Il n’y a pas que la BBC qui sache raconter des enquêtes. L’émission Une histoire particulière de France culture est partie à la recherche des papiers de Céline.
Quand Céline fuit l’épuration, il laisse derrière lui les ouvrages auxquels il travaillait. Il dira ensuite qu’on les lui a volés. Depuis, on les cherche. Et on vient de les retrouver.
France culture a fait de l’Agatha Christie. Tout du long de l’émission, l’auditeur était sur une fausse piste. Car, après avoir cru découvrir un trésor, ce dernier comprend que ce travail n’avait aucune valeur pour Céline. Après guerre Céline se voulait une victime. Il avait tout oublié de son passé. Il était une oie blanche persécutée par la société. Or, coup de pied de l’âne, son appartement est confié à un résistant modèle. Un humble devenu héros. Et que celui-ci contacte Céline, à son retour en France, pour lui rendre ses documents. Mais comment être une victime, quand un homme qui serait justifié de vous expédier au peloton d’exécution, vous rend votre bien ?
Epilogue : les papiers sans valeur semblent avoir fait la fortune de Gallimard, et, j’imagine, des ayants-droits. Ce qui n’était que justice ?
(Je me suis toujours demandé pourquoi on avait une telle estime pour Céline. J’ai trouvé séduisante sa révolte d’après première guerre. Mais n’était-ce pas une posture ? On dit qu’il était une célébrité. Et son oeuvre d’après guerre, quant à elle, est abjecte. Quant à son style, ce n’est que mécanique.)