Mort d’un capitaine

Un ancien officier de marine était employé par une société qui fait de l’import export. Dès que le débarquement d’une de ses cargaisons rencontrait une difficulté, il arrivait, et la résolvait. Il avait aussi assuré le suivi la construction des propres bateaux de l’entreprise.

Et puis l’intelligence artificielle est survenue. Un supérieur lui a dit que, dorénavant, les bateaux, bourrés de capteurs, devraient naviguer plus vite. Il a expliqué que ce n’était pas possible. Et il s’est fait licencier. Je l’ai rencontré. Je lui ai dit qu’il avait été victime d’une habituelle manoeuvre d’un ambitieux. Pas de quoi déprimer. Et que son savoir-faire, exceptionnel, trouverait facilement un emploi, y compris comme consultant pour son ancienne société.

Comme je l’avais prévu l’ambitieux n’a pas fait de vieux os. Mais un ressort était cassé. Trois ans plus tard, on a appris le décès du capitaine.

Nous avons vécu des temps violents. Comme à l’époque des Grecs anciens, la rhétorique était la règle du jeu, et les « modes de management », comme l’IA, des armes de guerre. Ceux qui n’avaient pas appris à parler, capitaines et autres ingénieurs, sont tombés comme des mouches.

Quant à moi, je tends à être par trop théorique, et abstrait, et à ignorer la complexité humaine. Je suis aussi le produit de mon éducation.

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