Corsaire de bonne compagnie

Un certain Corbière, père du poète, s’était fait une spécialité du livre de corsaire. Il avait été lui-même corsaire pendant les guerres napoléoniennes. Il m’a rappelé un autre corsaire écrivain, de la même époque, cette fois anglais : Trelawny.

Ce que je trouve curieux dans ces deux cas est que les corsaires étaient des brutes, sans foi ni loi. En revanche, dès qu’ils se mettaient à écrire leurs aventures, les bons sentiments y coulent à flots. Ce qui me rend leur oeuvre illisible.

De la pression sociale ? De la dictature de la respectabilité ? Le libre arbitre serait-il une illusion ?

Pasteur

Lorsque j’avais une vingtaine d’années, j’ai fait une étude des travaux de Pasteur. Je m’étais passionné pour sa démarche. C’était une « machine de guerre » implacable. Chimiste, il découvre que la dissymétrie moléculaire est liée à la vie. Du coup, il va de trouvaille en trouvaille, apportant des gains énormes à l’économie et transformant la médecine. C’était un redoutable expérimentateur.

J’ai retrouvé cette histoire dans une série des nuits de France culture. Mais j’ai appris que c’était un farouche nationaliste (peut-être était-il simplement attaché aux valeurs de notre pays, qui fut longtemps celui des droits de l’homme ?) à qui l’on doit d’avoir pris conscience du retard considérable que la science française avait pris sur l’Allemagne, qu’il était hémiplégique et qu’il était particulièrement cassant vis-à-vis de ses adversaires, qu’il ridiculisait. Et qu’il était enterré dans la crypte de l’Institut Pasteur.

Interprétation

Wikipedia me montre un étrange tableau.

On est en Hollande, au 17ème siècle. Un bourgeois tout de noir vêtu, curieusement assis sur le pas de sa porte regarde une mendiante famélique, qui tend la main. Elle paraît très âgée, mais ne doit pas l’être, vu qu’un petit enfant l’accompagne.

De la maison sort une jeune fille richement habillée, à l’air malsain.

Qu’en penser ?

Eh bien, il semblerait que l’homme en noir ait commandé le tableau. Il se montre donc probablement fier de sa réussite, bon père, et homme charitable.

Méfions-nous des interprétations hâtives ?

Admiration

Que le président Giscard d’Estaing se soit pris pour le président Kennedy a été une surprise.

A la réflexion, le demi-siècle qui vient de s’écouler fut « anti de Gaulle ». De Gaulle désirait faire briller le pays. Il mettait en valeur ses talents, et ce de quelque bord qu’il soit. Y compris, d’ailleurs, sa jeunesse et ses intellectuels, qui, pourtant, lui en voulaient à mort. Il pensait, aussi, que chaque peuple avait sa personnalité et ses mérites.

Depuis, nos gouvernants ne se sont-ils pas persuadés que « c’est mieux ailleurs », et que nous sommes laids ? Ils rêvent de nous réformer, pour nous rendre dignes des « autres » ?

Et si cela était le résultat d’une stratégie plus ou moins délibérée des USA de faire un monde à leur image ? Peut-être aussi la rançon de leur succès : leur culture a gagné un monde admiratif, et il n’y a pas plus influençable que ses élites, girouettes faute de racines ?

Stable coins

J’avais entendu parler des « stable coins ». Je pensais, à tort, que c’était une autre cryptomonnaie. En fait c’est effectivement une cryptomonnaie, mais d’un nouveau type. L’émetteur s’engage à la rembourser si nécessaire. Avec l’argent qu’on lui donne, l’émetteur achète des obligations d’Etat. Ce qui permet d’assurer la garantie, et de faire des bénéfices.

Comme les cryptomonnaies, ils permettent les manoeuvres frauduleuses.

Le gouvernement américain apparemment voudrait les utiliser à la fois pour faire baisser la valeur du dollar et le taux de sa dette, ce qui est contradictoire. (Plus le dollar baisse, plus il faut payer cher pour sa dette.)

Apprentis sorciers ? (Affaires étrangères de France culture.)

Les Cristalliers

Y a-t-il toujours des Cristalliers ? Les Cristalliers sont, ou étaient, des alpinistes dont la passion était la collecte de cristaux de roche. Ils consacraient leurs loisirs à des escalades périlleuses, qui parfois leur coûtaient la vie, à la recherche des dits cristaux. Et, lorsque l’escalade n’est pas possible, à observer les montagnes à la jumelle, dans l’espoir d’y repérer quelqu’évolution favorable.

Art pour l’art, apparemment les cristaux n’ont aucune valeur.

Voilà qui paraît curieux. Mais, vues par un étranger, toutes nos passions ne sont-elles pas incompréhensibles ? C’est ce genre de fantaisie qui évite à l’humanité d’être prisonnière de la raison ? Raison qui pourrait lui être fatale ?

(Rediffusion de France culture.)

Tueur russe

Hasards de wikipedia. Un tueur en série russe. Je me suis demandé : comment peut-on être un tueur en série en URSS ?

Une enfance effroyable, des crimes effroyables, une misère qui fournit des victimes et une police qui a le talent de faire avouer l’innocent ? Curieusement, il aurait pu s’en tirer, s’il n’avait pas craqué en dernière minute, lorsqu’on lui a lu le portrait psychologique du tueur présumé.

On a les tueurs que l’on mérite ?

Les temps sauvages

D’ordinaire je n’ai pas une grande estime pour Joseph Kessel, gloire d’un temps révolu. En fait, je n’aime pas les romans.

Mais ce livre, dont je n’ai entendu que des extraits, n’en est pas un. A la fin de la guerre de 14, l’Etat major allié craint que l’Allemagne ne reconstitue un front en Russie. Il décide d’envoyer des troupes en Sibérie. Kessel est volontaire.

Il découvre une humanité de la fin des temps, l’homme redevenu animal. Le milieu naturel de l’aventurier et de l’écrivain.

Paris est un roman

Une émission à la gloire de Paris.

Elle m’a fait penser que Paris avait perdu la fascination qu’il exerçait sur le monde. D’ailleurs, aucune ville ne me semble l’avoir remplacé.

Pourquoi ? Je me demande si les transports n’ont pas dissipé le mystère. Ainsi, dans mon enfance, aller à Paris était une aventure. Et on y voyait des spectacles rares et des nouveautés étranges. Par exemple des métros sur pneus. Y habiter ne changeait rien : les quartiers de Paris étaient isolés les uns des autres.

Maintenant tout se ressemble. Tout est devenu banal.

Méthode Dumas

Alexandre Dumas a produit une oeuvre qui est impossible à lire en une vie. Un temps, il écrivait tous les feuilletons des journaux parisiens.

Sa méthode consistait à utiliser une équipe de personnes qui lui fournissait des idées et des ouvrages plus ou moins achevés. Il les réécrivait en leur apportant, peut-être bien, l’art qui leur manquait et qui faisait leur succès.

Pourquoi s’acharner à vouloir faire une oeuvre du sol au plafond ?

(France culture : La vie de Dumas père : Les trois mousquetaires, Conférence de l’Université des annales (1ère diff 17/10/1955))