On lit que Trump, Xi Jinping et Poutine seraient d’accord pour se partager le monde. Apparemment, on prend au sérieux la menace d’une attaque de Trump sur le Groenland. Trump pourrait-il refaire le coup de Roosevelt avec Staline, avec l’Europe continentale à la place de l’Allemagne ?
D’après ce qu’on lit, encore, les courants qui s’affrontent aux USA ont une même crainte : celle de la disparition de la race blanche. Trump veut lui réserver un espace vital défendu par le glaive, façon Israël, ses opposants désireraient être les meilleurs amis de ceux qu’ils craignent. Il semblerait que l’Europe n’appartienne pas à la race blanche.
Paradoxe qui enchanterait la systémique : et si la « race blanche » s’entretuait, par peur de disparaître ?
Alain Corbin est un historien qui semble avoir consacré sa carrière à corriger les biais de la recherche en histoire. Non seulement les spécialistes de l’histoire sont victimes « d’anachronismes » (ils jugent le passé avec les valeurs du présent), mais ils semblent chercher leurs clés à la lumière du lampadaire, ai-je cru comprendre…
Il a ainsi étudié ce qui avait laissé peu de traces : le bonheur, les paysans, la misère sexuelle du 19ème siècle, la vie d’un sabotier, les odeurs, la « virilité »… Dans ce dernier domaine, il a montré que la vie du mâle au 19ème siècle était effroyable. Non seulement, il crevait dans les guerres (il est effrayant de lire que le soldat se faisait déchiqueter dans les batailles, et restait sur place jusqu’à ce que mort s’ensuive) ou en duel, mais il devait s’expatrier, et vivre dans une précarité effrayante (l’immigré, en ce temps, c’était lui), pour gagner le pain de sa famille. La virilité voulait que l’on endure les pires tourments sans dire un mot.
Pas étonnant que les femmes n’aient pas revendiqué l’égalité des sexes en ces temps ? Mais aussi, peut-être bien que cette égalité s’inscrit dans le mouvement des choses : la condition de l’homme et de la femme se ressemblent de plus en plus. La virilité n’est plus ?
Histoire de la bataille d’Alger, en 1830. Je suis inculte. Au fond, je ne sais rien de la colonisation de l’Algérie.
Alger était sous la domination turque. Pourquoi la France a-t-elle voulu s’en emparer ? Mystérieux ? Une histoire de provocation, le dey d’Alger aurait donné un coup d’éventail au consul de France, être peu reluisant par ailleurs ? Douteux. Plutôt, tentative de Charles X de redorer son blason ? Ou volonté de revanche sur le sort d’une France défaite ? Ou encore désir de piller le trésor d’Alger ?…
Toujours est-il que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la victoire n’est pas certaine. Tout au contraire. Alger a la réputation d’être imprenable. Charles Quint s’y est cassé les dents et les Anglais l’ont récemment bombardée, sans oser débarquer. Napoléon avait envisagé de l’envahir et y avait envoyé un espion. Après des aventures rocambolesques, il en avait ramené un plan d’attaque. Mais peut-on lui faire confiance ? L’expédition a d’ailleurs du mal à arriver à bon port. On l’oublie, la Méditerranée est terriblement dangereuse et incertaine. Sans compter que l’amiral qui dirige la flotte ne s’entend pas avec le général en chef et n’a peut-être pas intérêt à ce qu’il réussisse. Une fois sur le terrain, l’armée ne donne pas l’image d’un mécanisme horloger. On observe le Français à l’oeuvre : c’est le simple soldat qui veut en découdre et entraîne les généraux. Quant aux Turcs, ils auraient pu aisément repousser l’attaque, seulement, ils sont plus aptes à la guérilla qu’à la bataille rangée. Finalement, c’est l’artillerie qui fait s’effondrer les murs du fort qui protège Alger. C’est à ce moment que la révolution se déclenche, en France. Le drapeau bleu blanc rouge remplace la fleur de lys. La fortune des généraux change.
