
Un jeune Malgache, Rija Rakotoarisoa, raconte « how he did it », façon traité de management.
C’est simplement écrit et passionnant. A chacun des 14 épisodes, on se demande comment on aurait fait à sa place. Et on aurait peut-être bien renoncé. Cela commence par ce que l’on nomme en France pauvreté : devoir emprunter pour manger, et s’éclairer à la lampe à pétrole. Mais il y a aussi un puissant désir de faire des études. Alors, il faut gagner sa vie, bien travailler à l’école, pour avoir une bourse, et faire 12km à pied par jour. Puis c’est l’arrivée en France, grâce à un oncle, pour préparer les grandes écoles. Mais comment faire, lorsque l’on ne parle quasiment pas le français ? Et cela continue comme cela, tout au long de sa carrière.
Une vie de champion ? A chaque revers, il réfléchit froidement. Ne jamais se laisser abattre. Tirer le maximum de ses forces et faire des compromis. Devant trouver des revenus tout en étudiant, il ne peut avoir de mention, ce qui devrait lui fermer toutes les portes. Eh bien non. Il veut ce qu’il y a de mieux, et cherche une voie de contournement pour l’obtenir, et la trouve, à chaque fois.
Cette vie ressemble beaucoup à celle de mon père et de la génération née un peu avant ou un peu après la guerre. Des gens pauvres qui s’élevaient dans la société grâce à leur détermination et à notre système éducatif. Cela confirme peut-être ce que je disais il y a peu concernant la domination de la vie politique anglaise par les « Asiatiques ».
Notre société moderne a cassé cette dynamique. Et je ne suis même pas sûr que l’histoire du livre puisse se répéter aujourd’hui : « l’ascenseur social » éducatif est désormais réservé à « l’élite ». Or, la société a besoin de l’élan vital de ses citoyens. Ce livre serait-il à étudier sérieusement pour en tirer le moyen de le faire revivre ?