Métamorphoses

France culture étudiait les Métamorphoses d’Ovide. Je n’en ai pas retenu grand chose. Sinon qu’il est difficile de ne pas faire d’anachronisme. Comment penser comme on pensait au temps d’Ovide ?

Ce qui est certain est que la métamorphose n’a rien d’original à l’époque. C’est, pour un dieu grec, une sorte de figure obligée. Pour les Grecs ces dieux et leurs aventures furent des enseignements. Mais lesquels, en ce qui concerne la métamorphose ? Il n’y a pas de frontière entre les espèces ? Comme chez les Hindous, la vie passe d’une forme à une autre ? Tous frères ?

Quant à Ovide, je me suis demandé s’il ne ressemblait pas à tout écrivain, à La Fontaine ou Molière, par exemple : il fabriquait du neuf avec du vieux. C’était l’occasion d’une oeuvre d’art, de raconter de belles histoires ? De faire passer quelque message de son cru à ses contemporains ? Anachronisme ?

Triste Liban

Un million de personnes déplacées, près du quart de la population. Pauvre Liban, qui prend tous les coups, sans pouvoir rien faire. Conséquence imprévue des succès israéliens : le Hezbollah ayant été décapité est aux mains des Iraniens !

Comment cela va-t-il se finir ? Israël va-t-il abattre l’Iran et, donc, le Hezbollah ? Ce serait apparemment dans l’intérêt des pays du Golfe, pour qui l’Iran est une menace permanente. Mais si cela dure ? Une crise mondiale, comme celle de 74, qui a mis fin aux trente glorieuses ? (Qu’est-ce que cela signifie, pour nous, qui sommes déjà dans une mauvaise passe ?) Il y aurait aussi beaucoup de nations qui n’y auraient pas intérêt. D’où émergence d’une diplomatie internationale qui mettrait fin au conflit ?

(Affaires étrangères.)

Une question que personne ne semble poser : que vont devenir toutes ces victimes de guerre ? Des terroristes ?

Thèse

Le hasard m’a fait assister à Ma thèse en 180 secondes (MT180) de la Sorbonne. 12 thésards, 4 hommes et 8 femmes, ont été sélectionnés pour expliquer en 3 minutes le sujet de leurs recherches.

Excellente idée. J’ai était impressionné par ce que la science moderne permet de faire. Voilà qui est une bonne publicité, pour elle et ses thésards. Curieusement, j’ai trouvé ces sujets bien plus intéressants que ceux dont me parle l’université de Cambridge, qui, pourtant, espère me faire financer sa recherche.

Quant aux lauréats, je pense qu’ils l’ont été pour la clarté du propos. En revanche, je soupçonne qu’on les a poussés à la recherche de la métaphore compréhensible du grand public. Parler des intérêts ou des difficultés de leur travail aurait été plus efficace. Encore un effort ?

Mines et mineurs

La mine, était-ce Zola ?

En 1974, on interroge un mineur. Il a 42 ans, il gagne 1700F par mois. Il travaille 8h par jour, il prendra sa retraite à 50 ans. Il a eu des accidents, il a un début de silicose, va-t-il s’arrêter bientôt ? Son sort est entre les mains de la médecine du travail.

J’enquête, le SMIC, en 1974, est à 1000F (il vient d’être augmenté de 20% !). Le mineur n’est pas très bien payé, pour un métier aussi dangereux. Seulement, il a des avantages. Et ils s’élèvent à 150.000F par an ! Ai-je bien entendu ? Oui, 12.000F par mois est-il précisé. Le mineur a une belle maison et ne paie pas le médecin, le chauffage, etc. Pas plus que des impôts sur ces avantages en nature. Si bien que sa femme n’a pas à travailler.

Théorie et pratique

Je reçois l’analyse de la situation économique d’un territoire. Elle est faite avec l’aide de chatgpt. 50 pages.

Un petit miracle économique inconnu apparaît. Je note l’art du « prompt » de mon correspondant : il fait sans cesse apparaître de nouvelles pépites. Jusqu’à ce qu’il demande pourquoi telle entreprise se délocalise. Brutalement, l’IA révèle que ce qu’elle venait de qualifier de réussite tourne au vinaigre. Le territoire tremble. Les syndicats et les élus sont mobilisés.

