En assistant à la conférence du Commissariat au Plan (billets précédents), j’ai été frappé par ce que tous ces gens m’étaient familiers. Ils avaient beau être ministres, ils se comportaient comme les personnes avec lesquelles j’ai passé ma vie professionnelle.
Le début de la conférence était triomphal. Le ministre de l’économie, que d’ordinaire on ne voit pas, avait même modifié son agenda pour être présent. Et il est demeuré toute la séance. Mais le débat a quelque peu « cassé l’ambiance ». Et Nicolas Dufourcq, arrivé en claudiquant pour conclure, était désespéré. Comment avait-on pu être aussi idiots ? Pire : nous continuions à l’être. Aucune issue en vue. Si l’histoire peut être un guide, elle nous enseigne que notre situation s’achève par la guerre.
Cela m’a fait penser à Kurt Lewin. Selon lui, tout changement est un dégel. Nous sommes des robots, pilotés par des certitudes. Soudain, rien ne va plus. C’est le temps du changement. Ce qui demande de « dégeler » ses certitudes. Désarroi. J’ai eu l’impression que notre classe dirigeante, ou « élite », est en phase de « dégel ». Elle prend conscience que tout ce à quoi elle croyait est en échec. En voulant faire l’ange elle a fait la bête. « On est nuls » disait Nicolas Dufourcq.
J’ai aussi pensé que Donald Trump avait raison. L’Europe, Grande Bretagne en tête, est sortie de la guerre honteuse. Le temps de la puissance et de la folie guerrière était derrière elle. Elle a fait allégeance aux USA. De Gaulle fut la seule exception. Mais ses successeurs sont entrés dans le rang.
Devenir adulte ? Le nom du changement ?