Socrate

Le Socrate de Platon m’insupporte. Son questionnement incessant est illisible. Et c’est un manipulateur. Car ses questions incessantes illustrent ce que les universitaires appellent « framing » : elles orientent la réponse de son interlocuteur, qu’en outre, il prend à la gorge par son questionnement incessant. Socrate ne cherche pas la vérité, il la connaît. D’ailleurs, c’est la thèse de Platon : on ne fait que redécouvrir ce que l’on savait déjà.

In our Time de la BBC m’a fait changer d’avis. En fait, même si on est incapable de savoir qui il était et ce qu’il pensait, Socrate aurait eu bien du mérite. Avant lui la philosophie s’intéressait au sexe des anges, avec lui elle est devenue un art pratique, pour vous et moi. En outre, contrairement à ce que laisse entendre Platon, Socrate aurait été un chercheur, un homme du doute, qui s’interroge en permanence.

Quand à son procès, et sa mort, ils ne seraient pas le seul effet d’un injuste arbitraire. Socrate n’aimait pas la démocratie, et il a été jugé à une époque où elle était en danger après une période de dictature oligarchique sanglante. Sa raison nouvellement découverte l’aurait-elle égaré ? Comme bien des inventeurs, aurait-il été victime de son invention ?

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