Train chinois

« L’industrie européenne face au rouleau compresseur chinois » une étude du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan. Le 16 février avait lieu un débat sur cette question. Un train peut en cacher un autre ?

Le rapport constate qu’industrie, chimie, pharmacie… autrement dit toute l’économie européenne n’est plus concurrentielle. Les coûts chinois sont 30 à 40% moins élevés que les européens, pour une meilleure qualité.

Que faire ?

  • Des droits de douane européens de 30% ? Mais l’essai de M.Trump est peu concluant. En outre, l’économie européenne est massivement dépendante des faibles coûts chinois. Et le combat ne se livre pas que sur le sol européen : l’économie européenne, contrairement à l’américaine, est fortement exportatrice. La question de la Hongrie et plus généralement de la possibilité d’un front uni européen n’a pas été évoquée. Sinon pour dire que « la commission ne comprend rien » et que le parlement européen, dont l’élection n’est pas prise au sérieux par l’opinion, est coupée des réalités, comme en témoigne le Green deal, qui a liquidé l’industrie automobile pour rien.
  • Se rapprocher des Américains ? Ne sont-ils pas nos alliés naturels ? Abattre nos normes et faire allégeance au gouvernement Trump ?
  • La « destruction créatrice » ? Si souvent évoquée par le passé. Mais rien n’a remplacé les secteurs qui ont disparu.
  • La taille du marché européen ? L’utiliser pour négocier avec les Chinois. Mais ils n’obéissent pas à la logique du marché. Ils écrivent dans leurs plans quinquennaux, depuis des décennies, qu’ils livrent une guerre à l’Occident. Chaque année ils prennent un pourcent de plus du marché mondial. Leur Lebensraum est le « sud global ». Ils veulent tout dominer : les techniques de pointe aussi bien que les industries traditionnelles.
  • Innovation ? L’Europe a pensé être habile en vendant la « génération d’avant » à la Chine. Seulement la Chine innove plus vite que l’Europe, et a conçu la « génération d’après » avant et mieux que cette dernière. D’ailleurs, même dans les rares cas où une start up prend un avantage, la Chine le copie immédiatement et propose l’équivalent beaucoup moins cher.
  • Jouer sur les dépendances de la Chine (notamment par rapport au fer) ? Mais la Chine les élimine avant même que nous n’envisagions de les exploiter.
  • L’Allemagne ? La raison d’être du rapport serait-elle de la convaincre que, elle aussi, est mal partie et qu’elle doit nous sauver ? (Mais peut-elle faire un miracle ? D’ailleurs, son économie est tournée vers l’exportation.)
  • La guerre ? Les conséquences pratiques d’une UE privée d’économie n’ont pas été évoquées, seulement ce qui est survenu, dans le passé, dans cette situation : la guerre. Mais, comment l’UE, et sa faible armée, pourrait-elle faire la guerre ? peut-on se demander.

« On est nuls », concluait Nicolas Dufourcq.

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