La mort de Nietzsche

Il semble que les Grecs aient pensé que la mort du philosophe avait quelque-chose à dire sur son oeuvre. Sous cet angle, Nietzsche présente un curieux paradoxe : lui qui a parlé de surhomme, et de volonté de puissance, a fini sa vie comme un légume.

Du coup, j’ai essayé de me renseigner sur les causes de sa maladie. Mais les théories sont multiples. Il y a la syphilis, qu’il aurait contractée à 22 ans, un mal usuel de la haute société en ces temps, mais on parle aussi de tumeur et d’hérédité. Vu le nombre d’hypothèses avancées, je me suis demandé si, comme pour l’identité de Shakespeare, en proposer une n’est pas un moyen de se faire de la publicité.

Voilà qui semble illustrer une de ses théories : la vérité est une illusion. D’ailleurs y a-t-il réellement des « causes », ou est-ce une convention sociale utile ?

(Son mal peut-il jeter une ombre sur son oeuvre ? Oeuvre d’un fou ? Ou, au contraire, « mythe de Sisyphe » : refus du désespérer de la fatalité ?)

Justice

Il me semble, qu’après guerre, les USA étaient parvenus à imposer l’idée qu’ils étaient la justice internationale. D’ailleurs, eux-mêmes représentaient cette justice : les décisions de leur cour suprême scandaient l’avancée d’un progrès en marche.

Avec l’événement de Trump, l’illusion s’est effondrée. Bien sûr, il est responsable, mais pas coupable. Il n’est que le résultat de ce qui l’a précédé.

Nous en sommes revenus à la bêtise décomplexée. Chacun suit, avec satisfaction, ses instincts animaux, plein du sentiment de sa supériorité innée. Ce qu’il ne comprend pas est nécessairement stupide, n’est-ce pas ?

Peut-être serait-il temps de se dire que, au fond, la raison (au sens « science » du terme) et les droits de l’homme furent une bonne idée ? Et qu’il serait bien d’y travailler à nouveau ? Et qu’être faible, pauvre et dominé, comme l’Europe, crée des circonstances favorables à l’usage de son intelligence ?

Ainsi parlait Nietzsche ?

Le gai savoir serait-il « antichiant » ?

La philosophie depuis Platon et la religion chrétienne auraient retiré à l’homme sa joie de vivre et sa créativité. Au coeur du mal, la « vérité » (ce que Platon entend par là ?), la justification de la morale. Il n’y a pas de vérité, pas de morale. L’homme doit recréer son être, retrouver sa « volonté de puissance », sa puissance créatrice, en cherchant des mythes fondateurs bénéfiques. L’éternel retour pourrait être un tel mythe. En effet, chercher la liberté ce coup-ci signifie qu’on la cherchera toujours – avec une chance de la trouver.

Mon interprétation d’une émission, peut-être ni très bien entendue, ni très bien comprise.

Cela prend à contre-pied mes autres interprétations de Nietzsche. En effet, ses théories correspondent à celles qui étaient alors à la mode en Allemagne. Avec le même matériau on peut déboucher sur un humanisme ou sur le nihilisme et le totalitarisme. La « volonté de puissance » pourrait même être « l’élan vital » de Bergson.

(L’oeuvre de Nietzsche se terminerait sur « amor fati », ce qui semble signifier qu’il cherchait à comprendre la beauté de la vie, non à lui appliquer quelque grand dessin. Le « surhomme » serait plus un saint homme qu’un Napoléon ?)

Soudan

Que se passe-t-il au Soudan, et comment l’en tirer ?

Je n’ai pas été éclairé par l’émission de Christine Ockrent. Situation atroce, affrontements entre factions rivales, chacune appuyée par des nations plus ou moins voisines. Une situation qui serait peut-être due à une erreur de jugement des dites puissances. Car, au fond, elles n’y ont pas intérêt. La Chine, en particulier, et comme d’habitude, serait embarrassée, elle n’a pas le savoir-faire de ses ambitions hégémoniques. Peut-être aussi la situation serait-elle due, comme souvent, à des facteurs socio-économiques.

Bourgeois !

Sartre traitait Camus de « bourgeois ». Que signifie « bourgeois », lorsqu’il est utilisé par un intellectuel engagé ?

Ne serait-ce pas un individu uniquement intéressé par les biens de ce monde ? Le non bourgeois est un pur esprit, une âme noble ?

Cela m’a rappelé une phrase que l’on prête à un corsaire français. Un Anglais lui demandait : « pourquoi vous battez-vous pour l’argent, alors que nous nous battons pour l’honneur ? », « on se bat toujours pour ce que l’on n’a pas ».

Immigration

L’anthropologue Marc Augé observait que l’Occident globalisé et métropolisé avait exercé une fascination sur le reste du monde, à l’image de celle qu’ont exercée, jadis, les villes sur les campagnes.

Même cause, même effet : immigration. Une explication originale.

Ce qui m’a rappelé mon père, qui, quelque temps avant sa mort s’était acheté sa première télévision. Il regardait des Westerns, pas pour l’histoire, mais pour le paysage. C’était un amoureux de la nature. Pourquoi l’avait-il quittée ? Drame de l’immigré ?

Inégalités

Au 1er janvier 2019, les femmes représentent 51,6 % de la population en France : elles sont 2,2 millions de plus que les hommes. Les garçons sont cependant plus nombreux que les filles à la naissance et le demeurent jusqu’à 23 ans : ils représentent ainsi 51,1 % des moins de 24 ans (). Mais à partir de 24 ans, le rapport s’inverse et l’écart se creuse progressivement en faveur des femmes. Les hommes deviennent largement minoritaires aux âges avancés : ils représentent seulement 43,1 % de la population des 65 ans ou plus et 38,9 % des 75 ans ou plus. Début 2019, 12 700 femmes sont centenaires en France, contre seulement 3 000 hommes.

INSEE

Je savais qu’il y avait plus d’hommes que de femmes à la naissance, puis que le rapport s’inversait, mais je ne savais pas qu’il s’inversait si vite. En fait, en regardant d’autres statistiques, je constate que plus on avance dans le temps, plus l’inversion se produit tôt.

J’ai même l’impression que plus une société est avancée, plus c’est le cas : j’ai lu récemment que le Japon comptait 100.000 centenaires, dont 88% de femmes, par exemple.

Qu’est-ce qui pourrait expliquer ce phénomène ? La femme est apparemment beaucoup plus solide que l’homme. Mais pourquoi le rattrape-t-elle si jeune ? L’homme vit dangereusement ? La femme avait des maladies que la médecine soigne ? (Elle ne meurt plus en couche, elle a peu d’enfants, et tardivement… ?)…