La théorie économique de l’utilitarisme veut que le meilleur des mondes soit celui qui maximise le bonheur de l’humanité. Sachant que celle-ci est faite d’individus et que le bonheur total est la somme des bonheurs individuels.
Cela a des conséquences curieuses. Par exemple, le vol est compatible avec ce modèle, pour peu qu’il provoque une grande satisfaction chez le voleur, et peu de réactions, chez le volé.
Comme souvent, en philosophie, les termes ne sont pas définis. Qu’est-ce que le bonheur ? Comment cela se mesure-t-il ? Par contre-coup est né le conséquentialisme : juger nos actes par leurs conséquences. Certes, mais comment les évaluer, jusqu’où faut-il porter le regard ?
Il serait intéressant d’examiner ce que l’on a appelé bonheur au cours des temps, et selon les classes et même les individus. La gloire militaire du noble, la bohème de l’artiste maudit, les erreurs de jeunesse qui sont nos meilleurs souvenirs, le bonheur sado-maso, les bonheurs inconnus que l’on veut révéler aux peuples asservis, le bonheur du martyr qui souffre pour ses convictions… Et aussi bonheur d’appartenir à un commando ou à une équipe sportive, de sauter dans le néant avec Heidegger, le bonheur comme élan collectif, bonheur totalement oublié par Jeremy Bentham.
Confirmation d’une idée de ce blog ? L’intérêt de la philosophie n’est pas la solution qu’elle donne, mais la question qu’elle pose ?
(As usual, inspiré par In our time, de la BBC.)