Il est sorti !

Mon dernier livre est sorti ! Je l’ai écrit pour le compte de l’association des interpreneurs.

C’est le résultat de beaucoup de travail. 5 ans d’enquête, plus de 230 interviews, des dizaines d’accompagnements d’entreprises. C’est un livre de témoignages. On y entend la voix, ce qui est peu fréquent, des PME et des territoires. Le sujet de l’enquête ? Comment se fait-il que nos entrepreneurs ne sachent pas mieux exploiter leurs idées ? Un drame pour notre pays, qui, faute d’une économie prospère, n’a plus les moyens de pourvoir aux besoins de sa population, et de tenir son rang.

C’est aussi l’histoire d’un long parcours personnel (initiatique ?) fait d’une succession, pénible, de remises en causes. J’ai toujours tort n’a jamais été aussi juste. Par exemple, il m’a fallu du temps, honte à moi, pour découvrir que je traitais de la question de l’innovation, le nerf de la guerre économique. Et plus de temps encore pour comprendre que j’avais réinventé les travaux de Michael Porter, un des universitaires du management les plus fameux.

Ce qu’il dit est à la fois évident et à l’opposé de l’opinion commune. Il constate que l’innovation est le fruit du terreau, du « business cluster ». Sans stimulation locale il n’y a pas d’innovation. Ce n’est pas l’être de génie qui fait l’innovation, mais le milieu. Ce qui n’est rien d’autre que la thèse de Maslow.

Or, dans ce domaine, la France est une exception mondiale. Le dirigeant y est seul. Son environnement lui est hostile. En conséquence l’innovation est tuée dans l’œuf. Ce que j’écris là n’est pas de la théorie, c’est ce que je constate, quasi quotidiennement dans ma fréquentation des entreprises. Dans cette affaire, il n’y a pas de bons et de mauvais. Ce sont les relations entre Français qui sont infectes.

Pour autant, même si notre pays est en mauvais état, il possède un socle de savoir-faire que l’on trouve dans peu de pays. L’essentiel est là. Car changer les relations entre individus n’est pas coûteux. Cela ne demande qu’un peu de bonne volonté…

Or, si nous la trouvons, tout est possible ! Car, autre évidence qui ne semble avoir percuté la tête de personne, le monde change radicalement. Rien ne va plus. Nous vivons à un moment qui survient rarement dans une vie ! Un moment où tout est à inventer, les entreprises, les nations, l’humanité ! Avec, en plus, un genre d’ultra révolution industrielle ! Notre temps est le paradis de l’entrepreneur !

Seulement, où sont nos esprits entreprenants ? Notre pays semble en être resté à la France d’après guerre, que Michel Crozier décrit dans le « Phénomène bureaucratique ». Une France totalement dépendante de l’Etat.

Voilà ce qu’il faut ébranler. Il faut retrouver « l’élan vital ». Il faut « régénérer l’éros », selon l’expression d’Edgar Morin ! Tout commence par là.

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