchait un jeu. Elle est le fait d’un Anglais installé aux USA. Il n’eut de succès que lorsqu’il est retourné dans son pays. Initialement, les mots croisés utilisaient les définitions des dictionnaires. Ce qui a fait la fortune de leurs éditeurs. Ce n’est qu’ensuite que l’esprit leur est venu. (Mérite le bâton ? Maréchal – écrit en période collabo.)
Instruction, journaux de masse, dictionnaires… conséquence inattendue : besoin de distraction ou la nécessité d’apprentissage se greffent sur cette nouvelle situation et produit les mots croisés ? De l’émergence de l’innovation ?
L’Allemagne a le talent de la politique industrielle. Elle choisit une politique, elle la met en oeuvre impeccablement. Hier c’était la globalisation, ventes en Chine, gaz russe, protection américaine, maintenant c’est l’armement.
La France, aussi, est tentée par l’armement. Va-t-elle être, une fois de plus, écrasée par l’Allemagne ? D’ailleurs est-ce une aussi bonne idée que de cela de mettre tous ses oeufs dans le panier militaire ?
Métier disparu. Celui de gardien de phare. C’était souvent un marin qui avait voulu se rapprocher de sa famille, tout en restant en mer. (Et qui n’avait pas désiré se faire marin ?)
Marche du progrès. Il a été remplacé par la machine.
Pourra-t-on inventer un progrès qui « augmente » l’homme, mais ne lui donne pas le rôle que ne parvient pas à assumer la machine et l’élimine lorsqu’elle y réussit ?
De l’utopie, propos de François Châtelet. Où l’on entend que le marxisme n’est pas une utopie, puisque la lutte des classes est démontrée scientifiquement. Le tout dit sur un ton professoral.
Mal français ? Avoir fait des études complexes est un permis de dire n’importe quoi ?
Un surréaliste disait apprécier l’art américain qui était libre des contraintes culturelles de la tradition. La culture américaine, qui semble une absence de culture, a eu un curieux pouvoir de séduction, voire de dissolution. Elle s’est infiltrée, par exemple, en URSS et en Allemagne nazie. Et elle a été fatale à tout ce que nous, Français, appelions culture encore il y a quelques décennies.
Les cultures européennes étaient soit aristocratiques soit populaires et traditionnelles, la culture américaine est celle d’un peuple moderne, sans tradition ? Pour cette raison, elle est d’accès facile ? Peut-on espérer voir renaître une culture digne de ce nom ?
Le Tank Renault aurait gagné la guerre de quatorze, du moins permis l’offensive finale. Voilà qui est surprenant, puisque tout le travail de De Gaulle aura été d’alerter son armée concernant le retard qu’elle avait pris dans ce domaine.
L’Allemagne aurait-elle copié la France ? Elle l’aurait déjà fait pour Napoléon, en s’inspirant de « l’esprit d’Austerlitz », offensive fulgurante qui lui a fait gagner les guerres de 70 et de 40, et a bien failli, aussi, nous mettre KO en 14.
Cela fait penser à l’invention du PC par IBM. IBM ne parvient pas à concevoir un ordinateur. Elle demande à une équipe d’asociaux de s’emparer du projet. Ils réussissent. L’organisation reprend ses droits et méthodes. Ce sont d’autres qui tireront les marrons du feu (en particulier Microsoft). La France ressemblerait-elle à cet IBM ?
Le roman policier serait-il anglais ? Eh bien non, il aurait été inventé par Edgar Poe, qui se serait inspiré de Vidocq. C’est un Anglais qui le dit, en 1948.
Nul n’est prophète en son pays ? Surtout s’il est Français ?