On a oublié ce que signifiait « progrès » après guerre, me dis-je en écoutant les anciennes émissions de la radio, et en me rappelant de mon enfance.
On a oublié qu’il était banal de mourir de la tuberculose, alors. Et que des classes entières de la société vivaient dans une pauvreté abjecte qui faisait de la prostitution et du crime un fait social. On a oublié que les barres de béton furent un immense progrès pour beaucoup. On aussi oublié, l’ascenseur social qui a changé le sort de bien des gens.
Après la crise de folie de la guerre, elle même due à un après première guerre mondiale lors duquel les USA avaient abandonné l’Europe, et y avaient laissé s’établir une pauvreté abjecte, terreau de toutes les révolutions, auquel la crise de 29 et sa spéculation avaient mis le feu aux poudres, le monde était entre les mains des sages dont rêvait Platon, et de la science, en particulier de la « recherche opérationnelle », qui désormais fixait un cours rationnel à notre histoire. La sécurité sociale en était un premier effet. C’était une garantie anti populisme, nourri par la misère. La planification de l’économie, anti spéculation, un second.
Cet amour du progrès était aussi un amour de la technique, dont Elon Musk et ses amis de la Silicon Valley semblent orphelins. On pensait conquérir les étoiles, vivre parmi les robots et manger des cachets… Au fond, il y aurait un jour où la mort n’existerait plus. On entrevoyait le paradis ?
