Livre de Maurice Godelier, Flammarion 2010.
Étiquette : Weber
Chine et christianisme
Amérique fondamentaliste
- Bronislaw Malinovski. Sa théorie : le rôle de la religion est d’aider l’homme à faire des choix qui correspondent aux intérêts de la société. Contrairement aux autres pays « développés » l’Amérique est ultra-individualiste. En Europe, au Japon… l’homme est encadré de près par les lois explicites de la société, pris en charge par elle. Pas aux USA.
- Max Weber. Le fondement du capitalisme c’est le protestantisme. L’essence du modèle américain est religieux ? Sans religion l’individualisme ambiant disloque l’édifice ? (WEBER, Max, L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme, Pocket, 1989.)
- Un billet récent observe que l’homme a commencé à penser que le monde était rationnel, à partir du moment où il a construit une société qui lui a permis d’éliminer l’incertitude de sa vie. Jusque-là ses religions lui disaient qu’il ne fallait pas en demander trop au monde. Le faible niveau de structure sociale américain introduit-il une haute dose d’imprévisibilité dans l’existence individuelle, qui a besoin d’aide pour supporter son sort ?
Erreurs de Galbraith
- Sur le mécanisme de changement de la société qui fait que nous modifions ce que nous croyons avant de transformer notre comportement : Norbert Elias.
Qu’est-ce qu’un expert ?
Impasse européenne ?
Le fonctionnement de l’Europe ne semble pas être inspiré par la rigueur : les entorses grecques sont connues depuis longtemps, mais personne n’a sévi, car chacun à quelque chose à cacher. Conclusion :
C’est le péché originel de l’UE et de la zone euro : un système de confiance mutuelle, sans garde-fou, sans instances de surveillance, sans l’autorité d’arbitre dont bénéficie le Fonds monétaire international (FMI) pour remettre au carré la comptabilité des pays.
Mais les Européens accepteraient-ils de se doter d’une telle instance qui vienne se mêler de leurs affaires statistiques ? L’interventionnisme n’est pas tout à fait du goût de cette vieille maison, l’Union européenne, où l’on aime tant les petits arrangements entre amis.
Curieusement, il semblerait que l’Allemagne soit loin d’être au dessus de tout soupçon. Elle dissimulerait un système financier malsain ; le probable futur président de la BCE serait en partie coupable de ce triste état de faits, mais il aurait l’intention d’imposer à la zone euro la rigueur dont il n’a pas été capable dans ses affaires – pour le plus grand dommage de celle-ci :
More broadly, Germany and Mr. Weber have been central in building a version of the Bretton Woods fixed exchange rate system within Europe. The entire burden of adjustment is placed on deficit countries (talk to Greece); it is considered beyond the pale to even suggest that German fiscal policy may be too tight, that Germany needs to expand domestic demand, or – heaven forbid – that Germany’s intention to export its way back to growth (with a current account surplus, in their view) is not exactly a model of enlightened economic leadership.
On top of this, and unlike Bretton Woods, there is no mechanism for adjusting exchange rates within the currency union. Given what we have learned in the past two years, is this still such a bright idea?
Nos dirigeants semblent pris dans leurs contradictions. Peuvent-ils s’en sortir ? Et, nous, que devons-nous faire ? Cultiver notre jardin ?
Mécanique d’Obama
- Laisser-faire pré paramétré. Il suffit de donner au marché les bons coûts pour que de lui-même il s’occupe de nos affaires (cf. marché des droits à polluer).
- Laisser-faire démocratique. Le congrès met au point un plan environnemental sans contrôle, ce qui aboutit à un fouillis inapplicable.
- Max Weber : Le savant et le politique.
- The Economist sur le même sujet : The senator-in-chief.
Droits de la femme et poudrière afghane
En 1998, les Talibans étaient à deux doigts d’expulser les « Arabes » d’Afghanistan. Mais autour de 2000-2001, leurs relations se resserrent. Que s’est-il passé ? Cette radicalisation peut s’expliquer par l’échec de leur tentative pour s’ouvrir au monde. Les Talibans avaient fait des gestes. Ils avaient, par exemple, interdit la culture de l’opium. Ils pensaient que la stabilité retrouvée de l’Afghanistan sous leur égide, ajoutée à la prohibition de l’opium, les rendraient acceptables aux yeux des Américains. Ils se sont trompés. Ils ont négligé un point fondamental : les droits des femmes. Ils n’imaginaient pas que l’Occident en ferait une affaire importante, justifiant des sanctions. Cet échec a discrédité les modérés, conforté les radicaux. Ben Laden a bien profité de cette tentative avortée d’ouverture.