Le général en chef a été vendéen, puis est passé, tardivement, dans le camp de Napoléon, puis de celui de Louis XVIII, avant de revenir vers Napoléon, puis de le trahir à Waterloo (aurait-il communiqué ses plans de bataille à l’armée ennemie ?). Cette fois-ci, ce sera le changement de trop : il ne jure pas allégeance à Louis-Philippe, et part en exil. En fait, son histoire est plus ou moins celle des cadres de l’armée. La plupart sont devenus des « politiques ». Ils vont sans grande difficulté d’un régime à l’autre.
Toujours est-il que l’affaire fut rentable. Mais qu’on n’y trouva pas de femmes.
L’Europe est certes dans une situation difficile, les prochaines années sont d’élection, et les barbares sont aux frontières, mais elle a des atouts. Elle est le dernier îlot de civilisation avec un modèle social unique, le « populisme » qui la menace n’est rien d’autre que la manifestation d’un peuple qui désire se faire entendre, elle a un potentiel de reconstruction économique, donc de croissance, à exploiter (destruction créatrice économique) en adoptant la flexisécurité des pays du nord, de façon à ce que l’adaptation soit indolore pour la société, et négocier avec la Chine sur le mode « donnant donnant ».
M.Trump annonce qu’il va juger M.Maduro. Apparemment, il l’accuse d’être un baron de la drogue. Ce qui apparemment est faux, ou ridicule en comparaison avec ce que pratiquent des gens que M.Trump trouve sympathiques.
M.Trump semble singer ce que d’autres ont fait avant lui concernant Noriega, les armes de destruction massive irakiennes… Mais alors, soit on avait des preuves, soit on a étouffé l’affaire.
Dans ce cas, que peut dire la justice américaine ? Soit elle nest plus une justice, alors qu’elle est la fondation de la société américaine, soit elle blanchit M.Maduro…
En tous cas, s’il y a une leçon à retirer de tout cela, c’est qu’il ne fait pas bon vivre isolé sans arme de destruction massive sous la main. Sage Corée du nord ? (Et qu’il serait bon de remettre en marche un droit international, si nous voulons éviter d’être le prochain Vénézuela – bien que nous ayons la bombe atomique mais pas de pétrole.)
President Donald Trump’s capture of Venezuelan leader Nicolas Maduro sparked widespread discussion on Chinese social media, with some users saying the operation offered a template for how Beijing could handle tensions with Taiwan
J’ai encore tort. En réfléchissant au comportement de Trump, en début d’année dernière, j’en étais arrivé à penser qu’il allait utiliser son armée, la plus puissante au monde. Mais j’ai cru qu’il n’irait pas jusque-là. Erreur.
C’est d’autant plus idiot que son coup de main au Vénézuela est dans la plus pure tradition nationale. Bien sûr, d’ordinaire les excuses sont un peu mieux travaillées. Mais l’esprit doit être le même.
Alors, pourquoi le Vénézuela ? Il semblerait que la raison soit celle dont parlait un précédent billet. Les USA sont en guerre avec la Chine et lui signifient que l’Amérique latine, qu’elle a envahie, est leur Lebensraum. Pour le reste c’est « business as usual » : il y aurait du pétrole à récupérer et probablement des affaires immobilières pour la famille Trump.
Enseignement ? La loi de Poutine ? Lorsque je perds à la loyale, je me fâche et je fais appel à mon armée ?
Je suis entouré de gens très intelligents, très bien éduqués, avec, en outre, une expérience pratique hors du commun, et je suis surpris de la façon dont ils utilisent chatgpt.
Dernièrement l’un a demandé à chatgpt ce qu’il devait faire de sa vie professionnelle. Celui-ci lui a répondu « effet miroir pour dirigeant de PME ». Il était enchanté.
