Les forçats de l’IA

Dans cette vidéo, la cheville ouvrière de l’implantation de l’intelligence artificielle chez Renault explique son travail.

Le problème principal à résoudre est de « cartographier » les objets à connecter, ce qui demande de les nommer. Sans cela, rien n’est possible. Et y parvenir requiert des années (trois, dans ce cas) ! Puis les directions demandent un « retour sur investissement » immédiat, ce qui se traduit par des applications de type « maintenance prédictive », usine par usine.

Voilà qui n’est guère glorieux. D’autant que ma faible expérience de la maintenance prédictive me fait douter de l’efficacité de l’IA, elle-même imprévisible. Ce qui « marchait » de mon temps c’était l’algorithme, qui révélait à l’expert une règle « évidente ». Effectivement, la question critique était l’accès (généralement impossible) aux données.

Par ailleurs, le meilleur outil de maintenance prédictive était souvent le cerveau de l’ouvrier qui vivait dans l’usine. L’intelligence humaine a un talent fou pour tirer des règles d’une réalité complexe.

Décidément, il y a loin de l’amour de nos économistes pour « l’innovation de rupture » à la réalité ?

Génie humain

Elle éclate, elle n’éclate pas ? Aux USA les bourses sont sur des montagnes russes, malmenées par les nouvelles des performances des champions de l’intelligence artificielle.

Génie humain ? On a transformé cette instabilité en argent !

Tech groups find a new way to monetise AI hype: selling volatility
Elevated convertible bond issuance is, at heart, a response to the market being twitchier than usual

Financial Times du 4 juin

Ou aliénation ?

Investisseur artificiel

On raconte qu’une intelligence artificielle gère un café. Elle achète, prend les commandes, fait les menus, embauche et dirige le personnel… Et fait n’importe quoi. C’est un désastre (6000 serviettes…).

Cela en dit aussi long sur les fonds d’investissement. Car tout cela est financé, alors que ce n’est pas le cas de projets utiles. La logique du fonds d’investissement ? La spéculation façon Panurge ?

Intelligente Encyclique

Encyclique du Pape. Que dit-il ? Pour le savoir il faudrait la lire.

De ce que l’on entend, j’en retire qu’il s’interroge sur l’esprit qui anime les promoteurs de l’intelligence artificielle et les conséquences que cela va avoir pour l’humanité.

Trop subtil ? Le pape fait-il l’hypothèse qu’ils ont encore une conscience ?

A moins qu’il ne s’adresse à ceux qui devraient en avoir une, nous ? Le prêche dans le désert est une spécialité de l’Eglise ?

Révélateur artificiel

Les messageries refusent mes messages. Or je n’envoie que des messages à des gens que je connais. D’ailleurs, elles refusent mes réponses, même ma propre messagerie s’y met : elle refuse des messages que je lui envoie. Mieux, elle me dit que mes messages sont « incorrects » !

Des joies de l’intelligence artificielle ? Mais qu’est-ce que cela révèle-t-il ? Que, pour l’IA qui désormais à la haute main sur l’entreprise, l’homme normal est une anomalie ? Son apprentissage s’est fait dans le monde de Trump ? Où cela nous mène-t-il ?

Géniale intelligence

Enfin un emploi pour l’Intelligence artificielle ?

IMF warns new AI models risk ‘systemic’ shock to finance
Fund says preparations needed for ‘inevitable’ AI-enabled breaches of financial institutions’ cyber defences

Financial Times 7 mai

Il va falloir payer cher pour éviter que l’intelligence artificielle ne détruise le monde ? L’innovation dont rêvait le mafieux ?

Fake it

Fake it until you make it est la devise des USA. En fait celui qui « fake it » correctement n’a même pas à « make it ».

L’intelligence artificielle en est un exemple. C’est une course en avant financée par la planche à billets de la FED. Comme pour les taxis d’Uber, l’espoir est d’installer un monopole, en vendant à perte, et alors de « se refaire ». Que l’on produise un désastre écologique ou que l’IA exploite les failles de l’individu et le détruise, rien de cela ne compte. Le succès, la fin, justifie tous les moyens. D’ailleurs, malheur au vaincu.

C’est la logique du virus. Et le virus a contribué à la vie. Il est partout dans notre génome. Ce qui ne tue pas renforce.

Grand pari

L’unité d’investissement est devenue la centaine de millions. Et cela n’étonne personne. Ce qui est surprenant.

CEO Elon Musk has staked Tesla's future on AI-powered robotaxis and humanoid robots. Here's what to know about the electric vehicle maker's pivot.

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-04-24T15:30:07Z

Oracle’s $300 billion megadeal with OpenAI is testing the limits of Wall Street’s appetite for debt tied to America’s data-center boom.

The Wall Street Journal (@wsj.com) 2026-04-24T14:51:40.126920Z

Justice artificielle

Breaking News: Florida announced a criminal investigation into ChatGPT, based on messages it sent to a man who killed two people last year.

The New York Times (@nytimes.com) 2026-04-21T16:34:42.237050Z

Il y a quelques années, j’avais suggéré à un éditeur de logiciel de se méfier des Américains. Son logiciel aidait à la décision. Ne pouvait-on pas l’accuser d’avoir fait prendre une mauvaise décision ? En particulier dans un pays qui est prompt à attaquer les riches ?

Il semble que ce soit ce qui arrive à chatgpt. Ce qui n’a rien de surprenant tant il est supposé être supérieur à l’homme. Pourrait-il terminer en prison ? En tous cas, il risque d’être compliqué de rassembler des preuves contre lui : il n’en finit pas de se transformer et d’effacer sa trace…

Gain de productivité

Meta to cut 10% of jobs to ‘offset’ Mark Zuckerberg’s AI spending
Social media group plans to spend $135bn on data centres this year

Financial Times du 16 avril

L’intelligence artificielle fait des miracles. Comme on nous l’annonce depuis longtemps, elle met l’homme au chômage. Mais pas tout à fait comme on l’avait prévu. Elle coûte si cher que l’on est bien obligé de compenser cette dépense par des économies. Et quoi de plus facile que de licencier des hommes ? Surtout aux USA ?

Le phénomène n’est pas neuf. L’informatique est moins un gain qu’un coût. Je me suis d’ailleurs demandé s’il ne fallait pas voir sa main invisible derrière les déficits de l’Etat. L’Etat achète la dernière technologie, pour « être dans le coup ». Un pays dirigé par une aristocratie intellectuelle ne peut pas avoir une mode de retard. Seulement, il découvre alors qu’il ne peut pas licencier. Cela explique peut-être aussi pourquoi, selon les mots d’un ami, haut fonctionnaire et consterné, l’administration ressemble à une « pyramide inversée ».