- La déclaration d’un expert américain (Obama et l’Afghanistan) selon laquelle Barak Obama faisait une erreur fatale en mettant au centre de sa politique afghane les droits de la femme. C’était incompatible avec l’organisation sociale de l’Afghanistan.
- Max Weber et sa distinction entre éthique de valeurs et éthique de responsabilité. La première insiste sur le moyen, et se désintéresse des conséquences. L’autre fait l’inverse. Selon Weber, c’est l’éthique du politique. Obama, lui, semble plutôt un homme de valeurs.
Le savant et le politique de Max Weber
(Bizarrement, on retrouve cette théorie chez de Gaulle, ce qui laisse penser qu’elle était largement partagée.
- La science fournit des solutions à des problèmes bien posés, elle parle de moyens, pas de fins. C’est à l’homme de trouver ce qui doit le guider. Une fois qu’il l’aura trouvé, la science lui dira comment l’atteindre.
- La question du politique c’est l’Etat, qui est un « groupement de domination », qui a « le monopole de la violence ». D’où le problème éthique du politique : son moyen d’action est la violence. Deux modèles possibles : une démocratie avec chef ou sans chef. La première est inspirée par un dirigeant « charismatique », la seconde est purement mécanique. Pour être un « chef » (donc un homme politique), il faut avoir de la volonté, savoir parler au peuple, posséder une « cause », et le sens des responsabilités par rapport à cette cause, mais aussi une capacité de recul et de prise de décision judicieuse. Il faut aussi combiner éthique de la conviction, l’éthique des valeurs, qui pave l’enfer de bonnes intentions, et éthique de la responsabilité, qui est naturelle au politique et qui justifie le moyen par la fin. Enfin, le « chef », le « héros », doit pouvoir « supporter l’échec de toutes les espérances ».
- Ma référence à de Gaulle : François Bayrou.
- Heidegger pour les nuls.
Changement : textes de référence
On me demande des références sur le sujet du changement, pour une thèse. Quelques idées reflétant l’état actuel de mes connaissances.
Tout d’abord la recherche anglo-saxonne, telle qu’on l’enseigne en MBA :
- la science des organisations utilisée par le consultant anglo-saxon descend directement du management scientifique de Taylor.
- courant issu des sciences humaines, illustré par John Kotter (Leading change).
- une tendance minoritaire provient de la systémique, tendance ingénieur, travaux de Jay Forrester régénérés par Peter Senge (The 5th discipline).
- On parle aussi de la théorie de la complexité, une redécouverte de la sociologie par les sciences dures. Institut de Santa Fé.
En plus solide :
- Toujours dans le domaine américain : Edgar Schein a appliqué les sciences humaines à l’organisation (voir Corporate culture et Process consultation).
- Voir la théorie des organisations de l’économiste Herbert Simon et de James March.
- Le sociologue Merton me semble aussi très important.
- Plus généralement, la sociologie des origines, et surtout l’ethnologie, donne des outils utiles pour comprendre la société actuelle et ce qui la met en mouvement. La sociologie étant l’invention principale de la science allemande, il faut regarder du côté de Kant et Hegel en premier, des sociologues ensuite – Weber, etc., les économistes pas loin derrière, – List, Schumpeter…
- Pour comprendre la culture française, Montesquieu, Tocqueville, Crozier et d’Iribarne me semblent utiles.
- La conduite du changement en Chine: le Discours de la Tortue parle du livre des changements, fondement de la pensée chinoise. Je ne suis pas un grand expert de la Chine, mais je pense que pour comprendre sa pensée, il faut se familiariser avec son histoire et sa littérature: voir par exemple le livre de Jacques Gernet et le roman des 3 royaumes.
Pour plus de détails sur ce qui précède, faire des recherches par mots clés dans ce blog, ou lire Conduire le changement: transformer les organisations, sans bouleverser les hommes, j’y ai utilisé ces travaux pour résoudre les problèmes de changement quotidiens.