Munich

Il y a des moment où l’on ne regrette pas d’écouter la BBC.

Ce matin, c’était Munich. Grand soupir de soulagement. M.Starmer venait de rencontrer M.Trump. Il n’y aura pas de guerre avec les USA. Même les journalistes goûtaient l’humour de M.Trump. Et je ne vous parle pas de l’enthousiasme des patrons anglais.

Or, M.Trump était incroyablement méprisant pour le pauvre premier ministre, qui arrivait armé pourtant d’une arme absolue : une lettre de sa majesté le roi d’Angleterre ! M.Trump a commencé par se moquer de l’accent de M.Starmer, puis il a dit que ce dernier s’était vraiment donné beaucoup de mal pour lui plaire. Quand à l’engagement de soutenir l’Ukraine ou les troupes européennes ? Les armées anglaises ont fait la preuve de leur valeur !

La seule chose qui intéresse M.Trump est de faire des affaires, si possible en exploitant la partie adverse. Prochaine étape : faire éclater l’union européenne. Cela s’appelle « diviser pour régner ». Il y a même deux expressions pour le dire en anglais. Effectivement, l’Angleterre doit être fière de son héritier.

Lâche Allemagne ?

L’Allemagne pitoyable ? Pendant des années, elle nous a fait la leçon : achetez du gaz russe, vendez votre savoir-faire à la Chine. Maintenant, elle est gros Jean comme devant. Cependant, elle est dans le déni et bloque toute initiative commune.

En cela, elle ressemble à l’Amérique.

Ce qu’il y a de remarquable, c’est à quel point les coupables ont peu de mémoire, et à quel point il leur est pardonné.

(Seules les insultes de Trump semblent révéler un reste de sens de l’honneur, à la fois chez les Anglais et les Allemands. Vive Trump ?)

Rien ne va plus

M.Trump se moque de Taiwan et impose des droits de douane de 25% à l’Europe. La BBC, ce matin, ne savait plus quoi penser.

M.Trump est une sorte de virus. Il n’obéit à rien de ce que l’on enseigne à l’école. Ce qui est vrai et juste est ce qui lui passe par la tête. Les nobles d’antan auraient parlé de « bon plaisir ».

D’une certaine façon, cela explique son succès : il prend en défaut tout ce à quoi nous avons été déformés pour croire dur comme fer. (En cela, il n’est pas très différent de l’entrepreneur américain moyen, et, probablement aussi, du gangster.)

Comment le corps social va-t-il réagir au virus ?

(PS. Le virus a le doigt sur le bouton atomique…)

Lièvre vert

Hier, il était écrit dans la Tribune : « L’Europe donne un coup de frein à ses ambitions climatiques« .

Nos écologistes auraient-ils dû lire le lièvre et la tortue ?

Ou mes livres. Car le changement en force ne passe jamais. (Sauf bombe atomique ou équivalent.) Pour qu’il réussisse, il faut une forme de consensus populaire.

Et, à ce jeu, le « populiste » est beaucoup plus habile que l’intellectuel. Surtout s’il passe après que celui-ci se soit aliéné la population ?

(Kurt Lewin semble avoir vu juste, il y a une « bonne forme » de changement. Un changement « démocratique », qui aboutit à un consensus intelligent, et non « populiste ». C’est ce qu’il nomme le « changement planifié ».)

Anti politique

Le mal des organisations, c’est la politique. On y lutte pour le pouvoir. Et, à ce jeu, c’est le plus mauvais qui gagne. Cela est vrai pour l’Etat et pour la grande entreprise. On ne le constate jamais autant qu’aujourd’hui.

Comment éviter ce phénomène ? Je soupçonne que le mal vient du « gras ». Plus les membres d’une organisation sont protégés, plus ils s’inventent une raison d’être incompatible avec l’intérêt général. C’est ce que Robert Merton appelait « displacement of goals ».

La solution est probablement une structure « maigre » ou ce que l’on nomme « l’entreprise libérée ».

Seulement, comment y parvenir ? Pression des événements ?

Gérard de Nerval

Je ne m’étais pas intéressé à Gérard de Nerval. A tort ?

Les Nuits de France Culture lui consacraient une rétrospective.

Gérard de Nerval a un style élégant et aérien, sa prose est un poème. En un mot, il exprime ce que les universitaires, qui l’étudient, sont incapables de dire en toute une émission.

Effet « je ne sais quoi » : ils passent à côté de l’essentiel ?

Mars attacks

Lors de l’attaque de la Terre par les extraterrestres de Mars attacks, le gouvernement français, hilare, annonce que la crise est finie : il a négocié un accord avec l’envahisseur. A l’image suivante, la France est rasée.

A en croire ce que je lisais hier, M.Macron est fidèle à cette tradition. (Je note au passage que Elon Musk a quelque chose des Martiens du film…)

Mais quand cesserons-nous d’être ridicules ?

(Apparemment MM.Sarkozy et Kouchner avaient donné le même spectacle lorsqu’ils sont partis négocier avec M.Poutine…)

Pas de résistance

Je lisais que la presse américaine s’étonnait qu’alors que la première présidence Trump avait été traitée par la dérision, il n’y ait aucune résistance, cette-fois.

Une hypothèse tirée des observations de ce blog :

La plupart des mouvements de foule ne sont pas spontanés, ils sont organisés. Comment ? cela demeure un mystère. En tous cas, ils semblent aux mains d’un « microcosme ». Or, je soupçonne que celui-ci a été sévèrement ébranlé par la victoire de Trump. Autre possibilité : ses moyens d’actions sont devenus impuissants.

Bien sûr, il y a des exceptions. Les « gilets jaunes », par exemple. Peut-être aussi ce que l’on appelle le « populisme ». Il me semble qu’alors sont en jeu des intérêts vitaux, voire des valeurs communes. Peut-être est-ce la « société » qui réagit ?

(Ce qui pourrait signifier que ceux qui subissent sans réagir, comme les Palestiniens ou Libanais, ne sont pas, au fond, une société ?)

Abandon

Vendredi matin, j’entendais la BBC dire que l’armée locale avait été victime de « neglect ».

« Neglect » a été à la mode. C’est le « laisser faire ». La croyance, agréable, que le marché doit être laissé à lui-même.

Or, une société est comme un jardin. Elle s’entretient. L’avenir appartiendra probablement aux cultures qui sont capables de construire des organisations solidaires et efficaces, qui cherchent le succès dans leur travail et ne croient pas au miroir aux alouettes de la spéculation pour start-up.