Et lorsque je demande à un ancien dirigeant des services du département ce qu’il pense du reste du panorama, il me répond qu’il correspond plus aux espoirs des développeurs économiques qu’à la réalité, triste.

Qui nous dit de nous méfier de l’intelligence artificielle ? Il n’existe plus de rempart entre le marketing et nous.

O tempora

Durant mon enfance, j’ai eu le sentiment de vivre sous le régime de la raison. Puis j’ai découvert que, de Hayek à Foucault en passant par Churchill, on estimait que les démocraties étaient des totalitarismes, qui ne valaient pas mieux que l’URSS. Le libéralisme a gagné.

Intéressante expérience. On a découvert ce que l’on avait oublié. Par exemple que certains croient toujours que leur peuple est supérieur aux autres, qui méritent d’être écrasés. Ou que l’entrepreneur américain pense toujours qu’il livre un combat contre l’humanité. Mieux ? C’est le règne du mensonge. Car, le prochain est un ennemi, et tous les coups sont permis pour lui faire rendre gorge. Quant à la science, qui est une « intelligence collective », éclatée en individus, elle disparaît. En tous cas, elle n’a plus de conscience.

Géographie de la guerre

C’est la société qui fait la géographie, pas le contraire. Les sociétés ont un usage structuré de l’espace. Le savoir est utile au militaire. C’est ainsi, par exemple, qu’il peut distinguer les mouvements des civils de ceux des Talibans.

De même, les cartes doivent être adaptées à l’art du combat et aux pratiques des militaires, en leur donnant les informations dont eux-seuls ont besoin.

(France culture.)

Rebondissement

Feuilleton de la spéculation artificielle.

Qui l’eut dit ? Les géants du GAFA, qui nagent dans les bénéfices, s’endettent ! C’est la course au « data centre ».

Comment tout cela va-t-il se finir ?

Long reliant on revenues to fuel growth, big tech firms are now borrowing heavily to build AI technology

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-03-13T03:00:19Z

Quant au data centre :

The AI industry could completely transform our energy systems and bring us into a carbon-free future—but companies’ impatience could threaten communities and the environment instead, @matteowong.bsky.social reports:

The Atlantic (@theatlantic.com) 2026-03-13T17:45:16Z

Protégez-moi de mes amis

J’ai toujours tort. Je ne comprenais pas en quoi l’intelligence artificielle pouvait être fatale au jeune.

L’explication est pourtant évidente, c’est le fameux « biais de positivité ». L’IA vous dit ce que vous voulez entendre. Si vous êtes suicidaire, il vous encourage dans cette voie !

L’IA semble être entre les mains de personnes aux idées « socialement avancées », leur mot d’ordre est certainement « care ». Et c’est pour cela qu’ils ont créé une IA « positive ». Mais, éternelle leçon, qui veut faire l’ange fait la bête ?

AI chatbots are reinforcing unhealthy beliefs in their users by agreeing even when users express delusional or harmful ideas, according to research, adding to growing concern about the technology’s impact on people ft.trib.al/DcoFVsn

Financial Times (@financialtimes.com) 2026-03-18T16:31:04.381644Z

Journal de Gombrowicz

N’ayant pas trouvé le tome un, j’ai commencé par le deux. Mauvaise idée ?

Histoire pitoyable. Gombrowicz se vente d’être un homme libre, alors qu’il a une soif maladive de reconnaissance. Il est en lutte avec les Polonais, qu’ils appartiennent à l’émigration ou à la Pologne communiste, il leur dit : regardez, je suis un grand auteur, ce sont les Occidentaux qui l’affirment !

En ces temps, après guerre, le marché de la littérature était mondial. On aimait l’auteur cosmopolite. Ledit auteur était une célébrité et reçu par chaque nation. Et Gombrowicz a profité de cette mode. Pour le reste, il avait pour principe d’être systématiquement malpoli avec ceux qui l’accueillaient, d’être provocant. Ce que ceux-ci devaient porter au compte de son originalité.

Quant à ce journal, qu’il semble considérer comme une oeuvre formidable, il est vide. Il reproche aux Argentins de chercher à bâtir une nation, aux intellectuels français d’obéir à des modes, et aux Allemands d’après guerre de ne plus avoir d’âme. Comme étude anthropologique, c’est maigre. Il s’en prend aussi à Dante.

Il n’en demeure pas moins qu’il avait du talent. Mais à quoi cela lui a-t-il servi ?