Dangereuse séduction ?

Un surréaliste disait apprécier l’art américain qui était libre des contraintes culturelles de la tradition. La culture américaine, qui semble une absence de culture, a eu un curieux pouvoir de séduction, voire de dissolution. Elle s’est infiltrée, par exemple, en URSS et en Allemagne nazie. Et elle a été fatale à tout ce que nous, Français, appelions culture encore il y a quelques décennies.

Les cultures européennes étaient soit aristocratiques soit populaires et traditionnelles, la culture américaine est celle d’un peuple moderne, sans tradition ? Pour cette raison, elle est d’accès facile ? Peut-on espérer voir renaître une culture digne de ce nom ?

Tank

Le Tank Renault aurait gagné la guerre de quatorze, du moins permis l’offensive finale. Voilà qui est surprenant, puisque tout le travail de De Gaulle aura été d’alerter son armée concernant le retard qu’elle avait pris dans ce domaine.

L’Allemagne aurait-elle copié la France ? Elle l’aurait déjà fait pour Napoléon, en s’inspirant de « l’esprit d’Austerlitz », offensive fulgurante qui lui a fait gagner les guerres de 70 et de 40, et a bien failli, aussi, nous mettre KO en 14.

Cela fait penser à l’invention du PC par IBM. IBM ne parvient pas à concevoir un ordinateur. Elle demande à une équipe d’asociaux de s’emparer du projet. Ils réussissent. L’organisation reprend ses droits et méthodes. Ce sont d’autres qui tireront les marrons du feu (en particulier Microsoft). La France ressemblerait-elle à cet IBM ?

Von Kleist

Je dois à Eric Rhomer d’avoir entendu parler de Heinrich von Kleist. Il a tiré un film de La marquise d’O, de l’oeuvre de ce dernier.

Les histoires de von Kleist semblent ressembler à sa vie : un innocent défend, quoi qu’il en coûte, une certaine idée de la justice.

(Les nuits de France culture : Anthologie étrangère – Heinrich Von Kleist (1ère diffusion : 24/01/1962 Chaîne Nationale).)

Barbey d’Aurevilly

Faudrait-il reconsidérer Barbey d’Aurevilly ? me suis-je demandé en écoutant une ancienne émission qui lui était consacrée. Ce qui est certain est que ses nouvelles gagnent à être lues par de bons acteurs. Mais, ce sont de bonnes histoires, sans plus.

Barbey d’Aurevilly semble avoir surtout su se mettre en scène (il se grimait) et épater le bourgeois. En cela il ressemblait à Oscar Wilde, et peut-être à tous les artistes de son temps ?

(Réflexions venues de France culture : Cent ans de spiritualité dans les Lettres françaises – Jules Amédée Barbey d’Aurevilly (1ère diffusion : 04/03/1952).)

Aliénation ?

Les médecins nous prennent pour des machines, les économistes ne jurent que par la productivité ce qui nous fait bouffer du cadmium et liquide l’agriculteur. Je soupçonne que le mal de la société n’est pas là croissance mais l’esprit qui la produit.

Ne faudrait-il pas trouver un moyen de donner de la valeur à ce qui en a vraiment ? Fameux bonheur intérieur brut ?

Je pensais à cela, lorsque je découvre une émission des années 80, qui semble partager ce point de vue. Dans les années 50, le gouvernement (de Gaulle ?) a décidé de rendre « productive » la paysannerie. Alors qu’elle produisait (horreur ?) du foie gras, de grand luxe, on l’a forcée à cultiver le maïs de manière intensive.

Hongrie

Affaires étrangères ont-elles vu juste ? Oui, Viktor Orban a perdu et son opposant a une « super majorité » qui lui permet de changer les lois créées par le dit Orban. Il semblerait, décidément, qu’il existe une sorte de loi de la nature : c’est l’économie qui fait les élections. Le pays était en faillite. Nos hommes politiques semblent oublier cette loi.

Le pays est entre les mains de la Russie et de la Chine, les amis d’Orban sont partout. Va-t-il changer dans un sens qui plaise à l’UE ? Et, dans quelle mesure le veut-il ? Attention à ne pas prendre nos désirs pour des réalités ?

(L’Université de Cambridge adresse à Peter Magyar ses voeux de succès.)

Culture SCOP

L’étude de la SCOP (précédent billet), m’amène à de curieuses observations :

La SCOP serait le lieu idéal pour la créativité à la française. Le dirigeant français (le Français) est extrêmement créatif, seulement il confond idée et exécution. La culture démocratique de la SCOP le force à convaincre ses associés, et, ce faisant à concevoir la mise en oeuvre pratique de ce qu’il a dans la tête. (« Le succès est dans l’exécution » disait Napoléon.)

La SCOP réalise, aussi, le rêve des économistes : adapter à nos entreprises le « modèle allemand » de cogestion. Mais, en plus, celui des élus locaux : la SCOP est « fixée au sol », et, en particulier, non délocalisable.

Seulement, la SCOP n’est pas pour tout le monde. Une SCOP ne fonctionne bien que si les « bonnes personnes sont au bon endroit ». La SCOP pourrait être mieux adaptée à une entreprise qui a fait ses preuves, même si son dirigeant, jusque-là, était « seul dans son bureau », qu’à une entreprise en création, dont la cohésion n’a pas été testée par « l’épreuve du feu ».

Ce qui amène à une dernière question : et si la SCOP était la structure d’entreprise qu’exige la culture (au sens anthropologique du terme) de notre pays ?