Je lui ai fait remarquer que le dirigeant de PME, qui a généralement le profil d’un chef d’atelier, était inaccessible et qu’il n’achetait pas de conseil, encore moins de ce type là. Ce dont il a convenu.
Autre exemple. Cette fois, on utilise chatgpt pour évaluer son entreprise, unipersonnelle, qui vivote. Il lui trouve une grande valeur. Seulement, il semble oublier que les prix sont faits par l’offre et la demande. Et qu’à l’heure de Trump il ne fait pas bon être faible.
Depuis le début, je pense qu’il serait intéressant de chercher à comprendre les lois auxquelles le comportement de chatgpt obéit. En attendant, il me semble qu’il a un talent fou pour exploiter nos prejugés et nos faiblesses. Le champion du « biais comportemental » ? Le super intelligent serait-il un super escroc ?
Tentative pour comprendre ce qu’est le capitalisme, son histoire, ou plutôt celle de l’économie, et les mécanismes à l’oeuvre. 3 conférences données, en 1976, sur l’oeuvre qui a pris dix ans de la vie de Fernand Braudel.
Il distingue trois niveaux, il y a « la vie matérielle de tous les jours », « l’économie de marché » et le « capitalisme ». Le capitalisme semble une forme de parasitisme dû aux imperfections du marché, à un contrôle déficient, qui laisse à une petite minorité la capacité d’exploiter une faille du système, d’établir des monopoles et d’accumuler du capital. Etre capitaliste, brasseur d’argent, est la seule profession non spécialisée.
Pour que le capitalisme émerge, il faut, donc, que la société le tolère (ce n’aurait pas été le cas en Chine) et une masse critique de conditions favorables, en particulier une grande prospérité matérielle. Il aurait commencé au Moyen-âge, passant successivement de Venise à Anvers, puis à Gènes, à Amsterdam, à Londres, à New York.
Le capitalisme se caractériserait par des sortes de zones concentriques. Au centre, le coeur du système, et, plus on s’en éloigne, plus on est exploité (voire réduit en esclavage) – sans en connaître la cause.
N’exploite pas le monde qui veut. Il lui faut une puissance préalable lentement mûrie. Mais il est certain que cette puissance, si elle se forme par un long travail sur elle-même, se renforce par l’exploitation d’autrui, et, au cours de ce double processus, la distance qui la sépare des autres s’augmente.
Voilà qui plonge le lecteur dans un abîme de réflexions. Le capitalisme, à ne pas confondre avec l’économie de marché, serait-il la cause, inutile, de bien des maux de l’humanité ? Tiendrait-il à quelques cultures qui laissent s’épanouir les prédateurs ?
Je prends conscience de ce que j’ai oublié notre président dans mon bilan annuel.
Cela tient à ce que j’ai fini par le prendre pour un cas désespéré. J’ai eu tort : j’ai cru qu’il était capable d’apprendre de ses erreurs, alors qu’il n’écoute rien. Sa stratégie internationale se défend, certes. En outre, conséquence de son passage chez Rothschild ? il est probablement le premier président français qui ait adopté les codes comportementaux internationaux. En conséquence de quoi il n’est pas pris pour un clown embarrassant par ses collègues. Mais, il n’a apparemment que mépris pour la population, qu’il juge certainement « deplorable », selon le mot de Mme Clinton.
Mais voilà que Le Monde écrivait (avant hier) : « Les neuvièmes vœux d’Emmanuel Macron, le début d’une course contre la montre pour réhabiliter son bilan« .
Que faut-il en attendre ? Au tie-break du dernier set, notre président va-t-il nous sortir un ace ? Ou, quelque décision géniale qui nous fera regretter la dissolution ? Dans un domaine où il a encore un pouvoir – en politique étrangère ? Ou en France ?… Toujours est-il que, pour parler comme Edgar Schein, son « anxiété de survie » est élevée, une condition nécessaire au changement.