Barbey d’Aurevilly

Faudrait-il reconsidérer Barbey d’Aurevilly ? me suis-je demandé en écoutant une ancienne émission qui lui était consacrée. Ce qui est certain est que ses nouvelles gagnent à être lues par de bons acteurs. Mais, ce sont de bonnes histoires, sans plus.

Barbey d’Aurevilly semble avoir surtout su se mettre en scène (il se grimait) et épater le bourgeois. En cela il ressemblait à Oscar Wilde, et peut-être à tous les artistes de son temps ?

(Réflexions venues de France culture : Cent ans de spiritualité dans les Lettres françaises – Jules Amédée Barbey d’Aurevilly (1ère diffusion : 04/03/1952).)

Femmes en guerre

Quel fut le sort des femmes françaises, durant la dernière guerre ? Cette émission ne vous apprendra rien.

Entre cette histoire et celle que j’ai entendue de ma famille, il y a la même différence qu’entre une équation et un jour de printemps. L’historien cherche ses clés à la lumière du lampadaire ?

Aliénation ?

Les médecins nous prennent pour des machines, les économistes ne jurent que par la productivité ce qui nous fait bouffer du cadmium et liquide l’agriculteur. Je soupçonne que le mal de la société n’est pas là croissance mais l’esprit qui la produit.

Ne faudrait-il pas trouver un moyen de donner de la valeur à ce qui en a vraiment ? Fameux bonheur intérieur brut ?

Je pensais à cela, lorsque je découvre une émission des années 80, qui semble partager ce point de vue. Dans les années 50, le gouvernement (de Gaulle ?) a décidé de rendre « productive » la paysannerie. Alors qu’elle produisait (horreur ?) du foie gras, de grand luxe, on l’a forcée à cultiver le maïs de manière intensive.

Hongrie

Affaires étrangères ont-elles vu juste ? Oui, Viktor Orban a perdu et son opposant a une « super majorité » qui lui permet de changer les lois créées par le dit Orban. Il semblerait, décidément, qu’il existe une sorte de loi de la nature : c’est l’économie qui fait les élections. Le pays était en faillite. Nos hommes politiques semblent oublier cette loi.

Le pays est entre les mains de la Russie et de la Chine, les amis d’Orban sont partout. Va-t-il changer dans un sens qui plaise à l’UE ? Et, dans quelle mesure le veut-il ? Attention à ne pas prendre nos désirs pour des réalités ?

(L’Université de Cambridge adresse à Peter Magyar ses voeux de succès.)

Culture SCOP

L’étude de la SCOP (précédent billet), m’amène à de curieuses observations :

La SCOP serait le lieu idéal pour la créativité à la française. Le dirigeant français (le Français) est extrêmement créatif, seulement il confond idée et exécution. La culture démocratique de la SCOP le force à convaincre ses associés, et, ce faisant à concevoir la mise en oeuvre pratique de ce qu’il a dans la tête. (« Le succès est dans l’exécution » disait Napoléon.)

La SCOP réalise, aussi, le rêve des économistes : adapter à nos entreprises le « modèle allemand » de cogestion. Mais, en plus, celui des élus locaux : la SCOP est « fixée au sol », et, en particulier, non délocalisable.

Seulement, la SCOP n’est pas pour tout le monde. Une SCOP ne fonctionne bien que si les « bonnes personnes sont au bon endroit ». La SCOP pourrait être mieux adaptée à une entreprise qui a fait ses preuves, même si son dirigeant, jusque-là, était « seul dans son bureau », qu’à une entreprise en création, dont la cohésion n’a pas été testée par « l’épreuve du feu ».

Ce qui amène à une dernière question : et si la SCOP était la structure d’entreprise qu’exige la culture (au sens anthropologique du terme) de notre pays ?

Inversion

Jadis de Gaulle parlait de la « grandeur de la France ». Il n’était pas le premier. La France, depuis longtemps, « rayonne ». Ensuite, la gauche en est revenue à la lutte des classes (ultra marxiste ? la fin de l’histoire, selon Marx, serait l’ère culturelle – la réaliser ne fut-il pas la politique de la gauche ?), et la droite au libéralisme de la performance et de la productivité, lutte des classes encore.

Ces politiques nous auraient-elles monté les uns contre les autres ? Ont-elle fait éclater la structure sociale héritée de la 3ème république (cf. l’école républicaine) ? Nous ont-elles appauvris ?…

Et s’il fallait en prendre le contre-pied ? La France peut-elle trouver à « grandeur » une acception qui ne soit ni celle de De Gaulle, ni celle de Louis XIV ?

SCOP

J’ai commencé récemment à me pencher sur une des questions du moment : la cession d’entreprise. Beaucoup d’entreprises seraient à céder, leurs dirigeants partant à la retraite, très peu seraient susceptibles de trouver un repreneur. 3 millions d’emplois seraient en jeu !

