Les entreprises Renault furent nationalisées après guerre pour cause de collaboration.
Mais, que faire lorsque vous possédez une grande entreprise dans un pays occupé ? Et que peut-il arriver à vos employés si vous fermez ? La réaction des grandes familles de l’époque, Michelin, Peugeot, Renault diffère surtout par leur degré de collaboration avec les alliés. La véritable résistance est rare : c’est celle de certains membres de la famille Michelin, morts dans des camps de concentration.
Quant à Louis Renault, c’était un curieux personnage. Il appartenait à une famille riche mais avait fait peu d’études et était une sorte de « self made man », qui, jusqu’au bout, n’avait pas peur de se salir pour passer sous une voiture en assemblage. Ses chars avaient fait de lui le héros de la guerre de 14, mais le perdant de l’après guerre (car il n’avait plus la capacité à produire des voitures). Comme beaucoup, les Américains notamment, il admirait l’efficacité de l’industrie allemande des années 30. C’était un patron à poigne, comme ses semblables. Surtout, il semble avoir eu de graves problèmes mentaux. Les derniers temps, sa pensée était devenue incohérente. Aujourd’hui, on le mettrait sous tutelle. Il est mort en 1944, il n’a pas vu la nationalisation de son entreprise.
Cette faiblesse fut-elle l’opportunité d’une « expérimentation sociale » ?
