Facebook et la CIA

Où s’arrêtera la soif de Facebook d’emmagasiner des informations sur nos comportements (ce que nous « aimons », nos photos, maintenant les commentaires que nous écrivons sur tous les réseaux sociaux…) ?

Si les gouvernements faisaient cela, nous serions révoltés. Qu’une entreprise privée exerce ce type d’influence est-il moins préoccupant ? (Trolling for your soul)

Groupon

Depuis quelques temps j’entends beaucoup parler de « Groupon », nouvelle start up à la valorisation en bulle.
Pour une fois cette start up gagne beaucoup d’argent. Chiffre d’affaires de 760m$ après deux ans d’exercice. Son principe consiste à constituer un groupe d’acheteurs pour un bien en solde (rabais de plus de 50%). Groupon prend 50% du prix de vente. Ce qui fait que ce qui est vendu avec un discount de 90% rapporte 5% de son prix facial au vendeur.
Contrairement à Facebook and co, ce serait un métier qui demande une grosse équipe (d’autant plus que l’activité est locale). En tout cas, l’avantage concurrentiel paraît faible, et il n’est pas dit que les clients de Groupon aient envie de renouveler l’expérience fréquemment.
Dans l’histoire de Groupon, le plus intéressant est peut-être ce qu’elle laisse voir de la capacité de l’Amérique à exploiter d’infimes niches et à les vider de leur substance. Il semblerait d’ailleurs qu’elle ait commencé lorsque l’ancien patron du fondateur de Groupon a découvert que ce dernier mettait aux enchères des pizzas et lui a proposé 1m$ pour développer son idée…
Compléments :

Les médias sociaux expliqués à mon boss

KABLA, Hervé, GOURVENNEC, Yann (sous la direction de), Les médias sociaux expliqués à mon boss – Par ceux qui en font et pour ceux qui aimeraient (mieux) en faire, Éditions KAWA, 2011. Ce qu’il faut savoir sur les médias sociaux, quand on veut les mettre en œuvre dans l’entreprise. Livre d’entretiens avec des phares du domaine, en France et aux USA.
Ce que j’en retiens est qu’il y a de « bonnes pratiques ». Par exemple, une grande entreprise technologique doit faire discuter ses techniciens star avec son marché (au moins) par le biais de blogs, elle doit faire appel aux bloggers quand elle organise un événement avec ses clients… à chaque fois, il existe une autre série de « bonnes pratiques » pour régler la chose. Mais, finalement, tout est une question de mise au point par essais et erreurs, d’expérience accumulée.
Par exemple, un blogger d’une grande entreprise explique qu’il blogue en dehors des heures de travail, de façon à pouvoir le faire en toute indépendance d’opinion. Mais cela ne revient-il pas à travailler gratuitement ? Comment l’entreprise peut-elle s’assurer qu’il ne nuit pas à son image ?… L’art est difficile !
Commentaire :
Le livre parle beaucoup de retour sur investissement. Les directeurs de la communication ne comprennent pas les médias sociaux et aimeraient une démonstration mathématique de leur rentabilité ?
Il leur suffit de regarder la Chine, l’Iran et quelques autres pour comprendre que les médias sociaux font les révolutions. Les contrôler est une question de vie ou de mort. B A BA de l’écriture du « plan média » : quand un média est utilisé par des leaders d’opinion du marché, il faut le maîtriser. Alors seulement entre en ligne de compte le coût de l’investissement : il faut disposer d’une maîtrise « satisfaisante » pour un coût aussi faible que possible.
En fait, comme pour toute nouveauté, ce n’est pas la raison qui fera entrer les médias sociaux dans l’entreprise, mais le panurgisme. On en est à la phase « early adopters ». La masse moutonnière des suiveurs se prépare. Non seulement, lorsqu’ils arriveront, il ne sera plus question de ROI, mais beaucoup d’entre eux investiront alors qu’ils n’auraient pas dû.
Compléments :
  • Plans médias, leaders, early adopters et suiveurs voir KOTTER, Philip, Marketing management, dernière édition.
  • L’exemple d’Orange Business Services, donné dans le livre, forme d’optimum ? Emploi important des ressources internes et de ressources gratuites (bloggers), en jouant au maximum sur leur motivation, mise à leur disposition de moyens peu coûteux (plates-formes de blog, réseaux…), etc.
  • Que l’octogénaire Bill Marriott ait été un pionnier des médias sociaux et que les directeurs de la communication surdiplômés soient incapables de comprendre de quoi il s’agit en dit long sur ce qu’est un entrepreneur (voir aussi ceci) et sur l’incapacité de l’enseignement à apporter autre chose que des complexes de supériorité ?