Et pourquoi ne pas transmettre son entreprise à ses salariés ? Voilà qui réglerait le problème ! J’enquête donc auprès de ceux qui ont réussi, et raté ! ce type de cession. Je suis tombé sur le cas de la SCOP.

Une fois de plus, j’avais tort. Je pensais que c’était l’entreprise de ceux qui rejetaient l’entreprise. En fait, c’est un moyen inattendu de réussir le changement que doivent réussir nos PME. Et ce, rapidement.

Voici pourquoi. Nos PME ont une créativité réellement extraordinaire, mais elles sont peu résilientes : leur dirigeant est « seul dans son bureau », il ne connaît pas le potentiel de son affaire, ses relations avec ses salariés sont souvent tendues et, contrairement à ses concurrents étrangers, son entreprise n’est pas stimulée par son environnement immédiat. Ce qui tue l’innovation dans l’œuf (cf. le Français n’achète pas français) et plombe la performance de notre économie.
Par les temps qui courent, c’est préoccupant.

Or, la transformation en SCOP amène le dirigeant à compléter son équipe de direction et l’entreprise à s’interroger sur ses forces et à « accoucher » d’un modèle économique pérenne. Ses équipes se soudent. Elle sort de son isolement pour entrer dans un environnement stimulant (le « cluster » des SCOP).

Le plus « fort » est l’aspect « conduite du changement » de la démarche. Cédant et repreneurs sont pris en main, et, en peu de temps, ils acquièrent une formation à l’état de l’art du management d’entreprise. Exemple caractéristique : la question financière, sujet culturellement inquiétant et dont les techniques sont ignorées. La valeur de l’entreprise est correctement calculée, le cédant n’a pas à faire de sacrifice, mais, grâce à un montage financier de haut vol, l’investissement demandé au salarié-repreneur est compatible avec ses (faibles) moyens !

Saint Simon

La « massification » de l’enseignement supérieur a eu un effet déplaisant : on ne peut plus écouter religieusement les autorités de la raison. C’est le constat que je fais lorsque j’entends un universitaire parler d’un auteur que j’ai lu. J’ai l’impression qu’il exprime un sentiment personnel.

Quel est mon sentiment vis-à-vis du duc de Saint Simon ?

Je l’ai découvert il y a bien longtemps, par hasard. Et j’ai beaucoup aimé ses portraits. Ils sont épiques.

Il me fait penser à ces officiers, politiciens ou aventuriers qui ont connu la ruine de leurs espoirs mais savent avoir vécu un moment exceptionnel de l’histoire. Ils désirent laisser un témoignage. Napoléon et de Gaulle en sont des exemples.

Sa vie fut un drame. Il était le représentant même du mal qui a détruit ce à quoi il croyait plus qu’à tout : la haute noblesse. En effet, les rois s’étaient mis à faire des ducs de tout et n’importe quoi. En particulier de son père, un favori de Louis XIII (qui avait plus des minions que des favoris). Or, Louis XIV a poursuivi cette pratique. Ce qui menaçait dangereusement les privilèges nouvellement acquis de Saint Simon.

Quant à ses portraits, ils ne faut pas les prendre comme des critiques. Ce qui fait le noble digne de ce nom est la grandeur. Vice ou qualité, tout est hors de mesure. Il plane au dessus de la populace, qui n’est même pas visible. Je me demande, d’ailleurs, si le Français n’a pas conservé ce préjugé : il hait ses compatriotes parce qu’ils ne portent pas assez haut la seule culture qui ait jamais existé. (Le reste de l’humanité est indigne d’intérêt.)

(Pour une autre opinion : une série de France culture.)

Recette du succès

J’ai été frappé, il y a quelque temps, d’un billet qui enjoignait la France d’imiter les Grecs et les Portugais. J’ai l’impression que, depuis la mort de De Gaulle, nous sommes devenus des imitateurs. On nous dit d’imiter le GAFA, M.Schröder et les Allemands, dernièrement Madame Meloni et les Italiens. Et M.Giscard d’Estaing se serait vu en John Kennedy.

D’où vient cette curieuse tendance ? En tous cas, pas d’une analyse des faits. Car, qu’est-ce qui explique le succès, extrêmement temporaire, de tous ces gens ? La crise. En difficulté, ils se sont mis à réfléchir. Et chacun a trouvé « sa » solution.

Voilà ce qui me donne un, faible, espoir pour l’Europe.

Pinocchio

Je n’ai jamais lu l’histoire de Pinocchio. En en écoutant des extraits, j’ai pensé qu’elle n’était pas faite pour les enfants. Pinocchio est bête et il ne lui arrive que des malheurs. Il n’y a qu’un adulte qui puisse prendre plaisir à une telle aventure.

Peut-être est-ce aussi l’histoire de son auteur ? Etudiant-prêtre défroqué, il a vécu misérablement, écrivant pour payer ses dettes de jeu. Pinocchio fut l’oeuvre de la fin de sa vie. Son succès n’est venu que bien des décennies après.