Big Facebook is watching you

Facebook serait utilisé pour sélectionner (éliminer) des jurés, lors des procès américains.
Quelle est la corrélation entre ce que l’on peut interpréter de Facebook et l’aptitude d’une personne à en juger une autre ?
Surtout, le modèle économique de Facebook semble devoir être celui de l’exploitation des données personnelles. Ne se prête-t-il pas naturellement à des applications contraires aux intérêts des membres de Facebook ? Contradiction fatale ? (La seule rumeur n’est-elle pas suffisante, d’ailleurs, pour causer des dommages irréparables à la réputation de Facebook ?)

Interrogé par Le Monde, M. Appelbaum met en garde les jeunes étrangers qui racontent leur vie avec insouciance sur les réseaux sociaux: « Si vous êtes sur Facebook, bienvenue dans le monde de l’hégémonie américaine! » Il rappelle que le business model de ces entreprises est fondé sur le stockage et l’analyse des données personnelles de leurs utilisateurs, puis il raconte une anecdote : un jour, il se rendit dans les locaux de Facebook en Californie pour un entretien d’embauche (qui n’aboutit pas). Là, il bavarda par hasard avec un homme disant travailler pour une agence fédérale qui était en train d’installer un système d’inspection des serveurs de Facebook. (Article.)

Wikipedia

À la réflexion, je pense que Wikipedia n’est pas parfait.
  • D’une certaine façon il est excellent pour tout ce qui concerne les « people ». C’est-à-dire des gens plus ou moins connus. Ces people sont d’ailleurs de tous temps. On trouve chez Wikipedia de très bonnes biographies de seconds couteaux de l’histoire, fille illégitime du dernier des Stuart, brigands du Far West ou généraux américains de la guerre de sécession.
  • Wikipedia est aussi très bien pour renseigner sur ce qui fait notre vie, mais n’entre pas, du moins avec un tel détail, dans un dictionnaire. Par exemple sur une rue de paris, une demeure ancienne anglaise, une mode passagère.
  • Mais il n’est pas bon pour traiter de sujets de fond, qui demandent un travail de compréhension en profondeur. On trouve dans les articles en question des affirmations souvent discutables, anecdotiques ou idéologiques.
Wikipedia, travail d’amateur (au sens noble du terme) ? Les professionnels consacrent leur temps aux dictionnaires ou aux livres ?

Facebook connect

Si je comprends bien, Facebook désire proposer une carte d’identité aux utilisateurs d’Internet.
Facebook connect est un bouton que n’importe quel site web peut afficher et qui permet à quelqu’un qui veut l’utiliser de se faire connaître comme s’il arrivait chez Facebook.
Est-ce un moyen pour Facebook de conjurer « la malédiction de la dérivée seconde », dont parle Hervé Kabla ? Ainsi, le nombre de comptes Facebook ne serait plus limité que par le nombre d’utilisateurs d’Internet ?
En tout cas, protéger autant de comptes est une énorme responsabilité (de l’ordre d’un pourcent des utilisateurs de Facebook auraient déjà rencontré des problèmes de sécurité).

Wikileaks ou les dangers de l’innovation

Les aventures de Wikileaks révèlent un risque inattendu. Les données secrètes des entreprises sont en grand danger d’être divulguées.
D’une part, pour des raisons d’économie, elles naviguent sur le « cloud », bien loin du contrôle de l’entreprise ; d’autre part, beaucoup de gens y ont accès et ont des moyens puissants de les diffuser, ne serait-ce que parce qu’ils pratiquent les réseaux sociaux. (Be afraid.)
Retour à une de mes vieilles idées ? Pour qu’elle soit bénéfique l’innovation doit être maîtrisée. 
Méfions nous des idéologues de l’innovation ? Ils ont un intérêt à ce que nous n’apercevions pas les conséquences négatives de ce qu’ils nous vendent ?